‹ Œuvres diverses de J.J. BarthélemyChapitre 6 sur 85 · A L AUTEUR DES VOYAGES DU JEUNE ANACHARSIS · texte numérisé non relu

A L AUTEUR DES VOYAGES DU JEUNE ANACHARSIS

DANS LA. GRÈCE (l).

J/'athèive et de Paris la |,onne compagnie A tornié dès long-temps votre goût et vos mœurs ; Toute l'antiquité par vos soins rajeunie Reparaît à nos yeux sous ses propres couleurs ;

Et vous nous rendez son génie.

Au milieu de la Grèce Anacharsis errant Sait plaire à tous les goûts dans ses doctes voyages , Etonne lérudit , et charme l'ignorant ; Aux soupers d'Aspasie , au banquet des sept Sages,

Vous auriez eu le premier rang.

Le style a du sujet égalé la richesse.

Et sa parure est sa clarté.

Il joint tous les trésors de l'antique sagesse

A la moderne urbanité.

(i) Ces vers sont d'un poète aimable, vertueux et plein de talents, Fontancs, auquel l'Académie Française adjugea le priv de poésie , dans la séance publique où Barthélémy fut reçu. On a cru qu'ils méritaient d'èlre conservés, et (pi'ils ne seraient pas déplacés ici. . .

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lO VERS

Quels tableaux différents! Dans l'Élide emporté, Quelquefois, à travers la poussière olympique,

Je suis le vainqueur indompté Qui voit déjà Pindare entonnant son cantique. Près des sages fameux plus souvent arrêté, Je viens trouver Terreur sous le grave portique,

En y cherchant la vérité.

C'est en vain que Zenon défend la volupté,

Des beaux arts la foule immortelle L'inspire à chaque pas sous un ciel enchanté; , Phryné sort de la mer, et soudain sa beauté

Montre Vénus à Praxitèle.

Jupiter m'apparaît, oui, du maître des dieux L'artiste a reproduit l'auguste caractère.

Phidias l'a vu dans Homère

Comme il existe dans les cieux.

Mais des plus beaux des arts que sont les vains prodiges! D'Aristide exilé je cherche les vestiges ; Le plus grand des Thébains ici meurt abattu; Là, des lois de Lycurgue embrassant la défense, Vous opposez son peuple à celui de Solon , Et l'œil observateur aux grâces de l'enfance Croit voir de làge miïr succéder la raison. De Socrate, plus loin, l'éloquent interprète, Xénophon , vient m'offrir sa modeste retraite; Ecrivain doux et pur, philosophe et soldat. Il semble à Fénelon réunir Catinat.

Pythagore en secret m'explique son système. De Cérès, d'Eleusis, les temples sont ouverts, La vérité pour moi s'y montre sans emblème.

Platon assis aux bords des mers Dans un style divin m'annonce un Dieu suprême. Aristote m appelle aux jardins d Acadême.

DE FOJVTANES. II

Des sciences, des arts qui s'y donnent la main ,

Toutes les voix se font entendre:

Révélant leurs secrets, le maître d Alexandre

Devient celui du genre humain.

Hélas! riionime est trop tôt fatigué de s'instruire, Et qui veut l'éclairer doit surtout le séduire. A Délos , à Tempe guidez-moi tour à tour ; Des fêtes de 1 Hymen montrez-moi le retour ; Et que, parant de fleurs la couche nuptiale, Les filles de Corinthe , au déclin d'un beau jour, Chantent ces doux combats, cette lutte inégale

De la pudeur et de l'amour!

Soit que vous rappeliez les jugements coupables Où la haine envieuse immola des héros; Soit que vous m'attiriez dans ces cercles aimables Où les Grecs au bon sens préféraient les bons mots; Je retrouve Paris , et vos crayons sincères Dans les Athéniens me peignent les Françjiis, Chez nous les Anitus, comme au temps de nos pères, Calomnîraient encore avec quelque succès; Et la jeune Phryné , chez nos juges austères ,

Gagnerait toujours son procès.

Les Grecs nous ont transmis leurs divers caractères. Peignez-vous leur audace et leurs grâces légères ; Je crois lire Hamilton , je crois voir Richelieu. De leurs savants écrits percez-vous les mystères;

J'entends Duffon ou Montesquieu.

Tandis que le troupeau des écrivains vulgaires Se fatigue à chercher des succès éphémères

Et dans sa folle ambition , Prête une oreille avide à tous les vents contraires

De linconstante opinion ; Le gi and homme , puisant aux sources étrangères ,

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