‹ Œuvres diverses de Lord MacaulayChapitre 35 sur 46 · L : - L : + * … L ol : . : ee e FR · texte numérisé non relu

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Francis Atterbury, qui occupe un rang éminent dans l'histoire politique, ecclésiastique et littérairé de l’Angleterre, naquit en 1662 à Middleton, paroisse du comté de Buckingham, donit son père était recteur: Francis fut élevé à l’école dé Westminster, et porta de là au collége de Christ-Chürch un fonds d'instruction qui, quoique réellement peu considérable, fut exploité par lui dahs sa vie avec une ostentation si intelligente; que les observateurs superficiels lui attribuèrent un savoir immense. A l’université d'Oxford, ses talents, son goût, son esprit hardi, dédaigneux et impérieux, le: mirent bientôt én évidence. Ce fut à Oxford qu'il publia; âgé de vingt ans, son premier ouvrage, une traduction en vers latins du beau poëme de Dryden : Absalon et Achitopel. Le style et la versification du jeune étudiant n'étaient ni le stylé ni la versification du siècle d’Auguste. Il réussit mieux dans ses compositions anglaises. En 1687, il se distingua parmi plusieurs hommes de mérite qui écrivirent pour la défense de l'Eglise d'Angleterre, alors persécutée par Jacques If et calomniée par des apostats qui avaient déserté vénalement sa communion, De tous ces apostats, aucun

n'avait plus d'artifice ou de malignité que Obadiah Walker, qui était principal (master) du collége de l’université, et qui, sous le patronage royal, y ayait établi: une presse pour publier des brochures contre la religion officielle. Dans un de ces écrits, composé, il paraîtrait, par Walker lui-même, Martin Luther était fort maltraité. Atterbury entreprit de défendre le grand réformateur saxon et s’en acquitta d’une façon singulièrement caractéristique. Quiconque étudiera sa réplique à Walker sera frappé du contraste entre là faiblesse de tout ce qui appartient à l'argumentation ou à la défense, et la vigueur de tout ce qui appartient à la rhétorique et à l'agression. Les papistes furent si. irrités des sarcasmes et des invectives du jeune polémiste, qu'ils crièrent à la trahison, et l'accusèrent d’avoir par induction appelé le roi Jacques un Judas. Aprèsla Révolution de 1688, Atterbury, quoique élevédans les doctrines de la non-résistance et de l’obéissance passive, s’empressa de prêter serment au nouveau gouvernement. Bientôt après, il reçut les ordres sacrés, prêcha de temps-en temps à Londres avec une éloquence qui étendit sa réputation, et eut l’honneur d’être nommé.un des chapelains du roi. Mais il résidait habituellement à Oxford, où il prit une part active aux travaux universitaires, dirigea les études classiques des sous-gradués de son collége, et fut le principal conseiller et coadjuteur du doyen Aldrich, théologien. connu surtout aujourd'hui par ses publications musicales, mais renommé-parmi ses contemporains comme. érudit, tory et. dévoué. à la haute Eglise anglicane. C'était la coutume d’Aldrich — coutume très-peu judicieuse — d'employer les jeunes gens les plus distingués

de son collége à éditer des ouvrages grecs ou latins: Parmi les jeunes gens studieux et de bonne volonté qui, malheureusement pour eux, se laissèrent engager à devenir des maîtres en philologie, an lieu de se contenter. d'apprendre eux-mêmes, était Charles Boyle, “fils du comte d'Orery et neveu de Robert Boyle, le grand philosophe expérimental. La tâche assignée à Charles Boyle fut de préparer une nouvelle édition d’un des livres les plus indignes d’être édités. C'était une mode, parmi les Grecs et les Romains qui cultivaient la rhétorique comme un art, de composer des épitres et des harangues sous le-nom de quelque personnage éminent. Quelques-uns de ces ouvrages apocryphes sont fabriqués avec un talent et un art si ingénieux, qu'il faut toute la sagacité de la plus haute critique pour ne pas les croire des ouvrages originaux. D'autres sont si faiblement et si grossièrement exécutés, qu'ils ne sauraient en imposer à un écolier intelligent. Le meilleur modèle de ce genre parvenu jusqu’à nous est peut-être le discours pour Marcellus, imitation si parfaite de l'éloquence cicéronienne, que Cicéron luimême l'aurait lue avec ‘surprise et plaisir. Le pire échantillon est peut-être une collection de lettres attribuées à ce Phalaris qui gouvernaiït Agrigente plus de trois cents ans avant l’ère chrétienne. L'évidence extérieure et intérieure contre l'authenticité de ces lettres est accablante. Lorsque, dans le quinzième siècle, elles sortirent de leur obscurité avec beaucoup d’autres productions plus estimables, elles furent proclamées apocryphes par Politien, le plus grand érudit de l’Italie, et par Erasme, le plus grand érudit de ce côté des Alpes. Par le fait, il serait aussi facile de pérsuader d

8 | ATTERBÜRY.

à tin Anglais lettré qu'tt dés chapitres du Médeu#Q ie

Raiblér) de Johnson fut l'œuvre du héros Wallaëë, que de pérsuadér à un homme tel qu'Erasme qu'uté pédantesqué composition, écrite dans le stylé de l'attt eisme artificiel dû temps dé Julien, fut une dépéché

royalë ékrite par un astucieux et féroce Doriéhs qui

faisait rôtir dés hommes vivants, plusieurs dtinées avait

‘qu'iléxistät un voluine de prose dans la langue gréeque. |

Mais, quoique le collége de Christ-Chürch pût sévantér d'avoir de bons latinistes, de bons écrivains arigläis, 8t üñ plus gfand nottibré d’häbiles homiies du ronde

rs qiaucun dés autres établissements dé l'ünivérsité, 41

n’y aväit pas alors dans le collégé un seul homimié ca pable de faite une distinction entre l'énfäncéet 1lé-déélit dé là littérätute grecque. En effet, si supérticiél était |

le Savoir des maîtres de vé collége célèbre, qu'ils furent charmés par un essai que publia sir Willianr Temple à li louange dés äiciens auteurs. 11 sémiblé aujourd’hui étrange ‘que, iême les services”éiinénts de Templé

comme homme d'Etat, st popularité méritéé et la grâce déson-stfle dient préservé une si futile composition dit iñépris universel. Entré autres chosés absurdes,* sir.

Williatr disait que les Zpitres de Phalaris étaient lés

pluë äicieñnes et les méilléures lettres du monde: Tout

ce qu'écrivait Temple attirait lâtténtion, Des personnes

qi N'avaient jamais oui parler des Epitres de Phalaris

comiméiicèrent à défnatider ce” ‘que cé pouvait être. Aldfich, qui nesavait guère dé grec, récut là leçon dé

Teinple qui n’en stvait pas un mot, et chärgéa Boyle de.

préparer une édition nouvelle de ces ‘coitipositions adthirables, dévenies tout àcoupl'obj etd'utiintérétuniversel ap ds étrérestées Si léifgtemps plongées gr nan,

mio préparée avec le concours d'Atierbury qui était lé répétiteur de Boyle, ét de quelques autres mémbres du collége; fut ee. que l’on pouvait attendre dé gens qui s'abaissaietit à éditer un pareil-livre. Les tôles étaient dignes du texte { la version latine digné de lotiginal grec. Le volttme eût été oublié äu bout d'un Mois, sans un malentendu qui étlata entré le jeune éditeur et le plus grand érudit quient }

Europe dépuis la renaissance des lettres, … Bentley. Le matusotit était sous li gardé de Bentley *.

Bôÿle désira le collationner. Un libraire brouillon li dit que Béntléy avait refusé de le. prèterç ce qui était. faux il ajouta que Bentley avait parlé dédaigneusement des lettres attribuées à Phalaris et des critiques qui s'étaient laissé mystifier par une pareille falsification; ce qui était vrai, Boyle, très-piqué; remercia - Bentley dans sa préface par un cofhpliment amèremént ironique sur sa courtoisie. Bentley se vengea par une disseftation, dans laquelle il prouva que les Æpitres de Phalaris étaient apocryphes et la nouvelle édition tout à fait sans valeur; mais iltraita Boyle persoinellement avéc civilité, come fin. jeune homme. de. grandes . éspéräncés, qui méritait des éloges par son amour de là science; et digne d’avoir de-meilleurs maîtres.

. Ilest peu d’épisodés de la vie littéraire plus extraôidinäires que la tempête soulevée par cette petile dissertation.. Bentley avait traité Boyle-avec indulgence, mäis il avait traité le éollége de Christ-Church avec

4 R. Bentley était conservateur (library-keeper ) de la biblio- | thèque Saint-James, qu’il avait aires à enrichir de us) de mille volumes.

mépris, et les élèves de-Christ-Church, en quelque dieu qu'ils fussent dispersés; étaient aussi attachés àileur collége qu’un Ecossais à son pays natal,ou qu'un jésuite à son ordre. Ils avaient une influence considérable:Ils. dominaient à Oxford, étaient tout-puissänts dans les Cours de justice et à l’Ecole de chirurgie, au premier. rang dans le Parlement et dans les cercles littéraires et fashionables de Londres. Leur cri unanime fut l'honneur du collége devait être vengé, que l’insole 1 pédant de Cambridge devait être terrassé. Le pauvre Boyle était incapable de se charger d’un pareil exploit, etilse récusa. Ce fut donc à. son maître, Atterbury, que fut dévolu le rôle de CR PR du Iso OR de Christ- Church. | 4 Ni La réponse à Bentley, qui no le nom de: Boyle, ; mais qui, par le fait, n'est pas plus l'œuvre de: Boyle { que les Æpîtres, cause dela querelle, n'étaient dePha laris, n’est plus lue qué des curieux,.et probablement. ellene sera jamais réimprimée; mais.elle eut son jour | de popularité bruyante. On la trouvait: non-se | dans le cabinet des gens-de lettres, mais: sur les tables. des plus brillants salons de Soho-Square et. de Cov Garden. Même les beaux et les coquettes dusi Wildair et les lady Lurewells, les Mirabellon cet Âo8! Millamants!, se complimentaiéent réciproquement sur la manière-dont un pédant docteur de Cambridge avait été plaisanté par le jeune gentleman doué d’une érudition si facile et qui écrivait avec tant de grâce et d'i- SE ii sur le dialecte de PSIMuS, le mètre anapeste, les

' Personnages Le comédie , iypes des beaux et des coqueltes du temps, ”

AXTERBURY. 124 talents de Sicile et-les coupes de Thériclée. Disons-le, les applaudissements de la foule: étaient mérités. Ce livre,est véritablement le.chef-d’œuvre d’Atterbury et donne une plus heureuse idée de ses qualités-ittéraires qu'aucun des ouvrages auxquels. il. a mis son nom. Sans doute.il avait tort sur.la question principale et sur toutes les questions accessoires. qui s’y rattachaient ; sa connaissance de la langue, de. la littérature et de l'histoire. des, Grecs n’égalait pas celle que maint rhétoricien porte aujourd'hui chaque année à Cambridge ou Oxford; quelques-unes même de, ses bévues d’écolier semblent plutôt: mériter les étrivières qu'une réfutation : tout cela est vrai, et c'estaussi. justement pourquoi-sa composition est au plus haut degré intéressante pour un lecteur lettré. Elle est. bonne, parce qu'elle-est excessivement mauvaise. C’est l'exemple le plus extraordinaire qui. existe de l’art de faire beaucoup avec peu, L'intendant de l’avare..de. Molière dit qu'il n'est pas difficile de. faire un bon diner avec beaucoup d'argent; le grand. cuisinier est.celui qui peut.vous faire un. superbe banquet sans aucun, argent. Que Bentley eût écrit une excellente dissertation. sur la chronologie et la géographie anciennes, sur le, développement de la langue- grecque et sur l’origine, du théâtre grec, iln'y a là rien d’étrange. Ilest.vrai que le champion. de Christ- Church avait tout leconcours que pouvaient lui apporter les plus célèbres mémoires de ce collége, Smalridge lui fournit quelques. heureux. traits d'esprit ; Friend et d’autres, de l’archéologie.et de la philologie très-mauvaises. Mais la plus grande partie .du volume était dAfterbury tout seul, et ce qui n’était pas de lui avait été revisé et retouché par lui; bref, l'ensemble porte le

122 attenabar

cachet de son esprit, esprit inépuisable pour les res sources de la controverse et familier avec tous lés aps tificés qüi dorinent a faux un air dé vérité, à l'ignos rancé tn air de science: Atterburÿ avait qu'un: péû d'or, mais il savait si bien le battre, si bien le réduire

à la plus mince feuille, il l'éténdait sur une sivasté

surface, que ceux qui le jugéaient par leur rs À éouÿÿ d'œil et ne consultaiént ni les balatces; : pièrre de touche, pouväieñt se figuréf qu'il mt üh précieux trésor dé lingots massifs. Trotivait-il dés, arguments, il lés exposait sous le jour 16 plus favorite ble. Là où lés arghments lui manquaient ; il avaitree couts aüx personnalités, = quelquefois sérieux; plus généralement plaisant, toujours ingénieux et mordant. Mäis soit qu'il fût gravé ou gai, soit qu'il r'aisonnidt du raillat, son style était toujours put, poli, faciles 0. L'esprit de parti était alors violent ; cepéndänts quoi | que Bentley fût classé parmi les wligs; et qüoidié lé 1 collégé de Ch#ist-Church fût une citidelle du torysiiès whigs et toriës se. mirent d'accord pour applatdir du . volume d’Attérbury. Le poëte Garth-insülta. Bentléy et exälia Boyle dans-des vers qu'on ne cité plus 4ujoute d'hui que pour eu rire. Swift, dans sa Pataille- dés livres, introduisit plaisaramient Boyle, couvert d'unetatmure, présent des dieux, et guidé par Apollon; sous la forme-d'un ioite] äini dotit lé noïn, laissé ér blâne, pouvait être facilement deviné. Ce jeune hommes bien équipé et sibien escorté, obtient une facilé ét toire sûr son atitägoniste oïgueilleux et discourtbis. Bentley, cependant, ävait pour lui la constienee duñié supériorité iféontéstäble et les suffr ages du: petit nomibre des juges sg dut « Jamais écrivain, ve -

noblemetit et justéinient, né fut battu que pdr sa propre plumé. » 1} passi deuf äns à préparer une réplique qui né tesséra pas d’être louée et admirée tant qué la littérature grecque sera étudiée dans tin éoin du moñdé:

Cette réplique prouva non-seulement que les épitres attribaéés 4 Phalaris étaiéht apocryphés, mais encore -qu'Atterburÿ, avec tout son esprit, touté son éloquence et tonte son adresse datis l’art de la controverse, était le plus audacieux faux savant qui eût jamais écrit sur ce qu'il he comprenait pas. Mais Attérbury fut parfaitement indifférent à cette réplique : il était, lorsqu'elle pärut, engagé dâns tüne disputé sur des questions bien

autrement importantes et irritantes que lés lois de Za-,

leucus et celles de Charondas, La räâge des factions rèligieuses était à son plus haut paroxysme. La haute Eglise et la basse Eglise divisaient la nation. La grande majorité du clergé était du côté de la haute Eglise, la majorité des évêques du roi Guillaume inelinait vers le latitudinarishie. Une querelle éclata entre les deux partis à propos de l'étendue dés pouvoirs de la Chambre basse de ce Parlemerit écclésiastiqie qu’on appelle { Convocation. Atterburÿ se porta à l’avañt-garde des champions de la haute Eglise: Ceux qui auront’ctudié impartialement l’ensemble de sa carrière ne seront guère disposés à lui attribuer un zèle religieux bien sincère; rais il était par nature un véhément batäilleur pour la cause de toute corporation à laquelle il appartonait, Il avait défendu l'authenticité d’un livre apo-

érsphe, uniquement pürce que le collége de Christ:

Ehürch avait publié une édition de ce livre. Il se déclara de même pour le clergé contre le pouvoir civil,

uniquement parce qu'il était ecclésiastique, et pourle simple prêtre contre les évêques, parce qu'il était alors un simple prêtre. Quoi qu'il en soit, les prétentions dela classe à laquelle il appartenait furent soutenués pardui dans divers traités écrits avec beaucoup d'esprit, d'a dresse, d’audace et d’acrimonie.-Dans cette secondecon= troverse comme dans la première, iltint tête à desanta= goistes qui avaient du sujét. en litige une connaissance bien supérieure.à la sienné : mais, dans cette séconde. controverse comme dans la première, il en imposa à la multitude par la hardiesse de ses assertions, par Je sai | casme, par da déclamation et surtout par’ son-talent spécial pour mettre en relief uné petite érudition.de manière à la faire paraître très-grande. Ayant. su se faire passér aux yeux du monde pour un ‘éruditiclas= sique plus fort que Bentley, ilsut encore $e faire passer pour un théologien plus fortique Wake ou Gibson: La majorité ecclésiastique le regarda comme lé plushabile et le-plus intrépide tribun qui eût jamais défendu ses. droits contre l'oligarchie de la prélature-2La - Chambre basse de la Convocation jui vota des remêrs : ciments, l’université d'Oxford lui décerna Je diplôme. de docteur en théologie, et, peu de temps après l’avé= nement de la reine Anne au trône, lorsque les tories avaient la principale inflæence dans le See re © il fut promu au décanat de Carlisle. SE -

Peu de temps après qu’il eut obtenu cette Érooé ecelésiastique, le parti whig l'emporta sur le parti tony. IlLne pouvait attendre aucune faveur du premier, et six ans s’écoulèrent avant qu'il se fit un changement dans : le sens du second. Enfin, en l’année 1740,-laperséeution de Sacheverell provoqua une violente explosion de- |

Br

fanatisme anglican C'était.une circonstance, pour. remettre. Atterbury. en.évidence ; son. dévouement à son corps, son.caractère turbulent et ambitieux; ses. rares talents pour la controverse et pour l'agitation lui firent de nouveau jouer un rôle signalé. Ce fut lui qui rédigea en grande partie cet habile-et..éloquent discours que lethéologien aceusé prononça à.la;barre de la Chambre des lords, et qui forme,un singulier contraste avec l'absurde et grossier sermon qu'on. avait imprudemment honoré, d'un. acte, d'accusation. Pendant les mois de trouble et d'inquiétude qui suivirent le procès, Atterbury figura parmi les plus actifs de ces: pamphlétaires qui enflammèrent la nation contre le ministère whig et le Parlement whig, Quand le ministère eut été changé et le Parlement, dissous, les récompenses Jui furent prodiguées.. La Chambre basse. de la Convocation ecclésiastique l'élut son prolocuteur; la reine le nomma. doyen du collége de Christ-Church à la mort d’Aldrich, $on protecteur.et.son ami. Le collége eût préféré un gouverneur plus doux ; cependant ce nouveau chef fut reçu avec tous les honneurs d’usage. Une harangue de félicitation en latin lui fnt adressée dans le magnifique vestibule de l'édifice, et Atterbury.répondit par la déclaration de.son ardent attachement au vénérable collége où il avait fait ses études, sans ou

4-Henri Sacheverell füt suspendu pour trois années dé ses fonctions de prédicateur de l'église du Saint-Sauveur, de Londres, à la suite. du procès qui lui avait été .intenté par le ministère. Ses. sermons semblèrent séditieux et molivèrent cette condamnalion, qui augmenta sa popularité dans le parti tory. Par son téstament, il légua 500 livres sterling à Atterbury, dont il-avait été le condisciple-et l'ami à Oxford.

blier même les eomplients gratieux pour céux qu'H allait présider. Mais il n’était pas dans sa nature d’êtré un gouvèrneut paisible et équitable. Lé chapitre de Garlisle avait élé laissé par lui déchiré par des querelles intérieures. Il trouvait Christ-Church eh paix : trois mois ne s'étaiént pas écoulés que son caractère déspotique et brouillon fit à Christ-Church ce qu'il avait fait à Carlisle. Son successeur comme doyeï füt à Carlisle comme à Christ-Church l'humain et accompli Smalridge, qui se plaignit doucement de l’état où il lüi avait laissé ces déux successions. « Atlerbury me précédé; disait-il, ét et tout en feu. J'arrive après lui ävee un seau d’eau. » Les ennemis d’Atterbury prétendirent qu'on le fit évêque parce qu'il était trop marivais doyen: Sous son administration, Christ-Church fut eh confusion; de scandaleusées.altercätions eurént lieu, des paroles d’injure furent échañigées, et tout sembla faire craitidre que 18 grand collégée tory ne fût ruiné par le g'änd doetetr tory. Atterbury fut bientôt promu à l'évêché de Rochester qüi était alots toujours cumulé avec le décanat de Westminster. Dé plis hautes dignités pañäiséaiént lui étre réservées, car, quoiqu'il y eût dé plus grandes capacités sur le bané des évêques, il .n’én-étäit aucune qui l’égalât pat le talent parlémentaife où qui en approchât. Si son parti était resté aü pouvoir, il n’est pas improbable qu'il eût été élevé à l’archevêché de Cantorbéry. Plus là perspective qu'il avait dévatit lui était brillatite, plus il avait rdisoti dé redouter l’avénement d'une famille bien connue pouf être partiale en faveur des ‘whigs. Il y a tout lieu de croire qu’il était un de ces politiques qui espéraient pouvoir, pendant la vie de la reine Anne, préparët #i

AÏTERBURY . A4#7 biëti lés élibées, qu'à sa miôit il sébait fäcilé de mettfe dé-côté l’âcte qui avait substilüé Guillaume à Jacques, et d'appeler 16 Phétendanit aù trône. La mort soudaine dè la feiné tonfonidit les projets de ces conspirétéurs. Atterbufy, qui avait tous 168 couragés ; voulait que ses confédérés proclamassent Jacques at il offrait d’accompagher lés hérauts d’äfmés en Gone épiscopal. Mais il trouva les plus braves de son parti irrésolus, et il s'écria , dit-on, non sañs des interjections pêu convénables- dans‘ boëbhe-d'ah pèré de l'Eglise; que la püsillänimité avait perdu la Meilleure des causes ét là plus précieuse ‘dés bécdsions. Acquiéstant à ce qW’il

Waväit pu empêcher, il prêt serment à la maison de Hanovre. Le jouf du couronnermënt À officia avéé

toutes les apparences d’un zèle sincère, ét’ chéréhà à sè

éttre bien dans les bünnés grâcés de là dynastie nouvêlle ; mais sa Servilité fut accueillié avec an froid dé-

1 Lord Stanhopé explique parfäitément le‘dotible jeu de certaitié membres du parti jacobite et les espèces de capitulations de ton: science qui permettaient à quelques- uns de jurer fidélité aux deux dynasties, parfois du consentement de la dynastie exilée, & Tel est, en ai peur, dit lord Stanhope, l'inévitable résultat d'un serment imposé par un gouvernement pour sa sécurité, Des etémplés de ce genrene sont que trop communs dans tous les pays. Le serment prêté au, roi Georges n’excluait pas tons lésjacobites du Pârlement. Be-ser: ment prêté au roi Louis-Philippe n'exclut pas tous les .carlistes des Chambres fränçaises. Bien plas, l'esprit de faction peut dénaturer s si bién lés vrais principes qu'uñe telle vivlälion de 14 bonne foi n'esl päs Seulement excuséé, mais mème louée par le pafti qu'elle sert. Ainsi,donc les jacobites approuvaient leur ebef, M. Shippen, «te C eus patriote, disaient-ils probablement, qui a eu le courage de

ntre sa conscience RE servir la bonne cause: » (Lord Stausé ; Hislorÿ of Englana, t. {1j Évidemment, ce qu'on di sait dë “. Hi où dual te tré hitkès d'Altérbtirs.

128 AFFÉRBURY.

dain. Il n’est rien qui excite la rancune d'un homme orgueilleux comme de s'être humilié en vain. Atterbury devint le plus factieux et le plus opiniâtre des ennemis. du gouvernement. A la Chambre des lords, son éloquence vive, piquante, lucide, ornée de toutes les grâces-du débit et du geste, arracha l'attention et l’admiration même d’une majorité hostile ; quelques-unes des plus remarquables protestations conservées dans les registres de la pairie furent son-œuvre, et dans quelqués-uns de ces pamphlets qui exhortaient les Anglais à défendre leur pays contre les étrangers venus:.d’au delà les mers pour le piller et l’opprimer, les.critiques reconnurent aisément son style. Quand éclata la rébellion de 1745, il refusa. de signer le manifeste par lequel les évêques de la province de Cantorbéry proclamaient leur attachement-à la succession protestante. Il s’occupa d'intrigues électorales, surtout à Westminster, où ses fonctions de doyen lui donnaient une grande. influence. Il fut enfin fortement soupçonné d’avoir orgahisé.une espèce d'émeute pour empêcher les éleeteurs whigs d'exprimer leurs votes. - Après avoir été indirectement en communication pendant longtemps avec la famille exilée, il commença, en 4717, à correspondre directement avec. le Prétendant. La première lettre de cette correspondance existe, et dans cette lettre Atterbury se vante d’avoir, depuis des années, saisi’toutes les occasions de.servir la eaüse jacobite. « Ma prière de chaque jour, dit-il, est pour le suecès de votre cause. Puissé-je assez vivre pour voir ce succès et cesser de vivre le jour où je devrai renoncer à y concourir! » Il faut se souvenir que celui qui écrivait ainsi était un homme tenu par

devoir à donner l’exemple dé la plus stricte probité - à l'Église dont il était un des dignitaires; qu'il avait mrêté plusieurs fois serment à la maison de Brunswick, qu'il avait figuré parmi les prélats qui placèrent la couronne sur la tête de Georges Ier, et qu'il avait abjuré Jacques III, « sans équivoque ou réserve nn. sur la vraie foi du chrétien. »

- Ilest agréable de passer de la vie publique d’Atter- Pury à sa-vie privée. Son esprit turbulent, fatigué par “les factions et:les trahisons, avait de temps en temps besoin . de-repos;-ilsle-trouvait dans les douceurs du foyer doméstique:et: dans la société des illustres morts ou des:illustres vivants. On'sajt peu de chose de sa femme 1 ;-mais entre sa fille et lui existait une affection singulièrement étroite et tendre. Tel était le charme de ses manières quand il était en compagnie de quelques amis, que la chose ne semblait guère croyable à ceux qui ne le connaissaient que. par ses écrits et ses discours. Ce charme x été célébré-par nn de.ses amis

en vers impérissables. Quoique le savoir elassique d’Atterbury ne fût pas très-étendu, il avait un goût parfait pour ce qui était de la littérature anglaise, et son admiration du génie était assez vive pour faire taire ses antipathies’ politiques et religieuses. Son admiration

1 Le Biographical Dictionary de Chalmers nous apprend qu’Atterbury avait épousé miss Osborn; une parente (quelques-uns disent une nièce) du duc de Leeds, avec une fortune de 7,000 livres sterling. Elle avait aussi une réputation de beauté. Alterbury n’était encore que simple prêtre lorsqu'il fit ce mariage. Il perdit sa femme en 1722: elle l'avait rendu père de quatre enfants, dont. un seul lui survécut, le second, qui entra comme lui dans les ordres. Sa fille, Mary, épousa M, ne

LUS CATTERBERT:

pour Milton, l'ennemi mortel des Stnaris-etrde: étés anglicane, semblait un erime à plus d’un tory, La triste nuit où Addison fut inhumé dans la chapelle.de Henri. NH, les choristes de Westminster remarquèrent qu’Atterbury lut le service mortuaire avec une émotion et une solennité particulières: C Cependant les compagnons favoris du grand prélat tory étaient, comme on pouvait bien s’y attendre, des hommes qui avaient au moins quelque teinte de torysme. Il était lié. d'amitié avec Swift, Arbuthnot et Gay. Avec Prior, cette amitié fut intime jusqu'au jour où quelque mésintelligence-sur les affaires publiques finit par la rompre.Pape trouva dans .Atierbury noneseulement un-admirateur, mais encore un fidèle, franc et judicieux conseiller. Le-poëte fréquentait le palais épiscopal -sous les ormeaux de Bromley, et ne.soupçonnait guère que son hôte, au déclin de,ses années, eloué.sur son fauteuil par la goutte, et.en apparence voué à la littérature, prenait une part active à des complots eriminels et Rois ee contre le gouvernement. 34 Les événements de 1715 avaient abattu le courage des jacobites; il se releva en 1721. L’avortement du projet de la mer du Sud, Ja panique sur le-marché financier, la ruine de maisons de commerce importantes, la détresse dont.ne fut exempte aucune province

+ du royaume, avaient produit un mécontentement gé-

néral.. I ne paraissait pas improbable qu’en un tel moment une insurrection püt réussir, Une insurrection fat préparée : on devait barricader les rues de Londres, surprendre la Tour etla Banque, arrêter le roi Georges ayec sa famille, ses principaux ofliciers el ses conseillers, êt proclamer le roi Jacques. Ce.complot vint à être D

AFEERBERY 431

du due d'Orléans, régent de France, qui était en termes d'amitié avec la maison de Hanovre. Le régent avertit le gouvernement anglais, qui se tint sur ses gardes. Quelques-uns des principaux mécontents furent emprisonnés, et, dans le nombre, Atferbury: Aueun évêque de l'Église d'Angleterre n'avait été mis en arrestation de-

.… puis lé jour mémorable où les prières et les applaudis-

sements de tonte la ville de Londres avaient suivi les sept évêques jusqu'aux portes de la Tour. L'opposition conçut un moment lespérance qu'il -serait- possible d'exciter parmi le peuple quelque chose eomme l'enthousiasme de ceux qui se jetèrent dans les eaux de la Tamise pour implorer la bénédiction de Sancroft, On exhiba à l’étalage des magasins des portraits du confesseur héroïque dans sa prison; on chanta-dans les rues des couplets à sa louange; on‘ représènta l’interdiction qui lui avait été faite de communiquer avec ses complices comme une cruauté digne des cachots de l'inquisition. D’énergiques appels furent adressés aux ecclésiastiques. Toléreraient-ils timidement qu'une si ssière insulte fût faite à un membre de l'Église, et | quel membre ? au plus habile, au plus éloquent de tous, à celui qui avait si souvent défendu leurs droits contre le pouvoir civil ? Le laisseraient-ils traiter.comme lé plus vil des hommes? L'émotion fut profonde, mais

elle fut calmée par une lettre pleine de modération à

l'adresse du clergé, œuvre probablement de l’évêque Gibson, en grande faveur auprès de Walpole, et qui devint bientôt après ministre des ‘affaires Ca rat À Et

4 Lord Sianhope, dans son Histoire Abgteberre, sou ici : « La

Atterbury resta étroitement gardé pendant quelques mois. H avait si prudemment entretenu sa correspondance avec la famille exilée, que les preuves à l’appüi de l'accusation, suffisantes pour produire une conviction morale, ne l’étaient pas pour justifier une conviction légale, Il ne pouvait être atteint que par un bill spécial de pénalité. Le parti whig, qui dominait décidément dans les deux Chambres, était tout à fait disposé à voter ce bill. Plusieurs membres ardents de ce parti rappelaient le précédent qui avait eu lieu dans le procès de sir John Fenwiek, et parlaient de livrer la tête de l’évêque au bourreau. Cadogan, qui commandait armée, brave soldat, mais’ politique exalté, s’écria, dit-on, avec véhémence:: « Livrez-le aux lions de la Four. » Mais à Walpole, plus sage et plus humain, il répugnait toujours de verser le sang, et son influence

fermentation du public fut encore augmentée par le bruit (trop bien fondé, je le crains) du rigoureux traitement qu’on faisait. subir au prisonnier dans la Tour. L'évèque lui-même dans sa défense put dire: « J'ai souffert de telles rigueurs, de telles insultes, qu'il y avait de a quoi briser un caractere plus résolu et un tempérament plus fort « que ceux dont le ciel m'a doué. J'ai élé traité avec plus de sévérité «et d’indignité qu'on n’en a jamais fait subir, je crois, à un prison- « nier d'Etat de mon rang et de mes fonctions, aussi âgé et infirme « que je le suis, » On l’encourageait à écrire des lettres à sa famille et à ses amis; on l'autorisait du moins à le faire, et non-seulement ces lettres étaient ouvertes, mais encore on y puisa des arguments contre l'accusation. On le priva même de sa seule consolation, celle de voir sa fille chérie sans témoins, et ce ne fut qu'après bien des difficultés qu’on lui permit de préparer sa défense avec son gendre, M. Morice. Tout ce qu'on lui envoyait à la Tour était fouillé avec soin : on ouvrit même quelques pâtés de pigeons. « C’est la première fois, « dit Pope, que des pigeons morts ont été soupçonnés de porter des « messages. » :

ATTERBORY. 133 prévalut. Quand lé Parlement s’assembla, les prèuvés contre le prélat furent soumises à des comités des deux Chambres. Ces comités firent un rapport qui déclarait les preuves de l'accusation acquises. Dans la Chambre des communes, une résolution, votée par deux voix contreuné, le déclara coupable de trähison. Un bill fut alors rédigé, tendant à le condamner à êtré privé dé ses dignités spirituelles et à ètre banni pour la vie. Une clause interdisait à tout sujét anglais d’avoir aûcune commumication avec lui, excepté par uné autorisation royale.

Ce bill passa à la Chambre des communes presque sans opposition, car l'évêque, quoique invité à se défendre lui-même, réserva sa défense pour l’assemblée dont il était membre. Le débat. fut-vif à la Chambre des lords. Le jeune duc de Wharton, célèbre par’ ses talents, ses débauches et sa versatilité, parla en faveur d’Atterbury et produisit une grande sensation. Atter: burÿy lui-même prit la parole et se fit entendre pour la, dernière fois à cette. assemblée ‘hostile qui l'avait si souvent écouté avec-un mélange de haïne et de plaisir, nl fit entendre quelques témoins dont les dépositions ne pouvaient . guère lui être utiles. Parmi éux était Pope, qui fut cité pour prouver que, pendant ses visites au palais épiscopal de Bromiley, lévêque s’oceupit si complétement de littérature -ou de ses affaires domestiques, qu'il ne lui restait pas le loisir de conspirer. Mais Pope, qui n’avait nulle habitude de parler éñ public, perdit la tête, et, comme il l’avoua depuis, fit déux ou trois bévues, dt il n'eût que quelques mots à dire.

Le bill fat voté enfin par une majorité de quétre-

vingt- rois voix contre quarante-trois. Les évêques, un ÿ

1% ATFERBURY.

seul.excepté, votèrent avec cette majorité !, Cette conduite leur attira une parole amère de lord Bathurst, ami chaud d’Atterbury et tory zélé, « Les sauvages indiens, dit-il, ne font aucun quartier à l’ennemi vaincu, parce qu'ils.ont la croyance qu'ils hériteront de l’habileté et du courage de la victime!» Peut-être pourrait-on expliquer par cette croyance J’animosité des réyérends prélats contre leur collègue. :

Atterbury prit congé de ceux qu'il aimait avec une di-

gnité ef une tendresse de sentiments digne d’un homme

meilleur. Il répétait souvent trois vers de son poëte favori :

Some natural tears he dropped, but wiped them soon : The world was all before him, where to chuse His place of rest, and Providence his guide ?.

En partant il fit présent à Pope d’une Bible, et dit

{ Rien ne semblail prouver qu'il eût existé une correspondance entre Atterbury et le Prétendant et ses adhérents; les lettres saisies avaient pour signatures des noms fictifs, et entre autres Jones et I1- ‘lington: Qui’ était Jones ? qui était Ilington ? Mais on parlait de tout, à ce qu’il paraît, dans cette correspondance, et même d’un petit chien nommé Arlequin, donné à la femme de l'évêque par le comte de Mar et qui, s'étant cassé la jamhe, avait été confié aux soins d'une Mrs. Barnes qui fut interrogée, et qui, ne supposant pas que le pauvre Arlequin pût compromettre personne, déclara naïvement à qui il appartenait. D'où l'on dit qu'Atterbury avait été ‘trahi par un chien. Swift ne put résister au plaisir de tourner cet incident en ridicule. *« Cette horrible conspiration, dit-il (en parlant du procès d’Atter-

bury), qui fut découverte par un chien français, lequel fit ses aveux autant qu'un chien peut avouer en aboyant, et puis signa sa déposition avec sa patte de chien. » Cette anecdôle’ a été racontée dans toutes les histoires et les mémoires du temps. Lord Slanhope ne l'a pas négligée. :

2 Ce sont les trois avant-derniers vers du. Paradis perd; mais,

ATTERBURY. #35 dec uh mañqüe de sincérité dont ne se fût pas réridu

— coupable tin hômmé qui aurait étudié là Bible et bôn

chrétien : « Si vous äppreréz jamais qe j'âie eu quel-

düé communication avec le Préténdant, je vous pernets de dire que ma condamnation ést jüste. 5 Pôpe éroÿäit eñcore alors que l'évêque avait été injustement condamné {, Arbuthnot semble avoir été dé la ème + Vera s : s $ > wi Lin DAS QUE L ) soit paï Attétbury, soit par lord Macaulay, lé téxlé dé Milloi est 16gèrement altété, lé pronom singulier étant substitué au pronont-plu-

-riel.. Voici le sens de la citation-appliquée à-Atterbury:: à.

- 1 Versa quélques pleurs, ais essuya sés years" Mi.

LAS, 3 Devant lui tout entier s’ousrâit le monde immense, …

H pouvait y choisir sa halte, et dans les cieux, Por y guider ses pas, était la Prôvidence,

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