‹ Œuvres diverses de Jules JaninChapitre 62 sur 87 · LES MÉMOIRES D^UN PENDU. III · texte numérisé non relu

LES MÉMOIRES D^UN PENDU. III

le civet de lièvre et pour la sauce d'anguille de buisson. C'est ainsi qu'en a jugé Son Éminence le cardinal Fesch, que Dieu conserve! On m'envoya chercher un soir dans ma forêt pour lui faire à souper, et le repas fini, il jura sur son âme que dans son propre palais il n'avait jamais rien mang^ de plus exquis. »

Je m'approchai vers lui d'un air sérieux et solennel : « Je vous félicite, lui dis-je^vous êtes un homme sauvé ! Votre talent de rôtisseur vous fera mieux venir parmi nous que si vous étiez un grand général. Il ne tient qu'à vous de devenir un pouvoir, car nous sommes dans l'âge d'or de l'égalité. Parcourez donc tout Paris, et à la première maison qui pourra vous convenir, entrez fièrement, dites au maître: Je suis cuisinier! prouvezle, et vous êtes à la tête des affaires. »

Le pendu me remercia d'un geste amical, et je le quittai, tranquille désormais sur son avenir.

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