‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy: Littérature ancienne et beaux-artsChapitre 25 sur 76 · Î6 ' INSTRUCTIONS · texte numérisé non relu

Î6 ' INSTRUCTIONS

Il serait important d'avoir beaucoup de mots de leurs ancieunes langues , et surtout de celle qu'on nomme quicheca^ et qui était la langue des Incas. Il faut distinguer les peuples qui parlent ces différentes langues, et observer attentivement la manière dont ils prononcent les mots. On nous a rapporté quelques-unes de leurs chansons; il faudrait en multiplier le nombre, parce qu'il serait possible d'y trouver quelque trait de l'histoire de ces peuples ou de leur mythologie. Je dis de leur mythologie, parce que certains peuples du Pérou avaient un culte différent de celui du Soleil.

Les Péruviens n'ont jamais connu l'écriture. On prétend qu'ils y suppléaient de deux manières: I® par des peintures informes, à peu près semblables à eelles des anciens Mexicains; s'il s'en trouvait quelque fragment, il serait bon de l'acquérir, ou d'en tirer une copie; 7? par des quipposy c'est-à-dire, par des nœuds de laine qui, par la variété de leurs couleurs et de leurs configurations, rendaient toutes les idées de ces peuples (i). Ces quippos sont encore en usage chez eux (2).

oreilles^ un diadèpae d'argent; deux balances; une idole d*or, r^présentAUt une yestalei; une épilatoire d'or; deux plaques d'dr trouvées sur les yeux d'un Inca; une idole de bois d'Otaïti ; enfin, un collier d'une sauvage Pehvenche du Chili. Note de réditeur.

{i) Voyez Acosta, liv. VI, chap. 8; etc.

(î^) Par ce moyen , ils conservent , durant plusieurs années , non-seOlement l'état cirooQStancié des contributions en nature •qu'ils ont payées, mais encore les détails des concussions, ou des malversikibons ^es agents espagnob du fisc , etc.

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POUR M. 0OMBET. -i^y

Très-peu d'Indiens en connaissent parfaitement le mécanisme, et ne le révèlent à leurs enfants quà la fin de leur vie. S'il était possible de leur dérober ce secret, noiis serions phis ^n état de juger de la portée de leur esprit et des combinaisons dont il est capable.

Au reste, si on démêle an jour tes migrations et l'origine des différentes nations de l'Amérique , ce ne sera que par la comparaison de leurs vocabulaires. Il serait donc très-important d'en rassembler un grand nombre, et d'y ajouter ceux des îles découvertes en dernier lieu par les Anglais, dans la mer du Sud. Us ont donné de longues listes de mots indiens; on en trouve plusieurs épars dans les autres voyageurs, au ten^ps de la conquête de l'Amérique. Il faudrait qu'un ^homme de lettres prît la peine de dépouiller ces ouvrages et de classer les débris des langues indiennes. La moisson serait abondante, et j'ose assurer qu'un tel recueil ferait honneur à notre littérature.

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