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prit d'exaltation et d'insubordination qui anime les sectaires dont il s'agit.
Le 9 avril i8a3, un ministre impositionnaire , qui avait été suffragant à Aubonne , ayant violé les défenses expresses qui lui avaient été faites d'avoir chez lui des assemblées prétendues religieuses , le Conseil d'État , qui l'avait d'abord suspendu de ses fonctions pour deux ans > a dû , pour récidive, le faire rayer du catalogue des ministres imposUionnaire* , avec Tordre de s'abstenir désormais de toute fonction ecclésiastique. Nonobstant cet ordre, ce ministre ex4mposititmnaire a encore tenu de semblables assemblées à Saint-Loup , Lausanne et ailleurs.
Un antre impositionnaire , qui était suffragant à l'Isle , entre autres actes qui ont provoqué à son égard la même peine , s'était rendu deux* fois à l'école de l'Isle , et s'y était comporté de manière à faire perdre au régent tout respect de la part des écoliers , en lui disant qu'il i/wtruisait les en/ans sur une fausse religion, sur la voie de Satan, qu'il était en scandale à son école, etc.
Cet impositionnaire avait de plus voulu se soustraire à l'autorité de l'académie ; il avait qualifié à* œuvre de Satan le catéchisme admis dans les écoles. Dès-lors il a continué de tenir des assemblées à La Saraz et à l'Isle : dans cette dernière commune , il a loué un local où l'on célèbre une espèce de culte public et régulier, et où l'on a vu un tailleur d'habits se permettre , le jour de la dernière fête de Noël , d'administrer le sacrement de la sainte Cène. Il a déclaré qu'il n'a pas quitté le service de la vraie église de l'Isle; qu'il n'a pas cessé de remplir les fonctions de pasteur de l'Isle , depuis qu'il n'y a plus son domicile. Sur des observations qui lui ont été adressées par M. le pasteur de l'Isle , il lui a répondu que lui pasteur annon-
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çait ope doctrine du démon. Enfin, ce ministre ex-impositionnaire a écrit que bien loin de pouvoir être sauvés par les œuvres, les hommes sont placés par elles sous la malédiction.
Un troisième impositionnaire a donné sa démission de sufFragant à Penthaz, démarche qu'il a motivée sur les abus qu'il prétend exister dans les institutions religieuses de l'Église nationale. Le Conseil d'État lui a aussi interdit toute fonction ecclésiastique dans le canton. Néanmoins ce ministre ex-impositionnaîre n'a tenu aucun compte de cette défense; il est allé à Aubonne, où il a formé des réunions religieuses , qui ont lieu aux mêmes heures que le service divin. Il s'est rendu dans le, domicile et auprès de personnes alitées et dangereusement malades , où il n'était ni désiré ni demandé , visite dont l'effet ne pouvait être que de troubler le repos et d'aggraver l'état de souffrance de ces malades. Sur l'observation que des enfans des écoles sont empêchés d'assister au service divin du dimanche, pour être conduits à ces assemblées, il a répondu que c'était chez lui et avec l'Église que ces enfans assistent au service divin. Enfin la municipalité d' Aubonne lui ayant fait le reproche de semer la division dans les familles , il a répondu en établissant le principe de la nécessité de cette division et le droit d'agir en conséquences
Divers symptômes annoncent que cet esprit d'insubordination tend à se propager. Dans certains lieux, des pères ont retiré leurs enfans des, écoles publiques pour les soustraire au mode d'instruction prescrit par la loi. Dans, d'autres communes , on a vu des enfans se dérober, par les instigations des sectaires, à l'autorité de leurs pare n s et des personnes chargées de leur instruction.
Enfin , sous la date du 24 décembre dernier, les trois
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ministres ex-impositionnaires dont on a parlé plus liant , ont présenté an Conseil d'État une pétition , dans laquelle ils annoncent leur résolution de se séparer de l'Église nationale, et de se constituer indépendans d'elle et des ordonnances qui la régissent. Ils disent que , « quelle que « soit la manière dont on les envisage , ils n'ont pas cessé « et ne cesseront pas d'annoncer l'Évangile; qu'il n'y a « aucun genre de sacrifices qu'ils ne soient prêts à faire « pour mettre à exécution cette résolution , etc. »
Il résulte des faits que l'on vient de rapporter, et de nombre d'autres* que l'on passe sous silence :
Que les principes qui dirigent la conduite des sectaires dont il s'agit , sont absolument subversifs de l'ordre social , tant sous le rapport de l'union dans les familles , que sous celui des institutions civiles et religieuses ;
Qu'ainsi ils tendent à relâcher le lien le plus respectable de la société , le respect des enfans pour leurs parens et pour les personnes chargées par la loi de les instruire ;
Qu'en préchant la doctrine que, non seulement les bonnes œuvres ne signifient rien, mais encore qu'elles placent les hommes sous la malédiction , ils détruisent la moralité des actions et proclament un principe également dangereux et funeste pour la société ;
Qu'ils ne font aucun cas des exhortations et injonctions qui leur ont été adressées de la part du gouvernement » et méconnaissent le respect et l'obéissance que les citoyens doivent à la loi et à l'autorité ;
Que , par leurs accusations continuelles contre les pasteurs et les paroissiens qui se conforment aux régies de l'Église , ils se sont placés dans un état d'agression visà-vis de l'Église nationale f
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Que ces sectaires ont établi , dans quelques lieux , un véritable culte public et régulier, qu'ils prétendent constituer d'une manière permanente et indépendante de l'Église nationale ;
Qu'enfin leurs chefs , tout en détournant ceux dont ils ont égaré l'imagination , de se rendre aux assemblées de l'Église nationale , cherchent , par tous les moyens en leur pouvoir, à faire des prosélytes, en contravention à la loi du 2 juin 18 10.
Leurs assemblées prétendues religieuses, où les chefs développent leurs principes dangereux , où ils décrient la religion de l'État, où ils se placent au-dessus des institutions civiles et religieuses du canton , où ils se permettent des actes et des discours qui tendent à troubler l'union des familles, ces assemblées illicites ont provoqué les désordres de divers genres , qui se sont succédé , sur différens points du canton, depuis deux ou trois ans. Ainsi des scènes scandaleuses ont attiré l'attention de l'autorité à Rolle , à Aubonne , à Vufflens-la-Ville , à La Saraz , à Pompaples et Saint-Loup , à l'Isie , etc. Le Conseil d'État a dû ordonner des enquêtes pour rechercher les auteurs de ces désordres répréhensibles; mais , en même temps , il s'est convaincu que leur cause était aussi un véritable et un grand désordre, et que ce ne sera qu'en la détruisant qu'on parviendra à empêcher des maux peut-être plus graves encore.
Tels sont, Messieurs, les faits et les considérations qui ont mis le Conseil d'État dans le cas de prendre des mesures pour rétablir le calme et la paix dans la société , qui est troublée par l'exaltation de quelques fanatiques, et peut-être aussi par les calculs intéressés de certaines personnes. Vous jugerez par là qu'il ne s'agit nullement
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d'inquiéter les consciences, les opinions religieuses de telle ou telle personne ,. non pins que d'entrer dans des . discussions tbéologiques; mais vous devez, en pourvoyant à la stricte exécution de l'arrêté qui vous est adressé , user de tous les moyens en votre pouvoir et de toute votre influence, pour le maintien de l'ordre public et de la paix religieuse.
Recevez , Messieurs , nos salutations ,
Le landammann en charge, F. Clavel.
Le chancelier, Boisot.