‹ Œuvres diverses de La FontaineChapitre 65 sur 115 · Happrochoz do la définition Molière · texte numérisé non relu

Happrochoz do la définition Molière

Les nuits sont douces et tranquilles ; Et ces agréables séjours Chassent le soin, hôte des villes, Et la crainte, hôtesse des cours.

Mes appas sont les alcyons Par qui l'on voit cesser l'orage Que le souffle des passions A fait naître dans un courage; Seule, j'arrête ses transports; La raison fait de vains efforts Pour en calmer la violence; Et si rien s'oj)pose à leur cours, C'est la douceur de mon silence, Plus que la force du discours.

Mes dons ont occupé les mains

D'un empereur sur tous habile.

Et le plus sage des humains

Vint chez moi chercher un asile :

Charles, dun semblable dessein

Se venant jeter dans mon sein,

Fit voir qu'il était plus qu'un homme :

L'un d'eux pour mes ombrages verts

A quitté l'empire de Rome,

L'autre celui de l'univers.

9. Le soin, le souci, un ennemi par- L'innocente beauté des jardins et du jour

ticulicr de La Fontaine. allait faire à jamais le charme de ma rie.

11. Elle compare aux alcyons les 14. Courag^e est ici pris pour cœu plaisirs qu'elle ollre parce qu'ils apai- 22. Cet empereur est Dioclétie

sent l'ànie comme les alcyons « cliers qui abdiqua, après un régne glorieu;

à Téthys », selon Chénier, apaisent et vécut retiré à Salone. les flots : on prétendait qu'aucun 2.5. Charles-Quint abdiqua, hiiauss

orage ne se déchaîne sur mer ])en- l'Empire, et vint chercher le repo

dant que les alcyons (niartins-pé- non pas, comme on l'a dit souven

cheurs) l'ont leurs nids. Dans un des dans le monastère de Saint-Just, ma

rares sonnets qu'il ait composés, La dans une maison qui touchait à

Fontaine a dil : monastère.

POÈMES 22.'i

Us élaienl las des vains projets

De conquérir d'autres provinces :

Que s'ils se lirent mes sujets,

De mes sujets je fais des princes.

Tel, égalant le sort des rois, 35

Aristée errait autrefois

Dans les vallons de Tliessalie;

Et tel, de mets non achetés,

Vivait sous les murs d'Œbalie

Un amateur de mes beautés. 40

Libre de soins, exempt d ennuis,

Il ne manquait d'aucunes choses;

Il détachait les premiers fi'uits.

Il cueillait les premières roses ;

Et quand le ciel, armé de vents, 45

Arrêtait le cours des torrents

Et leur donnait un fi'ein de glace.

Ses jardins, reniplis darbi'es verts,

Conservaient encore leur grâce.

Malgré la rigueur des hivers. 50

Je promets un bonheur pareil

A qui voudra suivre mes charmes;

Leur douceur lui garde un sommeil

Qui ne craindra point les alai'mes :

Il bornera tous ses désirs 55

Dans le seul retour des zéphyrs;

Et, fuyant la foule importune,

.'((!. Arislée, fils d'Apollon, vécut sodé du vieillard de Tarente au cfua-

l)aniii h.'s ber};crs avant do devenir triénie chant des Géorgiqucs. Les

un de leurs dieux. Vir<rile a ciianté vers 40 à 50 sont un souvenir très

ses avi^nlurcs au quatrième chant dos précis de cet épisode, presque une

Oéorgiqiics. traduction de certains vers de Vir-

.39. OEbalie, c'est Tarente, fond<-e gile :

par l(,-s Spartiates, dont un ancien J'rimus verc rosam, atque autiunno

roi s'appelait OEbalus. Voyez l'épi- [carpere poma, etc.

Il verra du fond de ses bois Les courtisans de la fortune Devenus esclaves des rois. 60

J'embellis les fruits et les fleurs;

Je sais parer Poraone et Flore ;

C'est pour moi que coulent les pleurs

Qu'en se levant verse l'Aurore.

Les vergers, les parcs, les jardins, G5

De mon savoir et de mes mains

Tiennent leurs grâces nompareilles ;

Là j'ai des prés, là j'ai des bois;

Et j'ai partout tant de merveilles

Que l'on s'égare dans leur choix. 70

Je donne au liquide cristal

Plus de cent formes différentes.

Et le mets tantôt en canal.

Tantôt en beautés jaillissantes ;

On le voit souvent par degrés 7 5

Tomber à flots précipités ;

Sur des glacis je fais qu'il roule,

Et qu'il bouillonne en d'autres lieux;

Parfois il dort, parfois il coule.

Et toujours il charme les yeux. 80

Je ne finirais de longtemps

Si j'exprimais toutes ces choses :

60. « Qui est plus esclave qu'un 67. Koinpareilles, sans pareilles ;

courtisan assidu, sinon un courtisan nom au lieu de non, par attraction du

plus assidu? » (La Bruyère, De la /> pour Vrn. Boileau s'est moqué de

Cour.) l'abus qu'on faisait de ce mot dans la

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