‹ Œuvres diverses de m. RogerChapitre 182 sur 205 · LITTÉRAIRES · texte numérisé non relu

LITTÉRAIRES

Jeaw Racine naquit à La Ferté-Milon, le ai décembre 1 639 , de Jean Racuie , contrôleur du grenier à sel de cette ville, et de Jeanne Sconin, fille d'un procureur du roi aux eaux et forêts de Villers- Coterets. Sa famille , anoblie par l'accjuîsition d'une charge, avait un cygne dans ses armoiries; et certes , jamais armes parlantes ne se trouvèrent mieux justifiées. Orphelin de père et de mère à l'âge de trois ans, il passa sous la tutelle de son aïeul paternel, nommé aussi Jean Racine *, qui peu de temps après légua cette tutelle a sa veuve. Il étudia d'abord à Beauvais , puis à Paris au collège d'Harcourt , puis enfin à Port-Royal-des-Champs , où s'étaient alors retirés,' pour se dévouer à Dieu et à l'instruction de la jeunesse , l'avocat Lemaître , le

(i) Et non pas Pierre Sconin, comme Ta dît La Harpe, sur hi foi de Louis Racine , dont plusieurs erreurs de ce genre ont été rectifiées d'après des actes authentiques.

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docteur Hamon, Nicole, Sacy, Lancelot, auteurs de la Logique y de la Grammaire générale et d'autres ouvrages classiques, connus sous le titre de Méthodes de Port-Ikyfnal. Laacelot se chargea particulièrement d'enseigner le grec au jeune Racine. Avec le goût des bonnes lettres et des études sérieuses , ces immortels solitaires inspirèrent à leur élève ces principes religieux qui ne l'abandonnèrent jamais , et dont s'honorèrent , comme lui , sans exception , tous les grands écrivains , tous les grands hommes du siècle.

La docilité de Racine envers ses maîtres égalait son ardeur pour l'étude. Il se montra pourtant indocile une fois. On lui avait ôté des mains le roman grec de Théagène et Chariclée; il s'en procura un autre exemplaire, et l'apprit par cœur; puis, le remettant à Lancelot, il lui dit : Fous pouvez brûler encore celui-là. On excusa sans peine une désobéissance d'un genre si nouveau ; on n'avait pas à craindre qu'elle eut beaucoup d'imitateurs.

Son premier essai poétique fut la Nymphe de la Seine , ode qu'il composa pour le mariage de Louis XIV, et qui l'ayant fait connaître de Chapelain , arbitre passager des réputations littéraires et des grâces de la cour, lui valut cent louis, que Colbert lui envoya de la part du roi. Il reçut peu après une pension de six cents livres. Quatre ans plus tard, vers la fin de i663, une autre ode, la Re^ nommée aux Muses , composée à l'occasion de

l'établissement des trois académies^ lui mérita une seconde gratification royale ^ dont Tordre était énoncé avec cette grâce qui accompagne toujours les bienfaits des Bourbons. Cette ode , inférieure à la première y fut cependant plus heureuse. Récompensée y comme l'autre y par le roi , elle eut le bon-^ heur d'être critiquée par Boileau. Le poète désira remercier le critique; et ce fut là l'origine 'de cette liai&ôn intime , si honorable, si utile à Racine, et qui ne fut pas un des moindres avantages' que la fortune lui donna sur Corneille.

Un peu avant cette époque, Racine avait connu MoUère; il lui avait communiqué une tragédie de Théagène et Chariclée , tirée du roman pour lequel il s'était tant passionné à Port-Royal. Molière , n'en ayant point été content, lui donna le plan de la Thébaîd^ y ou les Frères ennemis^ sujet sur lequel on assure qu'il s'était exercé lui-même *. Cette pièce eut quelque succès. Alexandre ^ joué l'année suivante (i665), réussit complètement et montra de grands progrès dans la versification de l'auteur,, alors âgé de vingt-cinq ans; mais, hors les vers,

(i) « Plusieurs personnes ont entendu raconter à Montesquien « un fait qui passait pour constant à Bordeaux , d'après une an- « cienne tradition du pays; c'est que Molière, n'étant encore que « comédien de campagne , avait fait représenter dans cette ville une « tragédie de sa fa^n , intitulée la Thébaïde, dont le peu de succès « l'avait dégoûté de faire des tragédies. » ( OEuvres tle Racine^ édition d'Agasse, publiée en 18^7. )

rien dans ces deux ouvrages n'annonçait encore Racine. C'étaient deux faibles imitations de Corneille j (jLont 9 par un malheur a^sez ordinaire aux imitateurs y Racine n'avait pris que les défauts ^ c'est-à-dire la galanterie froide mêlée à l'héroïsme, les maximes oiseuses , les raisonnements métaphysiques et la déclamation. Corneille, à qui Racine lut SOU' jdlexandre y lui conseilla, dit-on, de ne plus faire de tragédies. Le même conseil fut donné depuis à Voltaire par Fontenelle après la lecture de Brutus. Il est heureux pour les lettres que ces conseils n'aient point été suivis. Voltaire y répondit en donnant Zaf/ie; Racine en donnant jindromaque.

Engagé jusque là dans une mauvaise route. Racine en prit tout à coUp une différente , inconnue peut-être à Corneille lui-même. Celui-ci avait étonné, enlevé le spectateur; son jeune rival chercha à l'émouvoir et à l'atjtendrir. La pitié lui parut un ressort tragique plus actif, plus étendu, d'un effet plus pénétrant et moins passager que l'admiration. Il étudia le cœur humain , ses passions , ses faiblesses, ses replis les plus secrets. C'est là qu'il découvrit un genre de tragédie tout nouveau , dont il offrit le premier, et probablement l'inimitable modèle, dans son Andromaque y celle de toutes ses tragédies qui, sans être la plus parfaite, produit le plus d'effet au théâtre, par l'expression énergique et vraie des sentiments et des caractères,

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et par l'heureuse alternative de crainte et d'espérance^ de terreur et de. pitié, dont le poète sait agiter nos âmes. La représentation à^ Andromaqufi ( 1667) fut suivie presque chaque année d'un nouveau chef-d'œuvre. Mais Racine surprit d'abord le public par une excursion dait^ le domaine de Molière.

Les Plaideurs^ imités des Guêpes d'Aristophane, sont une comédie d'une intrigue un peu faible; mais que de naturel, de vérité, de faciËté, de gaité! quelle foule de vers devenus proverbes! Mal accueillie d'abord à Paris (1668), la pièce réussit fort bien à Versailles. Les comédiens, tout joyeux du succès, vinrent, à leur retour, réveiller Racine au milieu de la nuit pour lui s^prendre cette bonne nouvelle. Le bruit des voitures à cette heure, dans la rue des Marais ^, fit croire aux voisins, et le lendemain à tout Paris , que la justice s'était vengée de l'auteur des Plaideurs en le faisant mettre à la Bastille. Cette plaisante méprise , et la connaissance qu'on eut bientôt du suffrage du monarque , ramenèrent à la comédie de Racine le bon peuple de Paris; et, depuis ce temps, la pièce est en possession de faire rire la Justice elle-même. U n'est pas vrai que les Plaideurs soient de plusieurs

(i) L'appartement occupé par Racine dan$ cette petite rue du faubourg Saint-Germain ^ Ta été successivement depuis parles deux tragédiennes qui peut-être ont le mieux joué ses chefs- d*œuvre, mademoiselle Lecouvreur et mademoiselle Clairon.

mains. Racine a pu recevoir de ses amis le motiT de quelques scènes, .et emprunter à quelques hommes de palais ^ quelques formules, quelques expressions étrangères à ses études habituelles ; mais l'enseipble , mais le tissu du style est trop parfait pour n'être pas d'un* seul et même écrivain.

Le succès dijindromaquey qui n'était comparable qu'à celui du Cid^ avait éveillé l'envie; peutêtre aussi avait-il rendu le public plus difficile. Bri^ tannicus fiii reçu froidement ( 1669 ) et se traîna péniblement jusqu'à la huitième représentation. On ne sentit point d'abord tout ce qu'avait cb vrai,, de profond,, de terrible ^ ce tableau historique du caractère et de la cour de Néron. Boileau^ presque seul, en^fut frappe; et^ courant embrasser Racine, il lui crîa devant tout le monde : Foilà ce que 'vous avez fait de mieux^ Ce grand critique ne fut pas seuleoient utile à Racine , en le louant; sa sévérité le servit encore mieux, en hii faisant supprimer deux scènes qui déparaient l'ouvrage : l'une entre Burrhus et Narcisse y au commencepcient du troisième acte^ Taùtre, qui ramenait Junie au cinquième en prisente de Néron 2.

Louis. Raeine, dont on apprend chaque jour à lire les Mémoires avec plus de défiance , parce qu'il

(i) M. de Brilhac, conseiller au Parlement, et même Tiliostre Xiamoignon.

{7) Édition d^Agasse, t II, p. SâS et 424.

mue les a émts que sur des ouï-dire, raj^rte que « ces vers de la dernière scène du quatrième acte :

Pour toute aiiib\tion , pour vertu singulière y n excelle à conduire un char dans la carrière , A se donner lui-méine en spectacle aux Romains^

«cfir^it une vive impression sur Louis XlVy qui <x crut y voir une censure de sa conduite, et que, « dès e^ moment, il <|uitta l'habitude où il ëtaitde ic figurer dans les ballets qûise donnaient à sa cour^ 9 Il est très poi^ible que Louis XIY ait réfléchi, à propos de ces vers^ sur le peu de dignité qu'il.y Avait à danser en public; mais qu'il les ait crus dirigés contre lui , et surtout que Racine ait jamais eu la pensée de les lui appliquer, c'est ce qui est contraire à toute vraisemblance. Ces vers sont si naturellement placés dans la bouche de Narcisse, ils sont si conformes à l'histoire , ils vont si direc-^ tement au but de la scène, il était si impossible qu'ils ne s'y trouvassent pas , qu'il serait superflu de supposer au poète d^alitres intentions que des intentions purement dramatiques , quand même il ne serait pas ridicule et odieux d'imaginer qu'il ait songé le moins du monde à Louis XIV, en parlant de Néron.

A Britannicus succéda Bérénice. Ce fut à la sollicitation de la célèbre Henriette d'Angleterre, belle-sœur du roi , que Racine et Corneille traitèrent tous deux, et à l'insu l'un de l'aut^, ce sujet

si peu fait pour la scène. Outre le plaisir de voir lutter ensemble deux illustres rivaux*, la pritlcesse s'en promettait secrètement un autre , dans la peinture de la séparation héroïque des deux augustes amants ^. Trois mots de Suétone : invitus im^itam dimisity voilà tout le fonds de la pièce , fonds bien léger, travail ingrat dont Boileai», s'il n'eût été absent, aurait détourné son ami , et dont Corneille vieilli ne prévit pas le danger bèaucôupplus grand encore pour lui que pour Racine. Les deux Bérénice furent représentées sur la fin de 1 670, ceUe deComeille au Palais- Royal^ par la troupe de Molière; celle de Racine, à l'hôtel de Bourgogne. Corneille tomba. Racine eut trente représentations de suite, honorées des larmes de la cour et de la ville. Le grand Condé ré-* pondit un jour par ces deux vers de la pièce aux critiques qu'on en faisait devant lui :

Depuis cinq ans entiers chaque jour je la Tois, Et crois toujours la voir pour la première fois.

On a dit , et de très zélés admirateurs de Racine ont avoué , que Bérénice n'était pas une véritable trar gédie. Tragédie ou drame, qu'importe le titre qu'on lui donne, pourvu que l'on convienne que c'est

(i) L'infortunée ne fut point témoin de cette lutte. Une mort prématurée ravit cette princesse au monde dont elle était Tomement , aux lettres dont elle était Tappui.

(2) On sait qu'elle-même avait mis un frein à son penchant pour Louis XIV. •

un miracle de l'art, et qu'il n'y a jamais eu dans aucune pièce un plus grand mérite de difficulté vaincue? Quant au style ^ écoutons comme en parle l'auteur de Zuïre : « Voilà sans doute la plus faible « des tragédies de Racine qui sont restées au théà* « tre ; ce n'est pas même une tragédie; mais que de <x beautés de détail ! et quel charme inexprimable a règne presque toujours dans la diction ! Pardon- .<( uons à Corneillp de n'avoir jamais connu ni cette « pureté, ni cette élégance; mais comment se peut- « il faire que personne, depuis Racine^ n'ait ap^ <i^»proché de ce style enchanteur? »

Que sous les noms de Roxane et de Bajazet Racine ait eu l'intention de peindre la reine Christine de Suède immolant par jalousie son favori Monaldeschi, en xôSy, fdans .une galerie de Fontainebleau, ou qu'il ait simplement voulu, comme il le dit, transporter sur le théâtre les scèpes tragiques, alors presque inconnues , qui s'étaient passées au sérail en. i639, cela est tout-à-fait indifférent au mérite de la pièce.. Mais cela ne fut probablement pas étranger au succès de vogue qu'elle obtint ( 1 67 a). La nouveauté des mœurs e,t des costumes dut aussi piquer beaucoup la curiosité de spectateurs habitués à ne voir presque toujours sur la scène que des Grecs et des Romains. Voilà pour la multitude. Les connaisseurs, etBoileau àleui: téte,.acUpirèrent la force de la passion de Roxane y l'intrépidité

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calme ^Acomat ^ ; et œ sont ces deux vénlahles créations qui feront vivre k jamais Baj^Bzet, nakgpi^ ses défauts. Segrais raconte que Corneille, piaoé près de lui à hpremière représentation , l<ai<lit tout bas : ff Les habits sont à la turque, mais les carao- «c tères sont à la française*; je ne le dis qu'à vous, « pour qu^on n'aille pas croire que j'en parie par ec jalousie. » Non, personne ne l'aurait cru; non, Comdlle pouvait faire hautement oe reprodie aux caractères de Bafazet et ^Atulide; 3 était trop juste pour fétendre aux autres personnages. Boileau trouva le style de cette tragédie négligé. La sentence est sévère; mats il jugeait Sajazet par comparaison avec les autres pièces de "son «ni; et puis c'était Boileau.

Mithridate y représenté pour la première feis en janvier 1673, est, suivant La Harpe, l'ouvrage où Bacine parait avoir voulu lutter de pbss près contre Corneille y en mettant sur la soèhe les grands personnages de Fantiquitéj tels qu'ils sont dans r histoire. 11 semble que ce désir de . lutter , si tant est que Racine Fait eu , s'était déjà manifesté àmks Britannicus avec non moins d'éclat, et que les admirables figures ^Ag^ippine et de Néron méritent d'être placées auprès dès personnages histori-

(i) VoUaîrc considère le rôle ^Acomàt comme un effort de

Vesprit humain.

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ques les mieux peints par Goraeilie, tout aussi bien au moins que MithridMe. Quoi qu'il en soit , le théâtre de Corneille offre peu de caraictères ptus grandement traces que le Mithridaie de Radne *^ On a reproché toutefois à ce poète d'avoir fait son héros amoureux^t jaloux. Corneille aussi a souvent commis une pareille faute , qui était un sacrifice au goût du temps. Mais ici'que cette faute est heureuse ! elle nous a valu Monime^ le rôle le plus parfait, le f^us touchant du théâtre de. Racine , et par conséquent de la scène française. Voltaire a dit que l'intrigue de Mithridate n'était autre chose que l'intrigue de l'Avare; on aurait pu lui répondre que l'intrigue de Zaïre n'est autre chose aussi que l'intrigue de Nanine. Mais qu'est-ce que cela prouve contré fes deux tragédies, si des moyens de comédie y sont traités noMement, tragiquement, et de manière à exciter l'intérêt et la terreur?

« J'avoue , dit Voltaire , que je regarde Iphigénie « ( 1674) conmie le chef-d'œuvre de la scène. Veut- <x on de la grandeur? on la trouve dans jéckilié; a mais telle qu'il la faut au théâtre, nécessaire, pascr sipnnée, sans enflure, sans déclamation. Veut- « on de la vraie politique? Tbut le rôle û^CHysse en ce est plein ^ et c'est une politique parfaite, unique-

(i) « De toutes les trft^^les françaises ^ dit Voltaire, celle qui « plaisait le {rftt»à Charles XII, c'était MMridatt ; et, quand on « la lui lisait , il marquait du doigt les endroits qui le frappaient « davantage.»

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«c ment fondée siir l'amour du bien public; elle est «adroite, elle est noble /elle ne discute point; elle <( augmente la terreur. Clytemnestre est le modèle du ce grand pathétique; Iphigénie celui de la simplicité (c noble et intéressante ; Agamemnçmr est tel qu'il « doit être; et quel style! C'est là je vrai sublime. » C'est à propos de cette pièce que l'auteur de Mérqpe s'écrie ailleurs : « O tragédie des trojgédiesl « beauté de tous lés temps et de tous les pajsl mal-- « heur au barbare qui ne^sentpas ton prodigieux à mérite! « Il y eut, pour le tourment dé Racine, un assez grand nombre de ces barbares y lors.de l'apparition de ce chef-d'œuvre , auquel pourtant une foule immense courait et pleurait chaque jour. On ne se contenta pas de le critiquer amèrement, et sous plusieurs formes ; on voulut lui opposer une autre Iphigéi^e, Celle-ci fut Jouée quatre ou cinq fois ; donnée d'abord sous le nom de Coras , elle fut revendiquée par Leclerc , très indigne confrère de Racine à l'Académie française. Coras , Leclerc , et leur Iphigénie, ne sont connus aujourdliui que par l'épigramme de Racine :

Entre Lederc et son «mi Coras,

Deox grands ajaleurs» rimant de compagnie ,

N'a pas long-temps, s'durdjrent grands débats

Sur le propos de leur Iphigénie,

Coras lui dit : La. pièce est de mon crû.

Leelerc répond : Elle est. mienne et non vôtre.

Mais aussitôt que la pièce. eût paru ,

Plus n ont voulu l'avoir fait l'un ni l'autre.

Vlphigéniede Racineétait réservée, dans le dix» huitième siècle, à un plus sanglant outrage. Un Luneaude Boisjermain*, un La Dixmerie*, conçurent ridée ide substituer à l'admirable récit di Ulysse tin dénouement en action ; et l'auteur de la comédie de VOracie et ^Arlequin au Sérail^ se chargea intrépidement, en 1769, de refaire le cinquième acte d'après le plan de ces réformateurs; il retrancha cent vers ; il en fit ou refit une douzaine. Ce sacrilège fut^sifHé; et la tragédie de Racine resta ce qu'elle était auparavant, c'est-à-dire un chefd'oefUTre.

Trois ans s'écoulèrent entre Iphigénie et Phè-' dre ( 1677 ). Les critiques dont l'une de ces tragédies av^t été l'objet, n'étaient qu'un faible essai des perséc\itions qu'on préparait à l'auteur ; le duc de Nevers et la duchesse de Bouillon , neveu et nièce dn cardinal Mazarin , ennemis de Racine , on ne sait pourquoi^ se déclarèrent d'avance, et sans pudeur,

(i) Auteur d'un commentaire sur Racine, qu*on croirait entrepris dads le seul dessein de rabaisser le mérite littéraire de ce grand poète, et même d'attaquer son caractère personnel; ouvrage à la fois inepte, et odieux, que La Harpe a pris la peine de réfuter d'un bout à Tautre avec toutes les forcés de sa raison , dans un commentaire^leiâ de goût et de savoir , dont Geoffroy s'est beaucoup servi , tout en le déjprimant , pour faire le sien qui n*en est pas moins à peu pires oublié.

(a) Lettres sur Vétai présent de nos spectacles,

(3) Saint-Foix-

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