‹ Œuvres diverses de Jules Janin (volume 4)Chapitre 6 sur 46 · XII JULES JANIN · texte numérisé non relu

XII JULES JANIN

homme heureux dont il a si souvent parlé. Déjà prince des critiques, il le fut près d'un demi-siècle., toujours imprévu, toujours charmant, toujours inouï.

Mais le feuilleton du lundi ce n'était qu'un jeu pour lui. Comme Boufflers écrivant la Reine de Gôlconde, il disait : « Ce n'est pas moi qui conduis ma plume, c'est ma plume qui conduit ma main. » C'était une telle habitude que le jour de ses funérailles, quand j'ouvris le Journal des Débats, 7e /z^^ bien surpris de ne pas y trouver les deux magiques J. J.

Dans cet hôtel de la rue de Tournon, il s'effraya de son luxe; il eut peur de manger son fonds avec son revenu. Il sacrifia héroïquement ses plus belles choses, moins ses livres, pour aller se réfugier dans une mansarde de la rue de Vaugirard, en face de la grille du Luxembourg, disant : « Ce sera là mon jardin. « La mansarde fut bien vite dorée. C'était tout

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petit, mais c'était charmant : Voiseaii bleu ne pouvait pas chanter dans ime vilaine cage. Dia^, encore à moitié décorateur, quoique déjà le Dia\ étincelant, vint peindre des roses et des arabesques sur les portes et sur les glaces. On n'en mangea pas moins dans la porcelaine de Saxe et dans la porcelaine de Chine. Jules Janin n'en perdit pas un sourire. Il était bien inspiré; car ce fut alors que cette jeune fille dont quelques peintres ont éternisé la beauté dans ses radieux vingt ans vint lui donner cette main loyale qui lui a toujours été si sûre et si douce. Son mariage fut un événement, le contrat est étoile de toutes les illustrations de ce temps-là, Thiers et Hugo en tête.

Une jeune fille comme toutes les autres eiit dit à Jules Janin : « Je suis très fière de vous épouser; mais je Jie veux pas monter dans cette mansarde, y> M^c Jules Janin y monta et s'écria : « Le bonheur est ici. »

Pendant près de vingt ans, elle n'en voulut pas descendre, quoique son y ère lui eiit offert ce joli petit ciidteau Louis XVI qui frappait l'œil de tous les artistes dans la grande rue de Passy , au milieu d'un océan de ver-

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