‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy: Littérature ancienne et beaux-artsChapitre 12 sur 76 · N^ IIJ · texte numérisé non relu

N^ IIJ

Sur quelques oui^ra^es du Puget,

La plupart des ouvrages du Puget , tels que le Milon, l'Hercule de Sceaux, les Thermes de Toulon , le Saint-Sébastien , donnent l'idée d'un génie mâle, capable de peindre les grands eÉfets, les

(i) Cela me parait: avoir été déiwoiuré par M. Marin, ancien et fidèle aoû de Barthélémy, 4a«s un mémoire lu à l'académie de Marseille, le a5 avril 178 1 , et inséré dans le Journal des $fivants, juin 178a, premier vol., pag. 349, et, n*éme mois, second vol. 41 3. L'auteur y est entré dans des détails aussi complets «{«'exacts sur l'état actuel desrukies de Taurœmum. Note de VJidUéur. ^

byGoogk

grandes pa^€ioq«, et ces sortes de génies échouant bwo souvent i\^ps des sujets doux et paisibles. Sfoîs le Pt^et avait toutes sortes de pinceaux; pour s'en eonTainere^ il suffît de jeter les yeux sur sonassomptioD, que l'on conserve à Gènes dans Vuélèergo dei Poveri. La Vierge s'élève dwis les cieux : sur son visage admirable régnent la paix, la aérénit^ , les prémicea des joies du ciel : sa draperie flotte légièrement au gré des vents : ses mains sont étendues et tournées vers la terre ; elle est portée par des anges entrelacés dans des nuages'; deux ou trois sont à ses pieds, deux autres sont à ses côlés et la soutiennent avec leurs ailes : leurs têtes ne paraissent point détachées. On a pensé que l'artiste a été gêné par le bloc. Si cela est , c'est un grand mérite d'avoir triomphé de cet obstacle comm^ l'a fait le Puget. L'ange de la droite cache en partie sa tête dans le nuage qui touche aux pieds de la Vierge ; on dirait que c'est l'acte du plus profond respect. L'ange de la gauche baisse sa tête ; il regarde vers l'autel et paraît lier le mystère de l'assomption , dont il est un des ministres, avec celui qui se célèbre sur l'autel et dont il est témoin : ^i l'idée que je suppose est bonne , elle est sûrement de lui; si elle est mauvaise, je ne la lui attribue pas. Quoi qu'il en soit, on ne peut se lasser d'admirer cette figure. L'intention y est si bien marquée , que l'œil croit y apercevoir un mouvement secret et craint de le laisser échapper. L'aoge de la droite a les mains croisées; il tteot qui^ue chose qm res^mble à des fleurs.

byGoogk

Peut-être est-ce à cause du Rasa mjrsiiea dont on qualifie la Vierge; peut-être est-ce une idée poétique et très-bien à sa place : l'autre main s'appuie sur un bouclier , et de ce bouclier semble sortir une palme que tient un ange placé sous les pied» de la Vierge. Ces attributs m'ont paru mal placés. Il faut croire qu'en cet endroit le Puget a été véritablement gêné par le bloc, et qu'il a eu besoin de lier, au moyen de cette palme, le petit ange qui est sous les pieds avec celui qui est à droite. On a fait à cette figure un piédestal en forme de deux consoles, mais ce piédestal est trop haut de plus d'un pied. Il est de schiaffino.

A Sainte-Marie des Vignes, j'ai vu *m autel dli Puget, qui est en forme de tombeau antique. Les oves, les cannelures, tout est divinement sculpté. Mais ce qu'il y a de singulier, c'est d'être soutenu par les quatre animaux qui représentent les quatre évangélistes , pour signifier que le mystère de l'autel est fondé sur le témoignage de ces évangélistes. L'âne et le bœuf soutiennent par les côtés : leurs pieds sont couverts de plumes ; cela est assez conforme à la description de l'apocalypse et sauve la difformité qui aurait résulté des pieds représentés au naturel. La tête de l'âne n'est pas assez agréable ; celle du bœuf est fière. L'autel ou le tombeau est réellement soutenu par deux bases de marbre, et entre deux sont un aigle et un lion , qui paraissent faire des efforts pour le soutenir aussi. Ces deux animaux sont bien petits ; ils sont disposés à être vus de moitié où même de trois quarts ; ip'est

b^Googk

ce motif sans doute qui a engagé l'artiste à les mettre en cet endroit; car il pouvait les placer sous le tombeau même , en otant les deux dés de marbre. Mais alors on ne les aurait vus que de côté.

Page 1