‹ Œuvres diverses de La FontaineChapitre 64 sur 115 · LA MUSE DE LA PEINTURE · texte numérisé non relu

LA MUSE DE LA PEINTURE

A de simples couleurs mon art plein de magie Sait donner du relief, de l'âme et de la vie : Ce n'est rien qu'une toile, on pense voir des corps : J'évoque, quand je veux, les absents et les morts; Quand je veux, avec l'ai't je confonds la nature. De deux peintres fameux qui ne sait l'imposture? Pour preuve du savoir dont se vantaient leurs mains, L'un trompa les oiseaux, et l'autre les humains.

9. On sent qu'ici, par la bouche de vusl'unie.H(RoLhi^, Histoire ancienne

raltiérc Palatiane, Muse de l'arcliitec- 8. Les oiseaux venaient, dit-oi

turc, c'est le poète qui parle et s'ou- becqueter les raisins peints p<

blie à décrire des plaisirs dont la Zeuxis ; mais son rival Parrli^sius ]

Muse va faire trop bon marché. surpassa, en peignant un linge si ni

21. Il II y a cinq ordres d'architec- turellement représenté que Zeux

ture, le dorique, l'ionique, le corin- demanda qu'il tirât enfin le linge poi

thien, le composite et le toscan ou faire voirie tableau. Voyez Pline, ifw

le transporte les yeux aux confins de la terre :

11 nest événement ni d'amour, ni de guerre, 10

^uc mon art nait enfin appris à tous les yeux.

Lies mystères profonds des enfers et des cieux

Sont par moi révélés, par moi l'œil les découvre :

^ue la porte du jour se ferme, ou qu'elle s'ouvre,

^ue le soleil nous quitte, ou qu il vienne nous voir, 15

^u'il forme un beau malin, qu'il nous montre un beau soir,

l'en sais représenter les images brillantes.

Mon art s'étend sur tout; c'est par mes mains savantes

^ue les champs, les déserts, les bois et les cités

V^ont en d'autres climats étaler leurs beautés. 20

ie fais qu'avec plaisir on peut voir des naufrages,

It les malheurs de Troie ont plu dans mes ouvrages.

rout y rit, tout y charme ; on y voit sans horreur

ijC pâle Désespoir, la sanglante Fureur,

^'inhumaine Glothon, qui marche sur leurs traces : 25

fugez avec quels traits je sais peindre les Grâces.

LA >rUSE DES JAIIDINS

J'ignore l'art de bien parler.

Et n'emploierai pour tout langage

Que ces moments qu'on voit couler

Parmi des fleurs et de l'ombrage.

Là luit un soleil tout nouveau; 5

L'air est plus pur, le jour plus beau,

'Ct., XXXV. On dit aussi qui; des qii'ApelIanirc donne de la pointure

•erdrix apprivoisi'cs crièrent à la vue les lettres admirables écrites de

l'une perdrix peinte par Polygnote. Rome par Nicolas Poussin, et où il

25. Clotlio, l'une des Parques, est expose avec une grande hauteur de donlifiée par La Fontaine avec la vues les principes de son art. Voyez uorl. aussi la Gloire du Val-de-Grdce, de

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