‹ Œuvres diverses de Jules Janin (volume 5)Chapitre 35 sur 43 · AU MERCURE DE F II A N C E I · texte numérisé non relu

AU MERCURE DE F II A N C E I

homme qui commence, pauvre diable qui devait faire les délices de son temps, et qui vainement alors courait après les paroles du Sylvain ou le drame de Zcmire et A:{or ; entin, avec plus de fracas, arrivèrent le brillant Helvétius , qui était encore le plus riche fermier général de Paris et qui ne pensait guère à son Traité de f Esprit; d''Holbach, le seul homme titré de la compagnie, charmant par ses dîners et ses bons mots; le jeune Grimm, au sourire faux et à Tesprit railleur, qui, plus tard, devait supplanter Rousseau dans ses amours et lui faire tant de mal; enfin le protecteur, Tami, le banquier de toute la littérature du siècle, Panckoucke, homme de lettres par imitatioUj philosophe par instinct, mais pourtant assez homme d'esprit pour avoir compris, le premier et tout seul, qu'il y aurait une fortune à faire dans son siècle en se laissant emprisonner et persécuter à la suite des philosophes.

En un mot, de toutes les célébrités contemporaines, il ne manquait peut-être là que Voltaire ; mais à cette époque Voltaire était déjà dans une sphère brillante et plus élevée, n'aspirant rien moins qu'à devenir grand seigneur, qu'à flatter la maîtresse régnante et ne songeant pas encore à cette tactique savante et toute de génie au moyen de laquelle il se mit a la tête des gens de lettres de

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