CHAPITRE II
Dans quel métal on a frappé des médailles de rois.
On trouve des médailles ck rois en or, en argent et en bronze: les premières scmt, en général, trèsrares ; celles en argent et en bronze, quoique plus communes, ne s?ofïrent pas en si grand nombre que celles des empereurs romains, et c'est ce qui oblige de mêler les trois métaux dans la suite des rois comme nous avons dit qu'on les m^it dant* celle des villes.
Il y a des suites particulières qu'on n'a que dans
un seul métal. Tous les rois de Cappadôce, connus ,
jusqu'aujourd'hui, sont en argent; tous ceux de
laCommagène, en bronze: dans d'autres, comme
dans celles des rois parthes, des rois de Judée, etc.,
on ne voit aucune médaille d'cM». Des circoi^tances
particulières ont bien pu obliger quelques-uns
de ces princes à n'employer pour leur monnaie
qu'une matière commune ; mais il est à présumer
que dans la plupart des grandes monardiies on a
frappé pour chaque roé des médailles dans les trois
métaux; que le temps qui restitue lentement les
richesses qu'il nous enlève i^mplira quelque jour
les lacunes qui sont aujourd'hui dans nos suites.
byGoogk
ao8 * TRAITE
Alexandre second, rei de Macédoine, est un des premiers rois grecs qui ait frappé des médailles en or; Philippe, père d' Alexandre-le-Grand , un de ceux qui en ont frappé tin plus grand nombre. Les mines de la Thrace, découvertes ou, si Ton ,veut, exploitées de, nouveau sous son règne, le mirent en état de convertir ce métal précieux en*monnaie. Son exemple fîit suivi par ses successeurs sur le trône de Macédoine, et par ceux de ses élèves qui fondèrent les royaumes d'J^ypte et de Syrie. Il battit sur le fin ; ses médailles d'or sont à vin^-trois carats et demi : celles des autres monarchies sont à peu près de la même pureté, à l'exception pourtant des médailles du Bosphore, qui, portées à un semblable degré de raffinage, commencèrent à baisser de titre vers le temps de Néron^ et devinrent insensiblement d'un très-bas aloi.
• La plupart des médailles d'Alexandre 1*' , roi de Macédoine , qu'on regarde à présent comme les plus anciennes de toutes, sont en argent. On en a frappé de la même matière dans les autres monarchies. Elles sont, en général, d'un fort bon titre; mais les derniers rois de Syrie paraissent avoir affaibli leur monnaie d'argent, et l'on en voit dans la suite des rois parthes qui ne. sont qu'une espèce de monnaie très-basse.
• Le secret de fourrer les médailles n'était pas in* coimu aux monétaires grecs. Le cabinet du roi en conserve une de cette espèce , sur laquelle on voit le nom et la tête de Ptolémée Soter, roi iVÉgypte.
byGoogk
t)£à MEDAILLES. 209
Klle est de cuivre, mais elle est recouverte d'une feuille d'argent.
Je passe légèraBent sur les médailles de cuivre, pour en venir à celles de plomb. Je ne sais si l'usage en a été bien commun ou bien miiversel parmi les Grecs. Je ne connais aucun auteur qui le leur ait attribué. Peut-être que dans les conjonctures pressantes où les matières plus précieuses ont manqué, les souverains ont donné quelque valeur à des pièces de plomb, et que ces pièces n'étaient que représentatives. Quoi qu'il en soit, ces sortes de médailles sont d'une extrême rareté. Le père Jobert a cité un médaillon de plomb de Tigrane, roi d'Arménie, et le cabinet de Sa MajCvSté en renferme une d'Évagoras, roi de Chypre, dont l'antiquité n'est pas contestée.