‹ Œuvres diverses de M. le baron Auguste de Staël: précédées d'une notice surChapitre 42 sur 51 · DU CONSEIL D^TAT. HO · texte numérisé non relu

DU CONSEIL D^TAT. HO

a eus, mais de ceux qu'elle pourrait avoir un jour ; on opprûpe la minorité , parce que ,' devenue majorité , elle serait oppressive à so» tour^ Voilà , certes , une étrange prévision. Non seu* lement nous repoussons un tel raisonnement, mais nous croyons injuste l'allégation sur laquelle il se fonde. Jamais , nous l'espérons , des chrétiens évaogéliques ne refuseront à des hommes, leurs frères et leurs semblables, la liberté de conscience qu'ils réclament pour eux-mêmes; jamais ils n'oublieront que leur divin Maître a dit à ses disciples: JSe jugez point ; afin de n'être point jugés, et qu'il a promis la félicité éternelle à ceux qui sont doux et simples de cœur comme des en fans. Mais si nous devions être trompé dans notre attente ,' si jamais ceux que nous défendons aujourd'hui s'écartaient des préceptes de tolérance et de charité dont chaque ligne de ITÉvangUe est empreinte, nous prenons d'avance Rengagement de les combattre»

Nous touchons au terme dé la tâche que nous nous étions imposée. En accomplissant ce devoir pénible , une pensée consolante s'est toutefois offerte à nous; c'est que 1-empire de la justice et de la tolérance ne peut pas rester longtemps suspendu dans un pays aussi heureux et aussi moral que le canton de VawL Si le gouvernement a dévié <un instant des principes qui lut

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ont valu rattachement du peuple vaudois et l'estime des gens de bien dans tous les. pays, il y sera naturellement ramené par les hommes éclairés qu'il compte dans son sein- Si la majorité du clergé a eu le tort de chercher à étouffer un mouvement religieux qu'elle aurait dû .«?-' conder en le dirigeant par de sages conseils, elle ne voudra pas courir le risque de pousser au fanatisme , par la persécution, un zèle pur dans son principe , et dont l'influence bienfaisante a déjà ranimé plusieurs églises. Une douce et pure émulation s'établira entre les pasteurs de la majorité et leurs jeunes collègues; des esprits insensibles jusqu'ici à la haute importance des questions religieuses s'ouvriront à la vérité ; et , après quelques oscillations inévitables , on verra se rétablir dans le canton de Vaud, comme dans tous .les pays où le même réveil spirituel s'est fait sentir, une paix et une union d'autant plus durables, qu'elles auront pour base le sentiment chrétien et non pas le calme de la tiédeur. , ,

.11 ngift resterait à répondre à cette assertion banale du Mémorial catholique, que. le principe de la religion réformée est une source intarissable de divisions intestines. Mais cette question est trop vaste pour la traiter d'une manière pour ainsi dire accidentelle» et nous serons proba-

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blement appelé à en faire l'objet de quelques réflexions spéciales.

Nous remarquerons seulement ici que la discussion à laquelle nous avons dû nous livrer ne touche en rien au principe religieux de la réformation ; elle porte , d'une part , sur l'intervention de l'autorité civile dans des questions théologiques; et, de l'autre, sur la distinction fondamentale qui existe entre le christianisme professé comme croyance positive, et la religiosité philosophique, distinction inhérente à la nature ' même de l'esprit humain , et qui se retrouve dans le sein de l'Église romaine tout aussi bien que chez les communions réformées.

Quant au protestantisme vraiment évangélique , nous n'hésitons pas à le dire, aucune religion ne saurait offrir l'exemple d'une plus grande unité spirituelle. En vain nous objecterait-on le grand nombre de sectes que l'on rencontre en Angleterre et en Amérique; c'est le caractère distinctif de l'époque actuelle , que si jamais les sectes n'ont été attachées avec plus de ferveur à leurs croyances particulières, jamais aussi un accord plus intime n'a régné dans les coeurs sur les bases fondamentales de la foi chrétienne. Entrez dans l'enceinte où se rassemblent, à Londres, les diverses sociétés religieuses qui travaillent à répandre dans le monde entier les

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aïo de l'arrêté

lumières du christianisme, vous verrez l'anglican, le presbytérien, l'indépendant, le méthodiste , le morave, le quaker, l'anabaptiste réunis dans un même sentiment d'amour et de charité; vous verrez tous les yeux se mouiller de larmes au récit d'une mort chrétienne, ou rayonner de joie à la nouvelle du moindre progrès de l'Évangile sur les points les plus éloignés de notre globe. Voilà la véritable unité de l'Église , et non point cette unité factice et tout extérieure que le despotisme commande à la faiblesse ou à l'hypocrisie.

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