SCÈNE Vil
BRU, à Lapierre.
C'est bien, très bien, parfaitement bien.
( Lapierre tort. ) SOPHIE, à part.
Quel est cet homme ?
DRU
Pardon, monsieur, je vous dérange peutrétre?
SOPHIE
Monsieur, cette salle est à tout le monde.
DRU
Eh bien ! puisque je ne vou&gêne pas, je serai charmé , enchanté, ravi de causer avec vous.
C'est trop d'honneur.
DRU
Vous voyez, je suis sans façon, sans gêne, sans cérémonie ; je suis connu pour ça ; aussi tout le monde m'aime , me chérit , me considère.
SOPHIE , à part.
Quel ton !
DRU
Vous êtes de Paris ?
SOPHIE
Pas tout' à-fait.
DRU
J'y viens souvent, moi. Je descends toujours dans cet hdtel. C'est un beau pays que Paris, n'est-ce pas? c'est le pays du bon goût, du bon ton, des bonnes manièrés... Vous avez cru que j'en étais.^^ Eh bien! pas
3a LE VALET DE DEUX MAITRES,
du tout, c'est ce qui vous trompe. Je suis de Tours en Touraine. Mais j'ai auprès de Choisy une petite bicoque de cent mille écus , car j'ai toujours aimé la médiocrité.*. Auprès de Choisy, vous dis-je, voilà pourquoi j'ai pris un peu les airs, le costume et le ton...
De Tours!... une terre près de Choisy! ( à part. ) Mais monsieur Dru aussi...
DRtJ.
Belle terre*, ma foi! les plus beaux jardins! des meubles! Ah! des meubles! ils ne me coûtent pas cher, mais ils sont superbes. Parbleu ! il faut que vous me fassiez Thonneur de venir chez nous quand madame Dru y sera.
SOPHIE, à part.
C'est lui-même! quelle rencontre! (haat. ) Bien sensi* ble, monsieur... Vous êtes donc marié?
DRU
C'est comme si je Tétais.
SOPHIE , à part.
L'impudent! ( haut. ) Comment cela?
DRU
Je pars demain pour Nancy, où je vais chercher une veuve charmante, incomparable, qui m'attend.
SOPHIE
Qui vous attend?
DRU
Oui,