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le nom d'Antioche , d' ApoUouie , d'Héraclée , et n'ont tracé sur plusieurs de leurs monnaies aucun titre , aucune qualité qui servit à les distinguer les unes des autres.
Telles sont les discussions pénibles et longues dans lesquelles on doit nécessairement s'engager. Je ne parle pas des médailles dont les légendes sont à demi effacées et dont il faut restituer la véritable leçon , ni de celles qu'on a quelque raison de soupçonner de fausseté ^ et qu'il faut examiner à plusieurs reprises. Je sais qu'on est forcé quelquefois de rejeter ces médailles dans la classe des douteuses et incertaines. Mais, pour en avoir le droit, il faut l'avoir acquis à force de recherches inutiles.
Si à ces difficultés l'on joint les correspondances qu'on doit entretenir avec des curieux et des savants étrangers » soit pour acquérir des médailles qui sont entre les mains des premiers , soit pour donner aux seconds les éclaircissements qu'ils demandent , on verra aisément que le travail du garde des médailles n'est pas un travail passager et mécanique, mais une occupation et une étude continuelle dont l'objet est de perfectionner le dépôt confié à ses soins et de le rendre aussi utile qu'il peut l'être.
Après avoir incorporé les suites du maréchal d'Estrées avec celles du roi , il fallut en faire des catalogues. On les dressa sur un nouveau pkn. Dans les anciens, on laissait après chaque vîUe, chaque roi, chaque empereur, un espace en blanc, pour inscrire les médailles qu'on ajoutait ; mais il résul-
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tait de là qu'elles n'étaient pas dans leur rang, et il n'y avait plus de correspondance exacte entre l'ordre du catalogue et celui des médailles placées dans les tablettes.
M. de Boze proposa de mjHtre dans chaque catalogue tous les articles à la file, les uns des autres sans espace intermédiaire , et de rejeter dans des suppléments les médailles dont on ferait l'acquisition- Cette idée fut exécutée. Il n'entre pas une médiiille dans les suites du roi qu'elle ne soit décrite ayssifôt dans le supplément. A côté de la description est une note qui renvoie à la page et au réglet du catalogue , une autre note est placée dans l'endroit du catalogue indiqué parle premier renvoi. De manière qu'il est très-i-aisé de confronter le catalogue 9vec la* suite des médailles.
On s'est si bien trouvé jde cette méthode, dans la pratique , qu'à mesure qu'on a fait de grandes acquisiti<;>ns , on a pris le parti de renouveler plusieurs des anciens catalogues. Comme on exige de la part dû copiste de l'exactitude et de la propreté, ce renouvellement a pris beaucoup de temps, et serait actuellement terminé, si l'acquisition du cabinet de M. Pellerin ne nous avait engagé dans un travail plus long et plus difficile que tous ceux qu'on avait entrepris. Dans l'état actuel des chose» le cabinet est dans un bel ordre. Il n'y a pas une seule médaille qui ne soit inscrite , placée et facile à trouver. Je n'en excepte qu'un seul article trèspeu important , très-peu nombreux, qui concerne les monnaies des Indes , et dont on s'occupera ans-
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sitôt après Finsertion entière des médailles deM. Pellerin. Je n'en parle même ici que pour ne rien laisser ignorer à M. le Noir de tout ce qui regarde mon administration.
Des pierres gravées.
En France , ainsi que chez tous les souverains de l'Europe, les pierres gravées sont jointes aux cabinets des médailles, et cela ne peut être autrement^ puisque les unes servent à éclaircirles autres, parce qu'elles ont toutes le même objet et exigent les mêmes connaissances. Lorsqu'on transporta le cabinet des médailles à Paris, il y a environ quarante sept ans, le feu roi conserva dans son cabinet leâ pierres gravées» Le roi voulait les envoyer à la bibliothèque. M. d'Angevil 1er proposa de les faire neti oyer , et les a gardées ; mais il est impossible qu'elles ne soient réunies tôt ou tard aux médailles, (i)
§ VL Des antiques.
Cette collection est destinée à rassembler les té-^ tes , les bustes , les instruments ^ les vases , les tombeaux , tout ce qui a servi, soit au culte sacré, soit
(i) En effet , les pierres gravées ont été transportées à Paris, et réunies au cabinet des médailles, dans le moiii de juin 1^914 Note de t éditeur.
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DES MibAitLEâ. ^'J^
aux usages de la vie civile parmi les Ég:Y0tiens , les Étrusques, les Grecs, les ï peuples de l'antiquité.
Il ne parait pas que dans I des médailles on se fut prc suite de figures antiques. On le hasard oftrait et qui mér dératioUk
Dans la stiite , on fit que tions ; inais on était tellemeilt éloigné de regarder cet objet comme essentiel, qu'en faisant construire un salon pour les médailles , ôil négligea d'y joindre un salon pour Içs antiques , dont le nombre s'est singulièrement augmenté et enrichi par le cabinet de feu M. le comte de Caylus. Par un zèle infiniment respectable , M. le comte de Caylus avait positivement déclaré , dans la préface de son premier volume des antiquités , qu'il destinait au cabinet du roi les monuments qu'il rassemblait. En conséquence, il en fit deux envois pendant sa vie , et après sa mort nous recueillîtnes tout ce qui en restait , autorisés par un article de son testament.
Il faut observer qu'on ne trouvera point au cabinet des antiques tous les monuments que M. le cotnte de Caylus a publiés de son cabinet. Il lui est arrivé plus d'une fois dé céder les pièces qu'il avait aux prières de ses amis ; de les échanger contre d'autres dont il voulait enrichir sa collection. J'ai été plus d'une fois témoin de semblables opérations; et pour nous mettre en règle à cet égard, à mesure qu'il nous revenait des portions de son ca- 2 i8
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binei, nous en prenions unie note exacte et rela-» tive à ses planches gravées. Ces^ notes , jointes au catalogue des monuments qui existaient auparavant dans le cabinet , suffisent pour constater tout ce qu'il renferme a'ujourd'hui.
La collection est placée dans une espèce de gale^^ tas aa<lesws du cabinet des médailles. Il aurait fallu monter toutes les pièces sur despiédouches, et les renfermer dans des armoires propres, partagées en plusieurs plaiches, avec des portes de glace pour les garantir de la pou^^re. Mais, com^xie \^ dépense aiu'ait été considérable , que des besoins plus pressants ont toujours ^sorbé les fonds, que ce recueil , tout nombreux qu'il est, n'est pi^ bien précieux, et qu'enfin le projet de transporter la bibliothèque au vieux Louvre ou ailleurs a toujours fait espérer qu'on y destinerait une salle pour les antiques, on s'est contenté, en attendant, de les déposer sur de longues tables où l'on a tâché de mettre l'ordre dont elles étaient susceptibles.
Un autre inconvénient qui résulte de l'emplace ment actuel, c'est qu'on n'y peut placer les grands morceaux de marbre , comme autels , tombeaux , jan^bes 6t autres tronçons de statue, qui, par leur énorme pesanteur, écraseraient le plancher. On avait été obligé de les entasser dans des espèces de bouges qui-3#nt le long de l'escaUer. On les fit depuis transporter chez M. le duc d^ Caylus, qui avait obtenu de M. le duc de la Vrillière de jouir, pendant sa vie, des antiques que feu M. le comte de Caylus avait laissées à sa mort. On y joi-
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DES MliOAILLES. a*}^
gnit plusieurs pièces de bronze , et M. le duc de Caylus a donné une reconnaissance du tout. Elles sont revenues après sa mort au cabinet.
, En jetant un preuer coup-d'œil sur cette quantité d'antique» qui sont au cabinet^ on serait tenté d'en concevoir une assez haute idée. Il renfenne sans doute dès morceaux précieux et utiles pour la connaissance des arts et des usages anciens^ mais la plus grande partie ne présente à l'examen que des débris informes et de peu de valeur. M. le comte de Caylus n'était pas fort scarupuleujL dans le choix de ses acquisitions^ et^ie devait pas l'être pour l'objet qu'il se proposait. Clous, vieilles clefs,' pots cassés, il ramassait tout, et nous sommes obligés de tout conserver, puisque nous devons respecter ses volontés.
Il aurait été facile d'embellir ce recueil pafr des correspondances établies en Italie, où il est bien plus aisé qu'en France de jfaire des découvertes «i ce gem*e; mais l'on a toujours pensé que les an-* tiques n'étaient qu'un accessoire, et que la prin«cipale attention, la première dépense devait se porter sur les médailles, qui sont {^s in«bructives et qui font, pour ainsi dire, la base du cabinet.
Il faut donc laisser cette partie du dépôt dans l'état où elle est, et n'acquérir, quand l'occasion s'en présente, que des morceaux remarquables par leur beauté ou par les lumières qu'on en peut tirer.
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l'jd Caûinet
s VIL Diverses remarqués.
Apnis avoir parcouru ces difFérentes classes, je ne puis me dispenser de proposer ici quelques réflexions qui intéressent le cabinet ou ceux qui en ont la garde, et je me fais un plaisir de les soumettre entièrement aux lumières et k l'équité de M. le Noir.
Je ne parle pas du dessein où l'on était d'abord de placer des rideaux aux fenêtres du cabinet des médailles. Je sens bien qu'il ne faut pas s'occuper de moyens de décoration, quand on est à peine en état de fournir à l'entretien.
Mais il est indispensable de continuer à faire des tablettes pour contenir ^ les médailles. On a été obligé d'employer, quand on l'a pu, celles qui étaient à Versailles; et comme leur forme ne s'adapte pas aux nouvelles armoires, il a fallu les rogner ^n-tout sens, ce qui produit un très-mauvais effet. De plus, elles ne suffisaient pas. Nous avons des tiroirs entiers qui en sont privés et dans lesquels les médailles sont presque entassées les unes sur les autres. Cette dépense se fait petit à petit.
J'ai dit plus haut qu'en acquérant des cabinets entiers, les médailles qui se trouvaient déjà dans celui du roi étaient rejetées parmi les doubles, et que l'on s'en servait pour des échanges; j'ajoute qu'on n'en a jamais fait de catalogues, et qu'il serait impossible d'en faire. Ce travail exigerait un temp9 considérable, et deviendrait ensuite inutile,
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DES MÉDAILLES. l'JJ
puisque, ces doubles ne doivent pas rester au ca- |)inet. De plus, la plupart des médailles doubles^ en bronze sur-tout, ne valent que le poids, c'està-dire, un liard, un sou, etc. • . C'est. ici qu'il faut s'en rapporter uniquement à la probité du garde des médailles. Il exerce un ministère de confiance: s'il était capable d'en abuser, il aurait mille moyens de déguiser ses larcins. Cependant j'ai en pareilles' occasions pris une note des médailles doubles eu or, et mis en marge l'emploi que j'en ai. fait.
Tant que les médailles ont été à Versailles en faisait peu d'acquisitions, et peu de gens deinan^ daient à les voir. Un seul homme suffisait alors pour en avoir $uin. Quelques années après qu'on les eut transportées à Paris, on me donna pour adjoint à M* de Boze. Après sa mort je partis pour l'Italie, et le cabinet fut fermé pendant deux ans. A mon retour, je remplis seul, pendant, environ douze à treize ans, les fonctions de la place, devenues tous les jours plus pénibles par les grandes acquisitions qui se faisaient journellement et par l'affluence du monde qui venait au cabinet. Je demandai enfin, de m'associer l'abbé de Courçay, mon neveu, soit pour m'aider dans mon travail, soit pour se mettre à portée de me remplacer un jour. Il travailla quelques années avec moi sans avoir d'appointements, et nous obtînmes enfin les looQ livres dont il a toujours joui sans augmen^ tation. L'abbé d# Courçay a des qualités exceU lentes et rares. C'est le plus honnête homme, et im des meilleurs esprits, que je connaisse. Par ses lumières, son travail et. la sagesse de sa condiiite,
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il se serait avancé dans toute antre carrière. Il a tout sacrifié par amitié pour moi et par zèle pour le cabinet. M. le Noir me permettra de lui rendre cette justice, et d'espérer de son équité qu'il voudra bien profiter de la première occasion pour le traiter plus £ivorablement qu'on ne l'a £sdt jusqu'à présent.
Il est à présent dans la même position où je me trouvai quand je le demandai pour adjoint. Le poids du travail tombe presque entièrement sur liii« La perte d'un œil, la crainte de perdre l'autre, des infirmités qui augmentent chaque jour, me forcent à des ménagements qui coùtentà mon zèle.
C'est d'après ces considérations, que j'ai eu l'honneur d'exposer à M. le Noir le besoin que nous avions d'un employé au cabinet, qui, non*seulement put nous aider, mais qui commençât de bonne heure à s'appliquer à l'étude des médailles. Car il faut observer que cette connaissance ne s'ac^ quiert pas au moyen des livres seub. Il faut y joindre la pratique, c'est-à-dire, voir souvent les médailles, apprendre à les lire, à juger de leur authenticité, à les classer, à les considérer sous leurs différents rapports ; tantôt par rapport à l'histoire, dont elles sont un des principaux fondements ; tantôt par rapport aux arts, auxquels elles servent souvent de modèles. Ces lumières ne s'acquièrent donc que par un long apprentissage et que dans un lieu où l'on est à portée de consulter ces monuments. J'ai jeté les yeux sur un jeune homme (Barbie du Bocage), dont la probité mest connue et qui est déjà versé dans la connaissance de l'an-
tiqùité. J'ai commencé à l'exercer dans ce genre de littérature, et je puis d'avance répondre du succès. J'ai eu l'honneur d'en jKirler à M. le Noir. J'insiste encore, parce qu'on offre d'àut^s places à ce jeune homme, et que je ne pourrais le remplacer, si nous le laissions échapper.
I^ secrétaire attaché au cabinet des médailles est absolmnent nécessaire, non-seulement pour la confection du catalogue et pour le travail courant, mais pour être présent au cabinet quand on est dans le cas de le montrer. Il faut qu'il ait quelque connaissance de la langue latine, qu'il ait une belle main, qu*il soit assidu et d'une parfaite probité, puisqu'il est chargé de veiller sur celle des aiitres. Son traitemeut, qui consiste en une très -petite chambre et en 800 livres qu'il faut attendre longtemps, est si faible tjue j'ai toutes les peines du *monde à trouver quelqu'un pour remplir cette place, parce qu'elle ne mène à rien, et qu'elle ne sufiBtpas au plus mince entretien. J'ai eu îe chagrin d'en perdre en peu de temps deux que je m'étais fait un plaisir de former, dont l'un obtint une place de commis aux affaires étrangères, et dont l'autre est consul au levant. On ne peut leur faire espérer des avantages proportionnés à de pareilles places; mais il est certain que, s^ils pouvaient subsister dans celle du cabinet, ils ne songeraient pas avec le même empressement à la quitter. M. le Noir a promis de prendre cet objet en considération.
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Notes.