‹ Œuvres diverses de La FontaineChapitre 47 sur 115 · A M. DE MAUCROIX · texte numérisé non relu

A M. DE MAUCROIX

Relation d'une fête donnée à Vaux

22 août ICGl.

Si tu n'as pas reçu réponse à la lettre que tu m'as écrite, ce n'est pas ma faute ; je t'en dirai une autre fois la raison, et je ne t'entretiendrai pour ce coup-ci que de ce qui regarde M. le Surintendant: non que je m'engage à t'envoyer des relations de tout ce qui lui arrivera de remarquable; l'entrepi'ise serait trop grande, et en ce cas-là je le supplierais très humblement de se donner quelquefois la peine de faire des choses qui ne méritassent point que l'on en parlât, afin que j'eusse le loisir de me reposer^. Mais je crois qu'il y serait aussi empêché que je le suis à présent. On dirait que la renommée n'est faite que pour lui seul, tant il lui donne d'affaires tout à la fois. Bien en prend à cette déesse de ce qu'elle est née avec cent bouches ; encore n'en a-t-elle pas la moitié de ce qu'il faudrait pour célébrer dignement un si grand héros ; et je crois que quand elle en aurait mille, il trouverait de quoi les occuper toutes^.

Je ne te conterai donc que ce qui s'est passé à Vaux le 17 de ce mois. Le Roi, la Reine mère, Monsieur, Madame, quantité de princes et de seigneurs s'y trouvèrent : il y

1. Maucrolx était alors à Rome, comme Boilcau parlait à Louis XIV, chargé par Fouqiiet d'une mission qu'ilsiippliaitdelelaissera respirer ». confidentielle, qui consistait à la fois 3. Ce serait le lieu peut-être d'attéà créer un parti au surintendant et à nuer ce ([u'il y a d"hyperbolique dans acheter pour lui des objets d'art, des ces éloges en rappelant le mot iroantiques, des curiosités. Avant lui, nique de Voltaire : « Vous savez que l'abbé Fouquet avait exercé cet cm- la renommée a cent bouches, et que ploi, qui demandait surtout de la dis- pour une qui dit vrai, il y en a quatrecrétion. vingt-dix-neuf qui mentent. » (Lettre

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