COHORS TERTIA PRETORIA
C'est un monument destiné à consacrer la fidélité de cette cohorte. Nous avions au cabinet du roi un médaillon d'or de Gallien, différent de celuici. J'en ai vu un troisième au Vatican, qui n'a rien de particulier au revers; et un quatrième au palais Rarberin, qu'on estime beaucoup, mais dont je ne voudrais pas garantir l'authenticité.
Les deux autres médaillons que j'ai acquis et dont j'ai l'honneur de vous envoyer le dessin, représentent les empereurs Constantin le jeune et Constantius, son frère, tous deux fils du grand Constantin. Dans le partage de l'empire que ce prince fit entre ses enfants, Constantin eut les Gaules , l'Espagne et la Grande-Rretagne. Il n'y régna que trois ans, ayant été tué dans une embuscade auprès d'Aquilée, par un des généraux de Constance , son frère ; c'est plusieurs années avant cette époque que le médaillon a été frappé. La légendt qu'on y voit autour de la tète, CON- STANTINLS IVNior NORilis C^SAR, signifie que ce prince uavait encore que le titre de Cœsar,
qu'on donnait aux fils*^es empereurs ; de même que le titre de prince de la jeunesse qu'on voit au revers , et qui désignait auparavant le prince ou le chef de l'ordre des chevaliers. Le médaillon représente Constantin debout en habit militaire, tenant dans sa main droite l'enseigne de la cavalerie appelé labarum , et de la gauche une espèce de lance : le mot abrégé CONS. qui est à l'exergue, marque que ce médaillon a été frappé à Constantinople. Je n'ai pas besoin , pour relever le mérite de ce monument , d'observer qu'il a été fait pour un prince qui a régné dans les Gaules, mais j'observerai plus particulièrement qu'on n'avait publié jusqu'à présent aucun médaillon d'or de ce prince, et qu'on n'en trouvait pas même dans le cabinet du roi , quoiqu'on y en conservât de semblables de toute la famille du grand Constantin.
Le troisième médaillon a été frappé pour Constantius, troisième fils de Constantin; la légende FLavius IVLius CONSTANTIVS PERPetuus AU- Gustus , montre que Constantin régnait alors en qualité d'auguste. Après la mort de son père, il eut l'Orient en partage, et il y joignit, après celle de ses fii-ères, l'Occident. C'est, suivant les apparences , ce que l'on a voulu exprimer par les deux figures de femmes qui sont au revers, et qui représentent les villes de Rome et de Constantinople ; la première sous les traits qui la caractérisent communément, c'est-à-dire, avec un caspie et une lance : la seconde avec des .tours sur a tète pour marque de ses fortificatioïis et de sa atuation sur
la mer. Les avantages remportés par Constantins contre les Perses et les Germains, sont désignés par les victoires que tiennent les deux figures et l'éclat qui en rejaillissait sur tout l'empire romain par cette inscription : GLORIA ROMANORUM. Les lettres de l'exergue signifient que ce médaillon a été fi^appé dans la ville d'Antioche en Syrie. Signala Moneta ANTiocliia^.
Les bornes que je dois me prescrire m'empêchent de vous parler, monsieur, de quelques autres médailles aussi précieuses que celle-ci. J'en réserve la description pour une autre lettre , et j'aurai l'honneur de vous remettre .la notice de toutes mes acquisitions à mon retour à Paris (i).
Je suis, etc.