‹ Œuvres diverses de Jules Janin (volume 5)Chapitre 20 sur 43 · I08 UN MOMENT AFFREUX · texte numérisé non relu

I08 UN MOMENT AFFREUX

jeune reine de seize ans, dont la jolie tête reposait innocemment sur le chevet royal, j'étais sur le point d'oublier que j'étais là pour le compte du plus jaloux et du moins clément des monarques, a Mais, Messieurs, ce n'était pas tout. Imaginezvous ce que je devins quand je me sentis tiré de ma contemplation muette par deux jeunes pages qui vinrent me dépouiller de mes vêtements. L'un défit mon haut-de-chausses et ma ceinture, l'autre m'ôta mon casque et mon épée, et moi je me laissais mettre nu sans rien soupçonner, quand tout à coup, j'aperçus dans un coin de l'appartement San Domingo, le confesseur du roi et mon ennemi mortel, qui faisait un signe et un sourire à la duchesse d'Olivarès.

ce 11 y avait dans ce sourire quelque chose qui voulait dire : « Remarquez comme ce faquin de tt duc d'Albe en use avec une princesse du sang « royal, avec la femme de Sa Majesté! remar-

« quez »

« Bref, je compris ce discours et je me sentis à peu près perdu, d'autant plus que l'étiquette et mon devoir d'ambassadeur me forçaient à entrer nu dans le lit de la reine, comme pour en prendre possession au nom du roi.

tt Ah! Messieurs, figurez-vous ce supplice! être observé dans l'état où j'étais par une duchesse

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