ACTE II, SCÈNE XIV
d'an VILLE.
Mais je présume, madame , que vous venez voir votire charmante nièce, et je prends ma part du plaisir que vous lui faites.
LA BAROIfNE.
Votre plaisir sera court ; je la ramène à Paris ; ma voiture est là.
d'akville.
Yotre voiture?... Je vous den^ande pardon... mais elle n'y est plus.
JULIE
Vous yoyeï , ma tapte !
d'anVILLE, àlabaromi^.
J*ai pu croire , ^ans vous offenser , que vous nous faisiez l'honneur de rester ici.
LA BARONNE
Çt qui donc, je vous prie, a donné ror4re à mes gens?...
d'anville.
Cest moi , madame. J'ai l'habitude de commander chez moi ; mais j'ose assurer cependant que vous y serez obéie comn^e moi-même.
LA BARONNE
Il y parait.
d'anville.
Si vous l'exigez, je vais sur-le-champ faire atteler mes chevaux.
la baronne.
C'est tout ce que l'on vous demande.
23u L'AMANT ET LE MARI,
d'anville.
J'aurai pourtant quelque peine à vous laisser partir seule à cette heure; car vous le savez , ma chère Julie,
( avec tendrepte et fermeté. ) il est bien décidé que DOUS rcs-
tons.
JULIE
Ce procédé est indigne !
LA BAROJSTPTE.
Vous m'obligerez, monsieur le comte, à faire un éclat dont tout le blâme retombera sur vous* Je vous préviens que j'ai pris mes mesures ; je ne suis pas venue seule ici, et puisque vous ne rougissez pas d'avoir recours à la violence , je vais....
JULIE, l'arrêtant avec vivacité.
Ah! ma tante! ne l'exposons pas.. .
p'AirviLLi:.
Ma chère Julie! combien je suis touché de ce mouvement aimable! mon cœur en avait besoin.
JULIE
Il ne prouve rien , monsieur , que ma prudence.
d'anvïlle.
£t cette parure si simple qui vous embellit tant à mes yeux! Ne permettez- vous pas à mon amour d'en tirer un favorable augure?
J'ai donc le bonheur de vous plaire sous cet habit?
d'anville.
Vous ne filtcs jamais plus chère à nioix cœur.