XL LORD MACAULAY
à laquelle manque lé millésime. Deux années devaient s'être écoulées depuis la première, ce qui faisait du jeune Macaulay un adolescent de quatorze ans. ;
« Mon cher monsieur,
« Je’voulais faire écrire Tom aujourd’hui, maisil sera très-occupé avec un camarade favori, et, vu.que je n’aurai pas le temps demain, je vous griffonne quelques lignes. Cet ami est un enfant très-sensé qui suit l’école de Woolwich et se destine à l’artillerie; J'ai entendu un débat qui s’étaitélevé entre eux sur la comparaison du prince Eugène et du duc de Marlborough, considérés comme généraux.
-« La. masse de lecture que Tom a versée dans ce. débat, et la masse. d'écriture qu'il en a fait sortir, sont étonnantes. C’est en vain que j'ai essayé de lui faire adopter l’avis de sir Harry Savile, que les poêtes sont les meilleurs écrivains après ceux qui écrivent en prose. Nous avons eu de la poésie pour le déjeuper, le diner et le souper. Il a récité tout le poëme de la Palestine, pendant le déjeuner, à notre pieux ami, M. Whalley, sur ma demande, et il s’en est acquitté incomparablement bien. Sa délicatesse en un point m'a beaucoup plu. Vous savez que les poëtes italiens, comme les poëtes français, se laissent aller à la profane habitude d'attester l’Etre suprême; mais, sans aucun avis indirect de ma part, toutes les fois qu’en lisant Tom trouve ce nom sacré, il le passe révéren-