XIV LORD MACAULAY
des poésiés des frontières de l'Ecosse, par lesquellés l’auteur de la Dame du Lac préluda aux épopées populaires qui le firentsurnommer l’Arioste du Nord #.
En quittant Cambridge couronné des lauriers académiques, Macaulay se destinait, encore comme Walter Scott, à la profession du barreau; mâis, tout en suivant les cours de Lincoln’s-Inn, il écrivait dans les Revues et Magazines, tels que l’Efonian et le Quarterly Magazine de Knight. Il ne fit son début dans la Revue d'Edimbourg qu’en 1826, par son article sur Milton.
Ce brillant essai le classa tout d'abord au premier rang des essayists, et il me sera permis. de m'y arrêter un moment pour ces deux raisons : que je lui dois la connaissance personnelle de l'éminent écrivain, et que je crois pouvoir réfuter une assertion répétée quelquefois en Angleterre : qu’il regréttait de l’avoir écrit. L’Afhenœum du 14 janvier a été jusqu'à dire que lord Macaulay en était honteux (ashamed). Si cet article-ne fut traduit et inséré dans la Revue Britannique qu'au mois de juillet 1844, vingt ans après qu’il eut paru dans la Revue d'Edimbourg, c’est, comme je l’expliquai alors, qu'en 1826 notre Re— vue, dirigée par M. Saulnier, son fondateur, et qui n'existait que depuis un an, avait publié un article sur le même sujet; mais, vingt ans plus tard, il était permis de ne plus craindre quelques redites, et
A] 1 C'esl aussi le vœu qu’exprime l'éditeur de Once a Week, journal hebdomadaire auquel nous empruntons cette anecdote.
LORD MACAULAY, Xv
la réputation de lord Macaulay äutorisait ün tiouveau, directeur à remplir ce qui lüi semblait uné lacune regrettable dans une nouvelle série du recueil où avaient été successivement publiés les beaux ar ticles.sur Bacon, Machiävel, etc. Ayant fait moimême celte traduction, je la fis parvenir à l’auteur anglais dont la lettre est trop élogieuse à mon égard pour être citée textuellement ici, mais qui n’exprimäit aucün regret, puisque j'étais remercié surtout dé la fidélité-scrupuleuse -de:la:-vérsions: Comme, entre äutrés paroles aimables, était le désir de faire la conraissance personnelle du traducteur, et que justéinent je me rendais à Londres quelques jours après, ‘je m'embressai de profiter d’une invitation que j'avais désirée sans doute, et je fus d'autant mieux accueilli que je me présentai sous les auspices d’un où deux amis communs parmi lesquels j'aime à citer le savant'et spirituel bibliothécaire des affaires étrangères, M. Dumont. Naturellement, dans cétte première entrevue, 1! fut question de Milton et de l’article sur Milton: M: Macaulay alla au-devant dé ma question en déclarant qu'il tenait à. cette composition de sa jeunesse, comme on tient à un début heureux, et qu'il n’y changerait pas un mot en le réimprimant avec ses autres Essais, quoiqu'il dût avouer que s’il avait à le refaire 1l adoucirait quelques expressions un peu vives qui àäv@ient pu paraitre une apologie du régicide, dont Milton s'était constitué l'avocat, expressions qui heureuse-