ACTE I, SCÈNE T
je vous aime trop pour ne pas me croire aimée.
d'anville.
Le moindre doute serait pour mon cœur une cruelle injure. Ah! croyez^ Julie, qu'il ne fut jamais d'amant plus passionné^ d'ami plus tendre et plus fidèle.
JULIE
Il me reste une crainte; je ne suis pas assez connue 4e vous; vous comptez sur mon cœur, et vous avez raison; mais j'ai des défauts, et je dois vous en prévenir, tandis qu'il en est temps encore»
d'awville.
Si vous en avez, Julie, avec tant d'esprit, tant de raison, il vous sera facile de vous en corriger.
JULIE
Eh!... n'y comptez pas trop, et convenoxis de nosL faits. J'aime le monde.
d'anville.
C'est de la reconnaissance.
JULIE
J'ai les goûts de mon rang et de mon âge.
d'anville.
Nous avons de la fortune ; mais vous savez qu'elle n des bornes et que le luxe n'en a pas,
JULIE
Je ne suis pas bien difficile ; Je ne demande presque rien :
Six chevaux, un coureur agile ,
Des laquais d'un brillant maintien; Élégantes voitures, Et nouvelles parures; Fêtes aux champs pendant l'été ; L'hiver, autres'plaisîrs dont je suis idolâtre; Une loge à chaque théâtre ; Bals et soupers pleins de gaité; Concerts, où maint chanteur habile A mon talent mêle le sien...
Je ne suis pas bien difficile; Je ne demande presque rien.
Parlons sans mystère ; Vous m'avez su plake , Et je vous préfère A tous vOiS rivaux, lia vive tendresse A vous voir sans cesse Trouvera des plaisirs nouveaux.
MjBâs point de jalousie ; Elle blesse , humilie.
Fiez-vousià ma foi; £t sans humeur, voyez chez moi Tous les aimables de la ville Dont je goûterai Tentretien...
Je ne suis pas bien difficile ; !
le ne demande presque rien.