XXXVI ; LORD MACAULAY
très-avancé, en 1834, et un de ses contemporains, M. William Roberts, trouva dans les souvenirs de sa vie et sa correspondance la matière de quatre volumes in-octavo. Dans ces volumes sont plusieurs lettres échangées entre miss Hannah More et'M. Zachary Macaulay, le père de lord Macaulay, maisnon celles que publie l’éditeur du Macmillan-Magazine, qui les tient de M. A. Roberts, fils du biographe.
A l’époque où elles furent écrites, miss Hannah, âgée de soixante-dix ans, avait quitté son pensionnat et résidait à Barley-Wood, près de Bristol. M. Zachary Macaulay était en correspondance suivie avec elle, appartenant à lamême secte de ces philanthropes négrophiles qui préparaient, au nom de la religion et de la philosophie, l'abolition de l'esclavage dans les colonies anglaises. En outre, il avait épousé miss Sarah Mills, l'élève favorite du pensionnat More, et enfin le jeune Macaulay, que miss More connut dès sa plus tendre enfance, inspirait à celle-ci un intérêt tout particulier, non-seulement à cause de sa précocité, mais aussi parce qu'elle était souvent consultée par sa mère sur l'éducation du petit prodige. C’est, du reste, ce qui ressort des deux lettres mêmes que nous allons traduire, et dont la première fut justement provoquée par la question de savoir si on mettrait l'enfant à la grande école de Westminster :
« Mon cher monsieur, « Je profite de l’occasion de M.R. Grand, qui est ici,
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pour vous envoyer quelques lignes sous son couvert, de sorte: qu'elles doivent être nécessairement écrites à la hâte, Autant'que je puis hasarder mon bunble opinion, il me semble que, si toutest d'ailleurs çonvenable, vous ne pouvez mieux faire que d'adopter le plan dont vous avez conçu l’idée, et qui est de transporter votre résidence à Westminster pour y mettre Tom à l’école, comme externe. C’est seulement avec cette réserve que je croirais ce parti sage. Précipiter les enfants tout entiers dans ces écoles publiques me rappelle toujours la pratique des mères scythes qui plongeaient leurs nouveau-nés dans la rivière; — le plus grand nombrepérissaient, mais Ceux qui étaient doués d’une forte constitution et valaient la peine d'être sauvés sortaient de l'expérience avec un surcroît de vigueur. Le vôtre, comme Edwin, « n'est pas un-enfant vulgaire‘, » et il exige un degré d'attention proportionné à sa grande supériorité d'intelligence et à ses passions vives. Il faut qu’il ait des compétiteurs dignes de lai. I est comme ce prince qui refusait de jouer avec d’autres condisciples que des rois. Une école telle que Westminster (avec la sauvegarde du foyer paternel pendant les intervalles
1 Miss Hannah More fait ici allusion au héros de Beattie (le Mé= nestrel ou l'Education du génie) ;
- And yet poor Edwin was no vulgar boy.
Le second titre du per explique suffisamment la justesse de l'al- . lusion, .
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de l'étude) contiendra son imagination vagabonde el {ixera sur un point sa curiosité aventureuse. Actuellement, ayant la conscience qu’il n'a aucun rival capable de rompre une lance aveo lui, certain qu'il doit être d'un succès comparatif, il pourrait ne pas poursuivre avec une ardeur suffisante les parties les plus sévères de l’enseignement. Après lareligion, il n'est rien de mieux pour dresser et diriger les jeunes.esprits que les études suivies et la discipline de ces écoles. Sous tous les autres rapports, j'en pense assez de mal. |
« Je ne voudrais pas, pour tous les avantages que peut en retirer l'intelligence, jeter l'âme pure et innocente de Tom au milieu de pareils dangers. En le faisant revenir le soir à la maison pour qu'il y soit surveillé par vous, j'espère qu'avec la bénédiction de Dieu vous le préserverez de la corruption des écoles. de n'ai jamais vu aucun mauvais penchant eu lui, — rien, excepté les faiblesses et l'ambition qui sont inséparables peut-être de talents si précoces et d’une imaginalion si vive. Il paraît sincère, véridique, sensible et affectueux. J'ai observé que vous aviez un grand ascendant sur lui. Votre présence retenait la véhémence de son éloquence sans com primer sa franchise, ni diminuer sa tendresse filiale. Vous êtes son oracle; j'espère que vous conserverez toujours cette influence. J'ai vu avec plaisir que, quoique impatient de donner une issue aux ébullitions de sa muse, il n'y pensait pas plus ensuite que
LORD MACAULAY XXXIX l'autruche, ditsôn, ne pense à ses œufs, une fois qu'elle les a poudus.
« Nos affoctueux-compliments à Mrs. Macaulay et à Tom. Dites, je vous prie, à ce dernier que le veneur ou valet de la meute de Childe-Hugh est positivement mort des suites de sa chute dans la chaudière où. il fait bôuillir la pâtée des chiens. S'il était, comme on nous l'a dit, l'instrument de la vengeance de-sir Hugh, c'est une rétribution providentielle, Je suppose que: le poëte y trouver la matière d'un second chant. Je désire qu'il corrige l’autre et me l’envoie lisiblement écrit. Dites-lui encore que j'ai diné chez M. David, qui doit diner ici vendredi. Je lui ai appris quel champion de sa cause il'a dans Ton, et lui ai lu la fable de Tom que je renvoie ei-incluse:
ü À vous, mon cher monsieur, bien sincèrement.
« H, Mont, »
« Barléy-Wooë, 7 août 1812, »
L'éditeur de cette lettre eroit que le Ghilde-Hugh dont il est question devait être le héros de quelque poëme du jeune Macaulay, que «on père avait euvoyé à miss Hannah More, Il ajoute encore que l'enfant poëte ne fut pas mis à l'école de Westminster, mais confié à M. Preston, révérend ecclésiastique qui tenait un pensionnat à Shelford, près de Cambridge. Ce fat pendant une de ses vacances qu'il fit à Hannah More la visite qui fournit à la poétique institutrice les détails nouveaux contenus dans la secotide lettre,