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médailles en or et en argent qu'on y frappait successivement, et celles qu'on y avait frappées auparavant, k la mort de M. Colbert, cette correspondance fut interrompue, et, faute de moyens, la suite des médailles modernes, devenue très-riche par ses soins , resta à peu près dans l'état où il l'avait laissée.
La suite des monnaies comprend de même celles de France et çjelles des Puissances étrangères : elle est assez nombreuse; cependant on pourrait la pousser infiniment plus loin.
La suite des jetons comprend ceux qui ont été frappés pour nos rois, pour les cours supérieures, pour différents corps et différents particuliers. C'est la partie du cabinet que l'on consulte le moins. Cependant elle peut être utile pour les généalogistes; et dans la suite plusieurs familles seront bien aises d'v trouver les noms, de leurs ancêtres et les titres de leur origine.
Dans la collection des médailles, des monnaies et des jetons, on ne trouve que des pièces en or ou en argent. On n'a pas cru devoir s'attacher aux pièces de bronze.
Après avoir donné à M. le Noir une idée succincte des différentes suites qui composent le cabinet, je dois mettre sous ses yeux les moyens que l'on doit employer, soit pour les perfectionner, soit pour les conserver d;uis le meilleur ordre possible.
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Moyens de perfectionner ces suites par des acquisitions.
Quoique le cabinet du roi soit, sans contredit, le premier de TEurope, il n'est point de suite dans l'antique et dans le moderne qui ne soit susceptible d'augmentations.
Il n'y a que deux voix pour se les procurer, ou d'avoir recours au fonds de la bibliothèque, ou d'obtenir des ordonnances sur le trésor royal. La première serait une faible ressource et suffirait à peine à quelques légères acquisitions journalières ; par la seconde , on peut avoir des cabinets entiers, et il en résulte deux avantages considérables, le premier, que ces cabinets enrichissent celui du roi dans toutes ses parties; le second, qu'ils procurent beaucoup de médailles doubles qui servent à des échanges continuels et par le moyen desquels on acquiert des médailles qu'on n'aurait pas avec de l'argent.
Quelques exemples jyouveront ce que je dis, et je les rapporte avec d'autant plus de plaisir qu'ils mettront M. le Noir en état de connaître les ojiérations en ce genre qui, depuis une cjuarantaine d'années, se sont faites au cabinet.
Deux ou trois ans après la mort de M. de boze, mon prédécesseur, on obtint une ordonnance de 20,000 livres pour l'acquisition d'une riche collec-
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lion de médaillons de bronze et de médailles de grand bronze, qui du cabinet de M. l'abbé de Rothelin , avait passé à celui de M. Je marquis de Beauveau. Environ quatre cents médaillons et deux mille médailles insérées dans les suites du roi , les augmentèrent l'une et l'autre du double. Il en reste encore une assez grande quantité parmi les doubles ; mais la plupart très-communes, car les plus précieuses des médailles inutiles qu'avait procjiirées cette collection ont servi pendant long-temps à des acquisitions particulières.
£n 1755, nous obtînmes une ordonnance de 22,000 livres (1), pour acheter le cabinet de M. Cary , de l'académie de Marseille. Cette acquisition tut d'autant plus utile que ce cabinet renfermait
(i) Le cabinet avait «'té estimé et ne coûta en effet que 1 8,000 livres ; mais comme l'héritier voulait être payé sur-lechamp, et que le trésor royal était sans fonds, M. le comte d'Argenson me proposa d'obtenir de l'héritier qu'on le paA'àt par quartiers, et dans l'espace de quelques ^nuées, à condition qu'au lieu de 18,000 livres, on lui en donnerait 22,000 livres. L'héritier y consentit d'abord. L'oi-donnance fut expédiée; mais l'héritier ayant ensuite retiré sa parole, je fus obligé de lui envoyer 18,000 livres, que M. de Sontferrières me fit l'amitié de me prêter, dont il ne fut remboursé que deux ans après, et dont il ne voulut retirer aucun intérêt. Les 4jOOO livres restantes furent déposées entre les mains de M. de La Court. Elles furent depuis employées à divers objets relatifs au cabinet, à l'exception d'une gratification de 1,200 livres, que je n'avais pas demandée , et que M. le comte de Saint-Florentin me donna pour me dédommager des dépenses que j'avais faites dans mon vovage d'Italie, et qui se montaient beaucoup phis haut.
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toutes sortes de suites, que j'en tirai pour celui du roi plus de cent vingt médailles impériales eu or, et quantité de médailles grecques de villes et de rois. Le reste fut destiné à des échanges.
La même année, le roi m'envoya en Italie pour la recherche des médailles qui manquaient à son cahinet. Je portai avec moi les plus beaux médaillons et les plus belles médailles que je pus trouver parmi les doubles de M. le marquis de Beauveau , et je m'en sexvis pour en rapporter, en 1757, environ trois cents médailles, dont quelques-unes étaient uniques, et presque toutes précieuses par leur rareté. Quelques années après, avec l'agrément de feu M. Bignon , je m'associai avec M. du Tlodent, qui est mort depuis, et M. le contrôleur général nous accorda une ordonnance de 20,000 livres pour acheter la superbe suite d'environ douze cents médailles impériales en or, qu'avait formée M. de Clèves, et qui fut vendue 5o,ooo livres. On ne nous donna au trésor royal que des papiers qui perdaient enviroif un tiers sur la place. Comme la somme qu'il produisirent ne suffisait pas pour prendre dans la suite de M. de Clèves toutes les médailles qui manquaient au cabinet, je donnai en échange la plupart des médailles doubles en or que nous avait procurées le cabinet de M. Cary.
La plus grande acquisition qui se soit faite en ces derniers temps, est celle du cabinet de M. Pellerin , le plus riche qui fut en Europe après celui du roi, le plus célèbre par le soin qu'avait pris le possesseur d'en publier les principales médailles