DE PALMYRE
nière de demi- ovale , ou de carré , celles-là servant de péristyle à des temples, ou faisant partie d'un portique, toutes ensemble laissant voir par, intervalles des mausolées, des obélisques et des édifices que la barbarie des vainqueurs a ravagé;?. Ces objets divers sont représentés dans la planche doni nous parlons. Nous l'avons comparée avec une vue de Palmyre qui n'a jamais été publiée , et qui fut prise sur les lieux par deux Français, nommés Giraud et Sautel, qui y passèrent trois jours, en 1 7o5. M. le comte de Pontchartrain , à qui le sieur Poullard, consul de Tripoli en Syrie, l'avait adressée, la fit communiquer à l'académie des inscriptions et belles-lettres, qui l'inséra dans ses registres, où ollc se trouve encore. Nous y avons reconnu, en général , la même distribution de colonnes et dr fragments que nous avions remarquée dans la })récédente , et , s'il se trouve quelques variétés daiib les détails , il nous a paru qu'on pouvait les attribuer aux différents postes qu'avaient occupés les dessinateurs. Du reste, nous faisons cette observation moins pour montrer que les Français n'ont pas négligé les ruines de Palmyre, que pour ajouter un témoignage de plus à la fidélité des voyageurs anglais.
La seconde planche contient le plan géométrique des ruines de Palmyre; et dans les suivantes, jusqu'à la cinquante -septième et dernière, sont successivement développées toutes les parties d'un temple du Soleil et de son enceinte , celles d'uu autre temple , celles d'un arc , de divers mausolées
et de plusteurs édifices dont la destination n'est pas connue. Ils en donnent les mesures, les proportions , les différents aspects ; et , abandonnant au lecteur éclairé le soin de faire ses remarques sur l'architecture, ils se contentent bien souvent d'indiquer, par des notes sommaires, le sujet de chaque planche.
Dans l'examen de ces monuments , on est étonné de la forme singulière que les Palmyréniens donnaient quelquefois à leurs mausolées. C'étaient de grandes tours carrées, et divisées en quatre ou cinq étages propres à renfermer plusieurs corps. Les unes étaient toutes de marbre, les autres en étaient incrustées au-dedans. Le dehors en imposait par sa majestueuse simplicité, et l'intérieur était décoré par des bustes et des ornements de toute espèce. Ces tours, placées dans des endroits élevés, sur les bords- d'une vallée qui conduit du désert à Palmyre , attirent encore les premiers regards des voyageurs.
En continuant le même examen , on n'est pas moins frappé du grand nombre de statues qu'on voyait autrefois à Palmyre, et dont il ne reste à présent aucun vestige. Il y en avait presque à chaque colonne ; les temples , les édifices publics en étaient ornés; jamais Rome et la Grèce ne furent plus attentives à immortaliser les grands hommes. Le trait suivant épuise à cet égard toute notre admiration. Vers le milieu de la ville s'élevait un arc superbe que la sculpture et l'architecture avaient embelli de concert. Il conduisait à un portique