‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy (volume 2)Chapitre 99 sur 115 · DE PA.L.MYRE · texte numérisé non relu

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valent produire sur des voyageurs animés d'un même esprit et d'un même goût : de la chaleur que répandaient sur leurs plaisirs et leurs travaux communs des découvertes qui se succédaient sans interruption; enfin, du courage que leur inspiraient des succès qui en plus d'une occasion ont surpassé leur attente. Pénétrés de ces sentiments, ils n'ont pas cru devoir s'y borner. Lorsque la connaissance du local leur a paru nécessaire pour l'intelligence d'un auteur ancien, ils en ont levé le plan. Ils ont fait des cartes de géographie pour la plupart des poètes, et celle de la plaine du Scamandre , qu'ils ont tracée tenant Homère à la main, leur a coûté quinze jours de travail. Loin de négliger les inscriptions qui se présentaient sur leur route , ils ont rapporté les marbres mêmes sur lesquels on les avait gravées , toutes les fois qu'ils ont pu triompher de l'avarice ou de la superstition des possesseurs; et l'acquisition de plusieurs manuscrits dont la langue ne leur était pas familière , est une preuve qu'ils sacrifiaient tout à l'espoir d'être utiles, quelque incertain que pût être cet espoir.

Cependant un autre objet fixait principalement leurs regards. Instruits des avantages que l'on a retirés du livre de M. Desgodets sur les édifices de l'ancienne Rome, ils dirigeaient souvent leur attention vers ces monuments qui embellissaient autrefois la plupart des villes de l'Orient, et dont, en plusieurs endroits, il ne reste que des débris informes , qu'il fallait quelquefois arracher des entrailles de la terre. Dans ces ruines qui, malgré

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les ravages du temps et des hommes , conservent encore l'empreinte du goût particulier à chaque siècle , ils étudiaient l'origine et les progrès de l'architecture; et c'estsur des pièces si justificatives qu'ils se trouvent en état de donner l'histoire de ce bel art, et sur -tout des changements qu'il a éprouvés depuis le siècle de Périclès jusqu'à celui de Dioclétien.

Rien n'aurait troublé le cours de tant de découvertes, nous pourrions dire de tant de conquêtes, sans la mort de M. Bouveric, que des vertus solides, un goût éclairé et des connaissances profondes, ornaient à l'envi. Heureusement les mêmes qualités se trouvaient réunies dans son ami, M. Dawkins. Son zèle et son activité firent que la pçtite société s'aperçut moins de la perte qu'elle venait d'éprouver. Enfin, après avoir terminé leurs recherches, nos voyageurs sont revenus en Europe, chargés de richesses plus précieuses à nos yeux que celles dont LucuUus et Pompée avait dépouillé l'Orient.

Leur dessein est de les comnnuiiquer successivement au public , et c'est pour consulter son goût qu'ils lui présentent l'ouvrage que nous annonçons; ils l'ont d'abord fait imprimer en anglais, et, pour le rendre d'un usage plus général, ils en ont donné, à Londres même, une édition en français; le plan, la conduite et le succès de l'entreprise sont développés dans une préface écrite avec autant de précision que de simplicité. Nous en avons emprunté les principaux traits, mais nous les avons exposés sous un jour plus favorable que ne l'a

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fait l'auteur lui-même , qui , ayant partagé les travaux et la gloire de ce voyage , s'est exprimé avec une modestie convenable à ceux qui exécutent de grandes choses.

Le même ton règne dans un morceau très-bien fait qui est à la suite de la préface ; ce sont des recherches sur l'ancien état de Paimyre. Cette ville, dont on rapporte l'origine à Salomon , et que les auteurs orientaux paraissent avoir toujours connue sous le nom de Tadmor, était éloignée d'environ vingt lieujis de l'Euphrate, et cinquante de la Méditerranée. Située au pied d'inie chaîne de montagnes qui la couvraient à l'occident, elle s'élevait par degrés au-dessus d'une plaine fertile, en tout temps arrosée par des ruisseaux, dont les sources placées sur les hauteurs voisines prenaient au gré du laboureur toutes sortes de directions, et devenaient plus abondantes en été qu'en hiver. Cet heureux canton, où la naliuc étalait ses richesses, était environné de tous colés par de vastes déserts, où le voyageur, incertain de sa route, ne trouvait souvent qu'un sable aride et brûlé par les ardeurs du soleil. A la faveur d'une pareille situation, la ville de Paimyre séparée du reste du monde, ne prenait aucune part aux guerres qui, pendant plusieurs siècles, ravagèrent les contrées de l'Orient, et jetait en silence les fondements de sa grandeur future. Du moins ne lui voit-on jouer aucun rôle, ni lors de l'expédition du jeune Cyrus ou d'Alexandre le Grand, ni dans l'histoire des rois de Syrie, ni pendant les premières conquêtes que les Romains

firent dans ces pays éloignés ; et , lorsqu'il en est fait ensuite mention dans les auteurs anciens, il en est parlé comme d'une ville libre, riche, commerçante , en état de résister à Marc- Antoine , qui , dans la vue de dépouiller ses habitants, résolut de les poursuivre au-delà de l'Euphrate, où ils s'étaient retirés avec leurs trésors, mais qui tenta vainement de passer ce fleuve en leur présence. Il les accusait de n'avoir pas gardé une exacte neutralité entre les Parthes et les Romains. Cette accusation , qui au fond n'était qu'un prétexte à son avarice, pouvait en apparence justifier son expédition. La ville de Palmyre était alors, et fut long-temps après, une des frontières communes de l'empire romain et de celui des Parthes. Elle conservait sa liberté au milieu de ces deux puissances attentives l'une et l'autre à la mettre dans leurs intérêts; et devenue pendant la paix un des entrepots de leur commerce respectif, elle était pendant la guerre l'objet de de leurs craintes mutuelles. Il paraît que dans la suite elle reçut une colonie romaine , mais on ignore l'occasion et la date précise de cet établissement; on ignore de même si la forme de l'ancien gouvernement en fut altérée ; ce qu'on sait de plus certain, c'est qu'au temps de l'empereur Gallien, la ville de Palmyre devint, en quelque façon, la rivale de Rome par les exploits et les vertus d'nn de ses citoyens. A ces traits on doit reconnaître Odenat, ce brave officier qui rétablit les affaires des Romains en Orient, qui battit plusieurs fois les Perses, et fit trembler leur souverain dans sa

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capitale ; qui , par la terreur de son nom , obligea les Goths à quitter brusquement l'Asie mineure ; qui, en daignant accepter le titre d'auguste, et l'association à l'empire que jui offrit Gallien, fit plus d'honneur à ce prince qu'il n'en reçut luimême d'un pareil choix; enfin, qui mérita d'avoir Longin pour panégyriste, et Zénobie pour épouse, car, malgré le témoignage de Trébellius Pollio , nous aimons à nous persuader avec l'auteur anglais qu'elle ne trempa point dans la conspiration qui fit périr Odenat. Des soupçons vagues, recueillis par un écrivain de peu d'autorité , suffiront-il pour ternir la vie d'une reine qui aima la gloire , et qui ne s'éloigna jamais des routes qui y conduisent? M. Robert Wood rapporte ici tout ce que les anciens auteurs ont dit au sujet de Zénobie, et met dans leurs récits l'ordre et l'enchaînement dont ils sont susceptibles. On y voit une jeune princesse unir dans un degré supérieur les grâces aux talents, la valeur et l'expérience aux autres qualités qui forment les héros , remplacer dignement sur le trône un des plus grands hommes qu'ait produit l'Orient, dédaigner l'alliance des Romains et les mettre en fuite de tous côtés, s'emparer de la Mésopotamie, de la Syrie, de l'Egypte et de presque toute l'Asie mineure, et, après des conquêtes si rapides, tomber entre les mains de l'empereur Aurélien, qui la conduit à Rome où elle passe le reste de ses jours dans une condition privée. Sa chute entraîna celle de l'empire qu'elle avait formé. La ville de Palmyre subit le joug des Romains qui

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la détruisirent; et, malgré les soins d'Aurélien, qui y fit rebâtir le temple du soleil, malgré les efforts de quelques empereurs qui tâchèrent de la rétablir en différents temps,, elle ne jouit plus de son ancienne splendeur. Il n'en est point parlé dans l'histoire romaine après le siècle de Justinien; les auteurs orientaux n'en ont eu qu'une idée superficielle ; et la plupart des géographes du dernier siècle qui en ont fait mention , ne connaissent point son état actuel. Mais, en 1678, des négociants d'Alep, Anglais de nation , résolurent de s'y rendre sur le récit qu'ils avaient entendu faire des ruines qu'on y voit. Les avanies qu'ils éprouvèrent de la part des Arabes ayant rendu cette première tentative infructueuse, ils y retournèrent en 1691, et y passèrent quatre jours à cojîier des inscriptions et à lever des plans. Ce voyage fit beaucoup de bruit en Europe ; la relation en fut imprimée dans les Transactions philosophiques. M. Halley l'accompagna d'une histoire succincte de l'ancien état de Paimyre, et d'autres critiques se sont exercés sur ce même sujet; mais il n'en est traité nulle part avec plus d'exactitude et de lumières que dans l'ouvrage que nous abrégeons.

Palmvre est habitée aujourd'hui par un petit nombre de familles arabes , dont les huttes cons- ''truites sans goût et sans ornement , sont dispersées au milieu d'un amas confus de colonnes et de fragments de marbre et de granit ; contraste singulier, où l'on voit d'un coté ce que l'ignorance et la pau^Teté peuvent offrir de plus humiliant , et de

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l'autre ce que l'opulence et l'art ont jamais produit de plus magnifique. Ces ruines, que nos voyageurs visitèrent en lySi, et qu'ils étudièrent pendant quinze jours, sont les restes des temples et des autres édifices qui ornaient autrefois cette ville, et dont M. Robert Wood a tâché de fixer le temps. Il remarque à cet effet que les divers monuments de Palmyre n'offrent point dans leur architecture ces différences qui caractérisent des âges fort éloignés l'un de l'autre; que l'ordre corinthien qui y règne presque partout ne permet pas de les rapporter à des temps fort éloignés : enfin, que les inscriptions qu'on y lit en plusieurs endroits semblent prouver qu'ils ont été construits dans les trois siècles écoulés depuis la naissance de J. C. jusqu'à Dioclétien. L'auteur est persuadé aussi que la plupart de ces édifices ont été élevés par les Palmyréniens eux-mêmes , et que la situation de Palmyre suffit pour rendre raison du degré d'opulence où elle était parvenue , et de la somptuosité de ses bâtiments. Le désert était, à son égard, ce qu'est la mer par rapport à la Grande-Bretagne. Il faisait ses richesses et sa sûreté. Ses habitants furent heureux tant qu'ils s'appliquèrent uniquement au commerce, et que les arts, introduits chez eux à la suite des trésors de l'Orient et de l'Occident, se bornèrent à l'embellissement de leur ville. Mais lorsque la perte de la liberté eut entraîné celle du commerce , Palmyre cessa , pour ainsi dire , d'exister ; et , si les débris de sa magnificence subsistent encore aujourd'hui, ils doivent leur conservation • I . i3

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à la sécheresse du climat, qui n'a pu les dégrader, à la faiblesse des habitants, qui n'ont pu les tiétruire , à l'éloignement des autres peuples, qui n'ont pu les transporter. Les Palmyréniens honoraient le soleil et la lune d'un culte particulier. Ils étaient soumis au gouvernement républicain , et paraissent avoir aimé les lettres ; si Longin n'est pas né chez eux, ils ont la gloire de l'avoir protégé. Les auteurs anciens parlent de leur adresse à tirer de l'arc , et l'on voit encore dans leurs sépulcres des momies préparées de la même manière que celle des Égyptiens, soit par rapport à la composition du baume destiné à les conserver, soit par rapport aux replis des bandelettes qui les couvrent. De toutes ces réflexions, notre auteur conclut que les Palmyréniens imitaient de grands modèles dans leurs manières, dans leurs vices et dans leurs vertus, et que les coutumes qu'ils observaient dans leurs funérailles venaient d'Egypte, leur luxe de Perse, et leurs arts de Grèce. Parmi les témoignages dont M. Robert Wood s'est servi pour éclaircir l'histoire fie Palmyre , il a cité une médaille de l'empereur Caracalla, où cette ville prend le titre de colonie. Nous ignorons si cette médaille se trouve ailleurs que dans les ouvrages de ceux qui l'ont rapportée d'après Goltzius, auteur respectable , mais souvent lautif. Quoi qu'il en soit , nous profitons de cette occasion pour en publier une qui ne l'a pas encore été , et qui peut exercer avec fruit la sagacité des antiquaires. Cette médaille , qui est de petit bronze, est conservée dans le riche cabinet de M. Pellerin ,

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et représente d'un côté la tête de Serapis au milieu de celles du Soleil et de la Lune , divinités tiitélaires des Palmyréniens. On voit au revers, avec le nom de Palmyre exprimé en grec, une Victoire qui tient une balance en équilibre au-dessus d'une borne. Ce type singulier et inusité signifierait - il que ce peuple, dont l'alliance était également recherchée des Parthes et des Romains , avait remporté des avantages capables de conserver l'équilibre du pouvoir entre ces deux grands empires , et de les contenir dans leurs bornes respectives? Nous n'insistons point sur cette conjecture , çt nous passons à un autre article de l'ouvrage de M. Robert Wood.

Tl a pour objet les inscriptions que nos voyageurs ont copiées à Palmyre. Elles sont gravées en trois planches, et peuvent être divisées en deux classes principales. Les unes sont en grec, et les autres dans l'ancienne langue du pays. La plupart des grecques avaient déjà été publiées par les Anglais qui sur la fin du dernier siècle se rendirent à Palmyre, et plusieurs savants critiques, tels que MM. Halley , Edouard Bernard et Thomas Smith , avaient tâché de les éclaircir. Nos voyageurs les ont vérifiées sur les lieux, et voIq les différences qu'on peivt observer entre leur^ copie et les précédentes, i*' Ils se sont attachés servifement à dessiner la forme des lettres, précaution très-nécessaire et souvent négligée par ceux qui recueillent des inscriptions; i° ils ont corrigé quelques fautes qui s'étaient glissées dans les premières copies; 3° ils

ont rapporté plusieurs inscriptions qui avaient échappé aux premières recherches. Outre ces avantages, M. Robert Wood a joint à ces monuments des notes courtes et judicieuses. Les inscriptions pahïjyréniennes ont dû coûter pkis de travail, mais nous osons dire qu'elles fourniront encore plus de lumières que les inscriptions grecques. Pour justifier cette assertion , nous sommes obligés de développer un point important de la littérature orientale.

Les premiers Anglais qui furent à Paimyre s'aperçurent d'abord que presque toutes les inscriptions grecques qu'on trouvait parmi ces ruines étaient accompagnées d'autant d'inscriptions en une langue dont l'alphabet ne leur était pas connu , et qu'ils prirent pour l'ancienne langue des Palm}réniens. Ils rapportèrent en Europe trois ou quatre de ces inscriptions, toutes copiées avec ^i peu d'exactitude que non-seulement la forme des caractères s'y trouve notablement altérée , mais qu'il y manque presque partout des lettres radicales et des mots entiers; et ce qui devait augmenter l'embarras, c'est que ces omissions n'étaient pas même indiquées. De plus, il s'était répandu des copies différentes de ces inscriptions, et les fautes y avaient tellement été multipliées qu'il ne restait souvent d'autfe ressource pour fixer la leçon d'un mot, que l'intérêt et la convenance du système qu'on avait embrassé. Aussi, parmi les savants qui voulurent débrouiller ce cahos , les uns avouèrent qu'ils avaient inutilement épuisé leurs conjectures.

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et les autres en proposèrent qui n'étaient établies sur aucun fondement. On soupçonna que la langue palmyrénienne devait approcher de la syriaque; les caractères de cette langue furent tour à tour regardés comme arabes, syriaques et phéniciens. Us restèrent inconnus, et les inscriptions dont on les avait tirés devinrent un de ces écueils redoutables que la littérature cache dans son sein, et que des naufrages réitérés n'ont rendu que trop fameux. C'est pour en faciliter les approches que nos voyageurs se sont fait un devoir de rassembler le plus il'inscriptions inconnues qu'ils ont pu trouver. Us en ont rapporté treize, dont la plupart sont jointes sur les marbres avec des inscriptions grecques correspondantes, et les ont proposées comme un j)roblème à résoudre. Nous avons averti, dans nos nouvelles littéraires du mois dernier, qu'il l'a déjà été par M. labbé Barthélémy de l'académie des inscriptions et belles - lettres. Nous ajoutons que son alpliabet suffit pour expliquer toutes les inscriptions palmyréniennes (i), et qu'il en résulte deux conséquences certaines : la première , que les caractères dont on se servait ancieniiement à Palmyre avaient beaucoiqi de rapport avec ceux des Chaldéens, adoptés ensuite par les Juifs; la seconde , que l'ancienne langue de Palmyre était effectivement la syriaque. Nous ne pouvons dé-

(i) Cet extrait étant anonyme, Barthélémy se noninir ici lui-même; mais il n'y rappelle ses propres découvertes qu'avec beaucoup de modestie. Note de l'Eeliteur.

tailler ici les avantages de cette découverte; mais nous observerons que l'auteur en fait rejaillir la gloire sur nos illustres voyageurs , dont la scrupuleuse exactitude ne lui a présenté que des matériaux aisés à mettre en ordre, et disposés à se réunir d'eux - mêmes. Ces inscriptions palmyréniennes, ainsi que les grecques dont elles sont les traductions , se trouvent tracées sur des autels , des colonnes et des sépulcres. Elles contiennent des formules des vœux adressés aux dieux , les noms des parents ou des amis dont on regrettait la perte, et des éloges simples accordés à des citoyens qui avaient rendu des services signalés à leur patrie. Il ne s'en trouve. point en l'honneur de Zénobie, soit que la courte durée de son règne n'eût pas permis de lui élever des monuments , soit que les Romains eussent détruit tous ceux qu'on lui avait consacrés.

Nous passons la relation abrégée que nos auteurs nous donnent de leur voyage à travers le désert , pour en venir aux planches qui terminent cet ouvrage et aux explications qui les accompagnent.

La première contient en trois feuilles la vue des ruines de Palmyre. Le dessinateur, placé au nordest, avait à sa gauche les restes superbes d'un temple du Soleil , et promenant de là ses regards vers la droite, il voyait comme une foret de colonnes de marbre semées confusément dans une plaine couverte de fragments, les unes* isolées et sans chapiteaux , les autres groupées et conservant encore leur entablement, celles-ci disposées en ma-

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