‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy: Littérature ancienne et beaux-artsChapitre 11 sur 76 · N^ II · texte numérisé non relu

N^ II

Découverte de Taurœntum.

A une demi-lieue de la Ciotat, en Provence, au fond du golfe des Baumelles, sont les ruines d'une ancienne ville, qui nous parurent mériter quelque examen. Nous nous y rendîmes avec une douzaine de paysans et quelques plongeurs, parce qu'on nous avait dit qu'une partie de ces ruines était dans la mer. Le premier objet qui s'offrit à nos re% gards, fut un rang de dix-sept piles placées sur le rivage et distantes les unes des autres d'environ douze à quinze pieds ; car cette distance varie. La

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plupart s'élevaient à deux ou trois pieds sur terre, d'autres étaient entièrement ensevelies sous le sablé. Nous en fîmes découvrir quelques-unes; elles étaient isolées, et aboutissaient d'un côté à une espèce de bassin qu'on a détruit il y a quelques aimées*, et de l'autre à un édifice qui paraît avoir été fortifié, mais dont il ne reste plus que des débris informes. Ces piles étaient peut-être destinées à porter un aqueduc, et à servir d'arc-boutant à un mur parallèle qui n'en était éloigné que de quelques toises et dont les fondements subsistent encore. On voit dans cet édifice les restes de différents petits appartements dont les murs ne sont glus qu'à hauteur d'appui; l'intérieur était recouvert d'un marbre blanc dont oh voit dès vestiges en quelques endroits. On découvre au* environs les fondements de plusieurs maisons, et l'on n'y peut creuser sans trouver des morceaux de pavés en mosaïque , et des fragments de poterie chargés d'ornementé d'un assez bon goût. L'ouvrage, en général, paraît être rotoain. Il était presque tout fondé sur le roc ; une partie est tombée dans la mer, où l'on ne put plonger parce qu'elle était fort agitée ; l'autre est ensevelie sous le sable que les pluies entraînent des montagnes voisines. Il faudrait pour le dégager beaucoup de temps et d'ouvriers , et peut-être que les découvertes qu'on y ferait dédommageraient faiblement des peines qu'on se serait données.

Il restait à connaître le nom de cette ville. Je soupçonnai, en voyant ces ruines, que c'étaient

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las reste» de Tauraentum^ ville ou cbàtestu que les Marseillais avateot kmdé sur celte cote , et ou leurs forces se joignirent à c^Uesde N^^ius, lieutenant de Pompée, dans la guerre qu'ils firent à Césa^, Cette conjecture me piM:*ut d'autant nûeux fondée, que les* habitants donnent encore à ce canton le aom de TaureiH. Cependant, comme elle ne peut se concilier a^ec le témoi^iage apparent de quel* ques géographes anciens, je me réserve à Texar miner avec plus d'attention dans un temps où, librê de tout autre soin, je pourrai trouver, dans le secours des livres qui me manquent ici, de quoi la confirmer ou la détruire (i).

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