ACTE II, SCENE IX. i
RICHARD
Ah ! mon Dieu ! voilà tous mes diamants qui se trouvent faux!...
ORDIGALDO.
Vous, belle Hortense, quoique vous ayez refusé ma main, je sens que votre noble conduite mérite une récompense. Vous connaissez tout mon pouvoir. Qui désirez-vous que je fasse marquis ?
HORTENSE
Moi, je ne désire rien, pourvu que je reste avec ma mère, et que, sans me séparer d'elle^ monsieur Henri puisse être mon époux.
ORDIGALDO.
Par la vertu de ma baguette , je fais monsieur Henri marquis Aliprandi.
( Le marqnis montre soo ordre qu'il cachait. ) LES TROIS FEMMES.
Ciel !
ORDIGALDO, d'un air fat.
Voilà une opération qui m'a bien fatigué ( se reprenant ). Attendez donc! (à part.) Ne perdons pas la tête, (uèsbaut.) Par la vertu de ma baguette, je me transforme en un homme qui a mille ducats de pension.
LE MARQUIS , souriant.
Je garantis la métamorphose.
HORTEILSE.
Comment!
LE MARQUIS
Belle Hortense, vous. saurez plus tard par quels moyens très naturels se sont opérés tous les prodiges que vous avez vus. Je suis et je n'ai jamais cessé d'être le marquis Aliprandi. Venez à Salerne avec votre bienfaitrice, venez près d'un époux qui va cou* ronner vos vertus et reconnaître les titres des Guiscard vos aïeux.
HORTEWSE.
Quoi! excellence, vous étiez!... ( avec honte et tendresse. )
Ah ! monsieur Henri !
LUCINDE
£h mais! tout s'explique à présent, (montrant^éobald.) Voilà le roi de carreau ; le marquis est le roi de cœur, et monsieur (montrant Richard.)» qui se tient là tout seul, est le roi de pique.
FAFrCHETTE, àOidicardo.
Et le mari que vous m'aviez promis ?
ORBICALBO.
Il se présente^
FANCHETTE
Ce serait vous !
ORBICALBO.
Oui, je consens à t'élever jusqu'à moi. Cependant, sois-moi fidèle, ou par la vertu de ma baguette...
FANCHETTE
Va , sois aimable ; c'est la meilleure magie d'un mari.
ACT£ II, SCENE IX, i85