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Une lyre en bronze avec dix-sept chevilles d'un très-joli travail.
L'Apollon assis sur un rocher, jouant de la flûte à sept tuyaux , comme celui du roi, paraît moderne. Le Bacchus avec la peau de tigre remplie de raisins, est semblable à celui du roi, excepté que le chien y est regardé comme ancien.
Dans les cent vingt volumes de dessins de grands maîtres, reliés en maroquin rouge, j'ai vu ceux de Raphaël, de Michel- Ange et de Guide: ceux du premier sont quelques morceaux des loges du Vatican, les Apôtres, des études particulières, des morceaux de draperies. Les dessins de Michel-Ange consistent en quelques études pour le Jugement dernier, etc.
De ce même côté est le cabinet pour les portraits des peintres faits par eux-mêmes. 1^''. 4. à droite en entrant par le corridor, on voit l'école romaine; au côté opposé, l'école lombarde; à gauche , l'école française ; à droite , la flamande ; et au fond , la statue du cardinal Léopold , qui a fait cet établissement.
De ce cabinet on passe à celui des porcelaines. Dans le corridor qui communique au vieux palais, il". i[\ , on trouve deux bustes de porphyre : l'un
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(il" Fercîiiiaiid V\ l'autre de Cosme F^, un buste antique de Solon, avec cette iuscription :
SOAilN O NOMOeETHS.
Ensuite est un Saint-Jean, du Bernin; vrai squelette : la peau d'agneau est collée sur la sieime, comme si elle lui appartenait.
Au n° 18, Ici Caméra délie arti, est une table carrée de pierres précieuses rapportées, avec des figures de pécheurs, d'haraaux, en rubis d'Orient, jaspe de Chypre, verre de Bohême. C'est un travail de la galerie. On applique chaque pièce sur un fond d'ardoise: on colle cet assemblage avec les autres pièces; et quand l'ouvrage est fini, on use ces morceaux d'ardoise rapportés, et on met un autre fond de la même matière. Nous avons vu ce travail dans la galerie; Siries nous l'a montré.
On voit une autre table de lapis lazuli : le premier cadre est d'albâtre de Corse ; le second , de jaspe de Corse. On trouve de ces tables et des armoires travaillées de la même façon , dans presque toutes les chambres. Quelquefois le travail en est différent : ce sont des pierres enchâssées dans la pierre de touche, dont le noir brillant rehausse l'éclat des pierres.
Vient ensuite une armoire en bas-reliefs d'ivoire avec de petites colonnes d'albâtre oriental, une autre en bois de Brésil, une troisième contenant des ouvrages d'ivoire faits au tour, enfin , une quatrième avec des ouvrages d'ambre. Huit figures
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(Kargilc représentent les travaux d'Hercule, do .lean de Bologne, qui les aurait exécutées en grand s'il n'avait pas été prévenu par la mort. Deux ouvrages de l'abbé Zumbo , en cire : le premier oflre le corps humain dans tous les degrés de corruption; l'autre, mie peste. Dans une Sainte-Famille, du Pérugin , suivant les principes de Raphaél , la Vierge passe la main sous le menton de saint Jean. Enfin, on aperçoit une adoration des rois, de Philippes du Carminé, qui vivait il y a trois cents ans, et quantité de figures; d y a de l'expression dans quelques-unes, mais c'est le commencement de la perspective.
De ce salon on entre dans un autre,, où est le chef-d'œuvre de Michel-d'Ange; et de là dans un troisième, où sont des globes, des instruments de mathématiques, et des cartes de la Toscane peintes en fresque, faites il y a soixante -dix à quatrevingts ans.
Je reviens à Michel -Ange. Dans une armoire ornée de pierres de toutes couleurs, peinte par lîreughels, est un tour semblable à ceux des parloirs, et sur une de ses faces un modèle en cire d'une descente de croix par Michel-Ange : il y a dix- huit figures. Deux échelles posées sur les deux bras de la croix, une figure renversée sur la traverse de la croix, cinq autres sur les échelles : la tète du Christ renversée sur la poitrine, ne peut se voir; ses mains et ses pieds tombent d'eux-mêmes, C(; qui fait un désordre décent dans la figure. Au pied de la croix est un groupe admirable de
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cinq ou six figures. La Vierge, à ce que je crois, soutenue par une femme et un homme dans la douleur, ramasse un reste de force pour tourner la tête et regarder son fils; par derrière, deux vieillards, un voile sur la tète, se regardent et se communiquent leur tristesse profonde. A côté, deux autres figures, l'une de femme, tournée du côté de la croix, levant une main, portant l'autre sur sa tête dans une attitude de désespoir; de l'autre côté, une autre femme et deux hommes. Tout cela a de l'expression , mais l'expression la plus vive , la plus noble: non, je ne crois pas qu'on puisse trouver une plus belle poésie. Ce dessin a été peint par Daniel de Volterre. Le tableau est à Rome.
Dans un autre cabinet , du même côté , se trouve le dessin en grand du Jugement de Michel- Ajige, et un phallus antique qui n'a pas été fait d'après nature. Il est orné de plusieurs autres phciilus, et a de hauteur quatre pieds un pouce et demi, et de circonférence trois pieds trois pouces et demi.
Dans le cabinet de la galerie opposée se voient deux vases étrusques de terre, l'un de trois pieds de hauteur, circonférence quatre pieds sept pouces ; et l'autre ayant de hauteur trois pieds cinq pouces, circonférence quatre pieds deux pouces.
Dans le cabinet des antiques, n" la, au fond de la galerie qui unit les deux autres, on aperçoit Junon Sospita, dont le bras droit est brisé et ne tenant rien du gauche. La peau couvre la tète et une partie du corps : au-dessous est une robe d'en-
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vlroii quatre pouces et demi. Ensuite se présente un groupe de Laocoon en bronze, différent de celui que Ton connaît. La figure principale est à peu près semblable à celle de Rome. L'enfant de la droite se renverse sur la cuisse droite de son père ; l'autre s'appuie sur son bras gauche : quatre serpents, un pour chaque enfant, les deux autres |)()ur le père; l'un le mord au-dessous du bras droit, l'autre à la cuisse gauche. On voit un aigle, qu'on croit légionaire, la'tète élevée: du bout du bec à l'extrémité de la queue il y a neuf pouces; les ailes déployées ont dans leur plus grande largeur six pouces et demi : sur l'aîle droite est écrit : XXIIIL O. Un Faune joue de la double flûte; sur la bouche est inie courroie avec deux trous par où il embouche les deux flûtes.
La Tribune est le nom qu'on donne au principal cabinet de la galerie : il a la forme octogone ; au milieu est une table de rapports, tels que rubis, calcédoines , etc. , le fond de pierre de touche : autour de la table sont six statues de lutteurs, dont la première est à gauche ; le dessin , la force , l'expression , tout se trouve réuni dans ce groupe admirable. Après vient une Vénus, à peu près semblable à celle de Médicis , excepté que de la main droite elle tient une pomme; les bras, la tête et les pieds ont été refaits ; cette statue est fort belle, mais infiniment moins que la célèbre Vénus de Médicis qui est placée tout auprès. Celle-ci veut cacher sa gorge de la main droite; on connaît l'attitude de l'autre. Les bras , les mains et les pieds
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pourraient bien être modernes : on reconnaît pour tels les deux doigts du milieu de la main droite; mais les autres ne valent pas mieux. La tète est petite, le nez aquilin , le front assez étroit, les yeux sont à demi -fermés; rien de suave, et presque point d'expression dans le visage, mais le corps admirable, surtout le dos, qui est d'un contour à ravir.
Cette statue est de petite nature , comme sont comnumément les grecques. Il faut consulter làdessus le passage de Lucien où il est parlé de la Vénus de Praxitèle (i). Sur la plinthe de la statue se lit une inscription grecque qui paraît motlerne :
KAE0MENH2 AnOAAOAQPOÏ A0HNAIO2.
Dans l'autre Vénus , à demi nue , mettant la main droite sur sa tète et tenant de l'autre sa robe , les mains sont refaites; mais on a retrouvé la droite antique, qui était autrefois à Bologne.
De même le Faune a bien des parties refaites : le tronc antique est si beau que M. le Gros disait que c'était un corps pétrifié. Enfin , ici est le Rémouleur, qu'on a pris pour un esclave, et je ne sais pourquoi; il a simplement sur son épaule gauche un peu de robe qui ne suffit pas pour le caractériser. Cette statue est admirable. Des artistes ont donné la pomme à la Vénus de Médicis; ils y ont été sans doute entraînés par la beauté et des finesses de dessin que tous les hommes ne sont
(i) Luc. in Aiuor. scct. XXIII.
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pas en état de distinguer. Je suis persuadé que si l'on exposait poiu' la première fois ces six statues aux yeux du public, le plus grand nombre des suffrages serait pour les Lutteurs, le Rémouleur et ensuite la Vénus.
Aux angles sont d'autres petites statues, ou basreliefs. A gauche en entrant est un bas-relief en marbre blanc qui représente Morphée avec quatre ailes , dont deux à la tète , dormant sur une peau de lion , et tenant des fleurs de pavot. Sur le marbre on voit encore un lésard , que je regarde comme un symbole de l'ouvrier et peut-être de son nom. Voyez à ce sujet Pline.
Ensuite on trouve une petite statue de basalte représentant Britannicus ou Annius Verus, avec la toge et le rouleau; très-joli morceau. Un enfant assis qui tend la main; fort joli encore. Ce qu'on prend pour le Rotateur est la figure du Phrygien qui écorcha Midas par ordre d'Apollon : elle est posée de la même manière sur une pierre de M. le baron de Stosch, dont j'ai l'empreinte. Cette figure fut trouvée à Rome avec deux autres, l'une d'Apollon, l'autre de Marsyas : celle de Marsyas est dans la villa Médicis; celle d'Apollon, k Scala Nuova. Le Gladiateur de Rome est un discobole; le bras qui tient le bouclier est ajouté : il se trouve sur un soufre de M. de Stosch. La Cléopatre avec un serpent au bras, est une Sémelé, à qui le serpent sert de brasselet. La statue du jeune Papirius pourrait être une Andromaque avec Astianax : tout cela paraît sur les pierres.
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La comédie du Dante est peinte à fresque dans l'église de Santa-Maria-lSoveUe dans la chapelle de gli Strozzi.
Au vestibule de la galerie on lit l'inscription suivante :
P. FERRARIVS