CABINET
et de les accompagner de notes dans un recueil composé de plusieurs volumes. Ce cabinet, acquis en 1776, coûta 3oo,ooo livres.
C'est par de pareilles opérations et par des correspondances établies dans les pays étrangers, suivies avec soin pendant une longue suite d'années et entretenues par la voie des échanges, que je suis parvenu à augmenter du double le cabinet des médailles du roi, et à le porter à un point qu'il ne saurait élre égalé par la réunion de toutes les collections qui sont en Italie.
Il peut se trouver encore des occasions ou il faudrait faire un effort pour acquérir de ces médailles singulières que le hasard ne présente qu'une lois. Il en manque plusieurs de cette espèce dans toutes les suites, et même dans celle en or, qui est la plus riche de toutes; car l'on connaît quelques empereurs ou césars dont nous n'avons aucune médaille en ce métal, soit qu'on n'en ait pas encore découvert, soit qu'elles n'existent que dans un ou deux cabinets dont il est impossible de les arracher. Telle est, entre autres, la médaille unique d' Agrippa que j'ai vue en Italie, et que je ne pus acquérir malgré les offres avantageuses que je proposai. Lorsqu'il se présente de pareilles médailles, on ne doit pas s'arrêter au prix et hésiter à en donner 3o ou 4o louis, quand la médaille existe déjà dans an ou deux cabinets; 5o ou 60, et même davantage , quand elle est unique. J'eus pour 800 livres une médaille de l'empereur Vetranio, en or, que j'achetai à Marseille, mais je portai à i,5oo livres
iclle d'IJraniiis Antonius, que je pris dans la suite (le jM. de Clèves, parce qu'on n'en connaissait [)as d'autres. 11 faut avoir la même attention pour les médaillons des empereurs, en or, qui sont extrêmement rares. Un des derniers que j'ai acquis est de l'empereur Domitien. Il est unique. J'en donnai 1,000 livres, et je crus Tavoir à bon marché.
Parmi les objets d'acquisition qu'on pourrait avoir en vue, il n'en est point de plus important et de plus avantaejeux que le cabinet de jM. d'Ennery. Il contient dans toutes les espèces de suites des médailles précieuses qui manquent au cabinet ; mais il sera temps de s'occuper de cet objet, s'il est mis en vente après la mort du possesseur (i).
Comme les médailles anciennes sont la partie la plus, utile, et à tous égards la plus précieuse du cabinet, elles ont toujours dû fixer la principale attention de ceux qui en avaient la garde, et ils n'ont jamais eu assez de secours pour augmenter la collection des médailles modernes.
J'ai déjà dit que les différentes suites dont elle est composée furent interrompues vers la fin du dernier siècle. On ne les avait pas reprises depuis, et j'avais toujours pensé qu'il n'en coûterait pas infiniment pour les compléter : persuadé que, si on pouvait les conduire jusqu'à nos jours, il serait ensuite très-aisé, par le moyen de nos ambassa-
(1) Cette vente a été fiiite en 1788; et environ cinq cents niédnilles y ont été acquises, an prix de 11,000 livres, pour le cabinet roval. Note, de l'iklitcur. '