BALLADE A M. FOUQUET POUR LE PONT DE CHATEAU-THIERKY
Dans cet écrit notre pauvre cité
Par moi, Seigneur, humblement vous supplie,
Disant qu'après le pénultième été
L'hiver survint avec grande furie,
Monceaux de neige, et gros randons de pluie, 5
Dont maint ruisseau croissant subitement
Traita nos ponts bien peu courtoisement. i"
Si vous voulez qu'on les puisse refaire,
De bons moyens j'en sais certainement :
L'argent surtout est chose nécessaire. 10
Or d'en avoir c'est la difficulté;
La ville en est dès longtemps dégarnie.
Qu'y ferait-on? vice n'est pauvreté;
Mais cependant, si l'on n'y remédie,
Chaussée et pont s'en vont à la voirie. 15
Depuis dix ans, nous ne savons comment,
La Marne fait des siennes tellement
Que c'est pitié de la voir en colère.
Pour s'opposer à son débordement.
L'argent surtout est chose nécessaire. 20