LE
! Lord Slanhope ne cite poiut cette phrase des, adiéux d'Attérbury
"à Pope. Quel intérêt avait l'évêque de Rochester à passer pour com-
plétement innocent.aux. yeux de Pope; qui n'était pas, comme çatho-lique, très-dévoué à la maison de Brunswick ? Les paroles attribuées
-leï à, Alterbury pourraient bien ävoir été dénaturées comme cellés
qu'il avait encore, disait-on, échangées avec Pope au sujet dé éette inême Bible, et qu'on citäit volontiers dans le parti whig pour réprésenter malicieusemeut un théologien-jacobite comme un déiste. Du reste, Voici comment cetle conversation entre Pope et Alterbury est
rapportée dans le Biographical Dictionary, qui prétend que le poële
limême l'avait racontée ainsi à lord Chestérfield : « Moh ami, al- ‘tendu mes infirmités, mon grand âge et mon éxil, il n'est pas probable que nous devions nous revoir, Acceptez cette Bible pour qu'elle vous serve à vous souvenir de moi: emporlez-la, et, croyez-moi, failes-en voire quide,.— En faites-vous le vôtre ?— Oui.— En. ce cas, mylord, c'est depuis peu. Permetlez-moi de vous demander par quellés lumières nouvelles ou par quels arguments vous avêz sur de ivre une
autre opinion que celle que, ous aviez dans la’ première partie, de
ve
votre vie. .» L'évèque répondit: « Nous n'avons pas,le temps de par-
ler.de ces choses; mais emportez Je livre,-j!y grois, je "us reeom mande d'y érojre vous-même, et que Dieu vous bénisse! » Rien d'ail-
opinion. Swift, quelques mois plus tard, dans son Voyage de Gulliver à Laputa, tournait amèrement en ridicule les témoignages qui avaient satisfait les deux Chambres duParlement. Bientôt, cependant, les amis les plus partiaux du prélat exilé cessèrent de protester de son innocence et se contentèrent de déplorer | et d'excuser ce qu'ils ne pouvaient défendre. mie
Après un court séjour à Bruxelles, Atterbury avait fixé sa résidence à Paris, et-là il devint en quelque’sorte le chef de tous les réfugiés jacobites qui y étaient.réunis. Il fut invité à se rendre-à Rome par le Prétendant. Ce prince tenait là son semblant de cour, sous la protection immédiate du pape, Mais Atterbury sentit qu'un évêque de l’Église d'Angleterre né serait guère à sa place au Vatican. Il refusa l'invitation. La correspondance entre le maître -et-le serviteur était continuelle : on reconnaissait pleinement tous les mérites d’Atterbüry;"on recevait avec égard tous ses avis, et il devint cé que Bolingbroke avait été avant lui, le premier ministre d’un roi sans royaume ‘. Mais le nouvéau favori éprouva ce qu'avait éprouvé Bolingbroke., qu'il.était aussi difficile de conserver l'ombre du pouvoir.sous un roi errant et mendiant qüe la réalité du pouvoir à Westminster. Re Jacques n ’eût ni territoire, ni
leurs, ajoute le Biographical Dictionary, n'indique que l'évêque Atterhury aït jamais manqué de foi ou entrétenü un doute rélativemént à la vérité du christianisme. Ses aélions et ses écrits nous és voir en lui, au contraire, un croyant convaincu.
1 Par une coïncidence remarquable, en “débarquant à Calais, Atterbury apprit que lord Bolingbroke, ayant obtenu Je pardon du roi Georges, y arrivait de Paris pour rentrer en Augleterre. « C’est donc un échange de prisonniers, » dit-il,
| cm Font he nee a IE mn mn u . Fe “E= gr # EX
revenus, ni armée, ni.marine , il y avait plus de factieux et. d'intrigants parmi ses courtisans que parmi ceux de son héureux rival. Atterbury s’aperçut.bientôt
que. ses conseils étaient peu suivis, ou. même reçus
avee défiance. Son orgueil fut. profondément blessé, Il quitta Paris, fixa sa résidence à Montpellier, abandonna la politique et se. dévoua, exclusivement aux lettres. Dans le cours de la sixième année de son exil, il fit une maladie si sérieuse, que sa fille, elle-même d'une santé très-délicate, . résolut de brayer tous les risques pourle voir.encore une fois. Ayant obtenu une autorisation du gouvernement anglais, elle s ’embarqua pour Bordeaux, mais elle y arriva dans un tel état qu ‘elle ne put continuer le voyage.que par bateau ou.en litière. En dépit de ses infirmités, Atterbury partit de Montpellier pour aller à sa rencontre, et.de.son côté la pauvre femme, avec une impatience, trop souvent. le symptôme d’une fin prochaine, se mit en route au-lieu de l’attendre, etsansécouter les personnes de son entourage qui la suppliaient en vain de ralentir son voyage : «Toutes les heures sont. précienses, leur répondaitelle, je ne veux plus que revoir mon père et puis mourir..». Elle le rencontra à Toulouse, lembrassa, reçut de,sa main le pain et le vin de la communion, remercia. Dieu qui leur permettait de passer un jour ensemble avant de se séparer pour toujours en ce monde, et elle mourut.cétte-nuit-là même. .
Il fallut longtemps à Atterbury, malgré son ferme courage, pour se relever après un coup s si ernel. Aussitôt
qu'il. crüt être un.peu rétabli, il redévint ardent à la
lutte; car le chagrin qui rejette les natüres douces
dans la retraite, l'inaction et la contemplation, surex- 8,
| Er rat On fit Re rrnrm rte ffcobite,. etr évêque, : sans trop se laisser prier, “révint à Paris pour y redevenit lé niinistre fantôme d'urte moe | narchié fantôme, Mais st lorigué vie troublée touchait à son terme. Jusqu'à la fin, éepéndañt, son intelliénce | consérviä toute sa Verve ét 8 igueut. Ilapprit, la net . vième année de-son exil, qi'il dvait été accusé par OI mixon, un des déshonnètes et méchaïts écrivaillétirs sauvés de l'oubli par /a Duncinde de Pope, ( | concert avec d’autres ccélésiastiques de Chr st-Chuféh, trénqué Re de la Rébellion de lord Clarendon. L'accuéation, en éé qui concernait Attérbüry, n'avait pàs le moinidré fondement, “Car ilh'élait pas tin dés CAE. ouvrage, et il ne l'avait vu que lorsqu'il'avaît RÉ pritaé. ü pablis une justification, courte, mais “qui, daps soñ genre, est un modéle lurineüx, modéré, digne. Il envoya au Prétendant tm exemplaire dé cét opuseule avec une lettté pleine de hüblessé et de grâce : «En justifiant l'Histoire du comte de Clrendon , disait le viéillard, j'avoue avoir été tenté de dire amssi quele que chose bêcr défendre Soh étrdetère et à conduité, ; et particulièrement pour feponééer cé réprôche qu'on “oi fit d’ avoir conseillé au roi Charles 1 de gagnerses ennémis et dé négliger ses dtnis! Conseil fanestés 4 ne donna certainement jimais, qhoiq l'en vess cruèllement les. effets, -sacrifié : par ‘sôn Sir pate 4 à ceux qu'on né trouva "pas trés-utilés
2 PR À per “gr em: = = DONS mo SOUS CR US CS
ATTERBURY . 139 cause... Péut-êtré n'avez-vous pas enténdu dire, site, que lord Clarendon fyt, dans l’histoire anglaise, la preinière persontie bañnie pär üh acte du Parlement, avec cette. cläise Spéciale : que ‘quiconque correspôndrait àvec lui serait souris à ime peine, et même à la peine de mort. Permiettez-moi d'ajouter que je suis le second exeniplé d'un sujet ainsi traité et que je serai peutêtre le dérnier, paisque les auteurs d'ün décret'si cruel sémblént én être aujourd’hui honteux. Ayant l’honneuï de ressembler À lord Clarendo par ines souffrances, je voudrais avoir pu lui réssembler par mes services ;
mais c’est Ce qui ñe m'à pas été possible. jé puis, ilest
vrai, mourir en exil, pour avoir protesté comine Jui ét faveur de la cause royale, mais je vois qu'il ne me reste aujourd'hui d’autres moyens. de- cop à Le soutenir‘. »
. Quelques jours après avoir écr it cette lettre, Atterburÿ mourut. Ikvénait en sa PNA RU Lo à
; année,
- Son Corps fut. tran£ÿorté en Añglétérie. ét. asbas secrètemerit sous la ef de l’abbaye de Westininstér. Trois porte-deuil seülément suivirent. le ééréüeil
“Aücuihé inscfiption n’indique lé tombeau Il west grière à regretter qué l'épitaphe, par laquelle Pope hônor Ja méuivire dé son mu ne paraissè pas sur. les