Toute cette demeure, toutes les ployaient encore
Nos deux époux, surpris, étonnés, confondus.
Se crurent, par miracle, en TOIympo rendus.
« Vous comblez, dirent-ils, vos moindres créatures :
Aurions-nous bien le cœur et les mains assez pures
Pour présider ici sur les honneurs divins, 125
Kt, prêtres, vous offrir les vœux des pèlerins? »
Jupiter exauça leur prière innocente.
« Hélas! dit Philémon, si voire main puissante
Voulait favoriser jusqu'au bout deux mortels.
Ensemble nous mourrions en servant vos autels : 130
Clotlîon ferait d'un coup ce double sacrifice ;
D'autres mains nous rendraient un vain et triste office.
Je ne pleurerais point celle-ci, ni ses yeux
Ne troubleraient non plus de leurs larmes ces lieux. »
Jupiter à ce vœu fut encor favorable. 135
Mais oserai-je dire un fait presque incroyable ?
Un jour qu'assis tous deux dans le sacré parvis
Ils contaient cette histoire aux pèlerins ravis,
La troupe, à l'entour d'eux, debout prêtait l'oreille;
Philémon leur disait : « Ce lieu plein de merveille 140
N'a pas toujours servi de temple aux Immortels :
Un bourg était autour, ennemi des autels.
Gens barbares, gens durs, habitacle d'impies;
Du céleste courroux tous furent les hosties.
II ne resta que nous d'un si triste débris : 145
125. Voycis sur quels Etats l'un et l'autre Frappous, roilà l'hostie, et l'occasion presse.
^, ■ . [Pféside. (Cyrano, Agrippinc, IV, 4.)
(CoRNKiLLE, Théodore, II, 2.) ^ ^ 6 FF > > i
131. Clothon. 1.-. Parque. Voyez. la , ^''\ ^^"* en croire La Monnoye ce
noie du vers 2(l. ^^™'^'" ^«""^ ^^àign^ fort les audi-
143. Habitacle pour habUation, ne *t"''^'. ''"'.^f'^"?''^ * ' " ^^'l}" '"r seditguùre, s.'lon LiUré, que dans <-hant ! Oh! 1 athée! comme il parle le style souleuu .^t dans ceh.i de ''" Samt-Sacrement ! Il veut tuer l'Ecriture. Cepeudant il en cite un Notre-Scigncur ! ., Cette anecdote, exemple au dcbut du Carême im- Probablement arrangée, prouve tout promptu de Grcsset. '!" '"°»? 'I'.'° ^'"P^"' ^'S"''*^ ''" '"°*
144. Hosties, victimes. ^'"^"' " ^"t"'' '^''J''^ I''"^ fréquent.
Cette seconde Iwslie est digne de ta r.age,
(ConNKir.i.iî, l'olycucte, 1720.)