ACTE II, SCÈNE IV
OHDICALDO.
Mais à propos, mesdames, vous devez être fatiguées tet j'aurais dû commencer par vous offrir... (très haut.) Esprits, servez une collation à ces dames.
( Une table toute servie sort de dessons le théâtre.)
LUCINDE
Je ne sais oii j'en suis.
ORDICALDO.
Asseyez-vous, mesdames, et mangez sans crainte.
(Elles s'asseyent — A Fanchette qui reste debout.) Mademoiselle
Manchette, goûtez un de ces biscuits.
FAlfcHETTE , après en avoir goûté. v
Ah ! que les esprits font bien la pâtisserie!
ORDICALDO.
Mesdames, vous serait-il agréable d'entendre un peu de musique ? ( plus haut.) Esprits , de la musique pour ces dames.
(Morceau de musique d'instruments à vent, ou, s'il se peut, d'harmonica.)
FANCHETTE
Je voudrais bien voir les lutins qui font de si jolie musique.
ORDICALDO.
Mesdames , ce sont de très habiles gens , qui m'accompagnent toujours. Mais venons à l'objet qui vous intéresse particulièrement, (très haut.) Que cette table
disparaisse! (La table disparaît et Lucinde s'éloigne avec effroi.) Madame , je vous ai promis que mademoiselle votre fille aurait ici des maris à choisir; je vais vous tenir parole :
plusieurs vont se présenter successivement devant vous.
LUGINJDE.
Des sylphes, des esprits, monsieur?
ORDICALDO.
Non, des êtres très réels. (àHortense.) Je dois seulement vous prévenir d'une chose; c'est que, comme ils sont instruits d'avance par moi de vos perfections , ils vont arriver tout décidés à vous demander en mariage ; ainsi , -mademoiselle, ne soyez ni surprise , ni choquée, si leurs propositions sont un peu brusques. Pour commencer , j'évoque ici ce jeune cavalier qui était ce matin sur la place du village, et qui ^depuis quelques jours , paraît se plaire à vous observer.
HORTENSE , vivement.
Monsieur Henri!
ORD1CA.JLDO.
Oui , le secrétaire du marquis Aliprandi. II est encore en ce moment à rôder autour de votre maison ; mes lutins vont le transporter ici à l'histant même. Paraissez, monsieur Henri.
( Il donne un coup de baguclte , et le marquis sort par une trappe dn mîlieu du thë&lre et assis sur un banc de-verdure ombragé d*an berceau. — Ritournelle.)
HORTENSE et FANCHETTE.
C'est lui !
LIJCINDE.
Ce serait lui !