CHAMBRE DES DÉPUTÉS
humblement les honneurs périlleux de Fimprovisation auxquels la proposition de M, Duhamel tend à nous condamner.
£n acceptant cette tâche, je ne m'en suis point dissimulé les difficultés; et celle qui résulte de ma position personnelle n'est peut^tre pas la moins embarrassante. En prenant la défense des discours écrits, je puis être soupçonné de plaider un peu dans ma propre cause et pour mes modestes foyers.. Vous le dirai-je, messieurs? les rôles me paraissent ici déplacés; la discussion serait, ce me semble, mieux engagée si , d'une part , la proposition d'in-^ terdire les discours écrits eût été faite par un député qui ne sût qu'écrire, et si, de Tautre, elle eût été combattue par un habile improvisateur.
Il en est, messieurs, tout autrement; c'est un député tout ému par le sentiment de sa faiblesse et par la crainte de vous déplaire, pouvant à peine lire d'une voix ferme son manuscrit, effrayé du seul aspect de cette tribune, qui vient disputer le droit exclusif d'y monter aux orateurs qui l'honorent le plus et qui n'en descendent le plus souvent qu'au milieu des applaudissements de la Chambre. Il faut en convenir, la partie n'est pas égale.
a Improvisez, nous dit-on^ improvisez; nous vous «le conseillons^ nous vous l'ordonnons. » Improvisez! le précepte est clair; Tordre est formel. Mais comment, en l'écoutant, ne pas se rappeler ce conseil donné, il y a quarante ans, par un grand sei-
Sga CHAMBRE
gneur à un poète qu'il protégeait , et dont les tragédies tombaient presque toujours. «Savez-vous, celui disait-il, la cause de vos disgrâces? c'est que « vous ne mettez pas dans vos pièces assez de vers « sublimes. Puisque le public en a le goût, que vous «en coûte-t-il pour le satisfaire? Remplissez-les de « vers sublimes; »
Messieurs 9 n'est pas sublime qui veut; n'improvise pas qui veut.
Exceptons, en effet, ces hommes qui ont eu le bonheur de s'exercer, dès leur première jeunesse, à l'art de parler, soit comme magistrats du parquet, soit dans la noble profession d'avocat, soit enfin dans les chaires de nos écoles; exceptons encore ce petit nombre d'êtres privilégiés, élevés dans des professions étrangères et souvent contraires aux habitudes oratoires, et qui pourtant, en dépit d'un axiome célèbre, ont déployé, dès leur début dans nos assemblées délibérantes, une éloquence dont ils étaient peut-être aussi étonnés eux-mêmes que leur auditoire; ces exceptions admises, combien, dans une assemblée quelconque, se trouve-t-il d'hommes à qui il soit donné de parler sans avoir écrit? Combien, au contraire, en avons-nous vu qui, profondément instruits dans les matières politiques ou administratives , et consommés dans l'art d'exprimer par écrit leurs pensées, n'ont jamais pu figurer dans une discussion orale ! Combien , dont les lumières ont été si utiles et ont jeté tant
de lustre dans nos délibérations, n'ont pourtant jamais osé parler à cette tribune redoutable qui appelle tous les regards et à laquelle on n'arrive que par un si long chemin !
Enfin, messieurs, parmi les orateurs en qui l'on à souvent admiré le talent de la parole, n'en serait-il point par hasard quelques-uns dont les improvisations n'auraient été qu'apparentes? Je n'affirme rien; mais, pour être improvisés, leurs discours n'étaient-ils pas trop parfaits ? S'ils avaient voulu nous faire illusion, n'y auraient-ils pas glissé quelques petites négligences bien arrangées? Et n'est-ce pas une preuve de leur bonne foi que ce rouleau de papier qu'on leur voyait à la main et qui semblait placé là en réserve, pour venir au secours de leur courage , comme une espèce de batterie masquée ?
Quoi qu'il en soit, messieurs, si les improvisateurs, vrais ou artificiels, avaient seuls le droit de monter à cette tribune, il est évident que l'immense majorité de la Chambre serait réduite à un silence absolu.
Mais, dit l'honorable auteur de la proposition, des notes pourront être consultées.
Nous demanderons d'abord ce qu'on entend par des notes. Peut-on en déterminer et la forme et la quantité? Peut-on en limitei; l'étendue? Permettrat-on une phrase tout entière? L'orateur pourra-t-il s'émanciper et aller jusqu'à la période? L'empêchera-t-on d'y jeter les yeux souvent et de les y
laisser long-temps? Et, s'il les lit de suite et sans interruption, quelque bonnes choses qu'elles contiennent, le fera-t-on descendre de la tribune? Non sans doute , messieurs, et vous êtes de trop bon goût pour ne pas pardonner une contravention qui tournerait au profit de la discussion , et peut-être aussi au profit de vos plaisirs; mais alors que devient le nouveau règlement ?
Ces notes ne seront-elles que des points de reconnaissance, des espèces de réclames ou de jalons destinés à aider l'orateur dans sa marche ? De telles notes, ou nous nous trompons bien, ne serviraient assurément qu'à l'auteur qui n'en aurait pas besoin. Quant à celui qui serait forcé d'y recourir, elles ne seraient pour lui qu'une cause de plus de trouble et d'embarras, et nous soufiririons devoir l'orateur intimidé, courant à la fois après ses idées et après ses paroles , et n'attrapant le plus souvent que la moitié des unes et des autres.
Accorder la faculté de consulter de pareilles notes, c'est donc ne rien accorder.
A la vérité, M. Duhamel borne l'interdiction des discours écrits à la discussion des chapitres y titres ou articles de lois ou de propositions.
Nous aurions trop d'avantages si, pour combattre ici notre honorable collègue , nous prenions nos objections dans la loi des comptes ou dans le bud^^ get. Il est évident que , dans ces deux lois , chaque ministère occupe un chapitre; que chacun des cha-
pitres contient plusieurs titres, chaque titre plu* sieurs articles ; et qu'il n'est presque aucun de ces chapitres, titres ou articles, qui soit susceptible d'une discussion purement orale et qui n'exige de l'orateur, même le plus habitué à l'improvisation , une prër paration écrite. Laissons donc cette partie de nos objections, afin de nous épargner le tort d'avoir trop raison. Venons aux autres lois et aux propositions. Qui devons ne sait, messieurs, que souvent toute une loi, toute une proposition est dans un seid de ses articles ? Qui ne sait que la suppression , que dis-je? la modification d'un article peut changer l'esprit, la nature et les effets de toute une loi ? Et l'on ne veut pas que cet article important puisse être discuté dans des discours écrits comme dans des discours parlés! Disons-le franchement, messieurs; c'est presque ici une question de conscience; c'est interdire l'accomplissement de son mandat à tout député qui , en acceptant l'honneur de siéger parmi vous, accepte aussi le devoir de dire ce qu'il pense, et comme il lui a été donné de le dire, pour porter le plus de conviction dans vos esprits. Ce serait la première fois qu'une assemblée délibérante aurait imposé à ses orateurs un mode exclusif d'exprimer leur pensée.
Notre honorable collègue s*appuie de l'exemple de la chambre anglaise où l'on ne connaît pas, dit-il, de discours écrits. Et pourquoi n'en connatt-on pas? Ce n'est pas assurément qu'ils y soient interdits par
ducun règlement; c'est tout simplement que Tusage n'est pas d'en faire ; c'est qu'en cela^ comme en mille autres choses, l'Angleterre, qu'on ala manie de nous comparer sans cesse, diffère de la France ; c'est que les Anglais n'arrivent pas,comme nous, à la chambre des communes après quarante ans, c'est-à-dire à un âge où il est bien tard pour commencer son éducation parlementaire; c'est que les orateurs parlent toujours de leur place et ne sont point intimidés par l'élévation et l'isolement d'une tribune; c'est que , soit calcul , soit indifférence , il n'y a jamais plus de cinq ou six membres qui prennent part à la discussion , et que ce sont presque toujours les mêmes.
Que ces usages soient bons, nous ne l'examinons pas ; mais ils sont le fruit du temps, et, parmi nous, tout commence; mais ils sont le résultat et des lois et des mœurs anglaises; ferions-nous si mal, messieurs, de garder les nôtres?
S'imagine-t-on, en effet, que, dans le parlement anglais, tout soit digne d'être imité? Croit-on que les discussions, bien qu'elles soient uniquement orales, y soient aussi franches que les nôtres? Croit-on que leur allure, si libre en apparence, n'ait pas, dans le fait, quelque chose d'arrangé, de systématique et de peu sincère ? Depuis le discours de la couronne jusqu'aux débats sur les subsides , depuis les élections jusqu'à la dissolution , tout n'est-il pas convenu d'avance? En un mot, toutes
les scènes du drame parlementaire ne sont-elles pas plus artificielles que naturelles ? Peut-on même affirmer que le peuple anglais soit véritablement admis à les juger, quand on sait que les tribunes, si dérisoirement nommées tiibunes publiques, ont été à dessein construites de manière à ne pouvoir contenir que cinquante personnes ?
Nous vous avons exposé, messieurs, que la proposition de M. Duhamel ne tendrait à rien moins qu'à faire violence à la liberté de vos délibérations. Certes , telles n'ont point été les intentions de cet honorable député, dont la droiture de cœur et d'esprit est si justement appréciée par la Chambre ; il n'a 'Voulu qu'économiser le temps de ceux qui écoutent^ en diminuant le nombre de ceux qui parlent; il n'a voulu qu'abréger les discussions, et que les dégager, pour ainsi dire, de leur superflu. Admettons un moment que ce superflu ne soit pas chose si nécessaire, et voyons si la proposition nous ferait arriver à ce but.
M. Duhamel veut éviter les longs discours. Mais d'abord «st-il bien démontré que ceux qui ont reçu ou acquis le talent de parler, comme on dit , d'abondance, soient les orateurs les moins verbeux ? Qui de nous, messieurs, a oublié qu'à certaine époque , un orateur se fit nommer député par ce seul motif qu'on lui connaissait la précieuse faculté d'allonger une discussion, de suspendre et quelquefois de faire manquer une délibération ,en parlant trois
OU quatre heures, d'abondance et sans rien dire?
L'expérience d'ailleurs ne nous a-t^elle pas appris qu'il est bien plus facile d'être court en écrivant qu'en improvisant? En effet, l'écrivain rejette avec soin de son travail toutes les redites , soit d'idées, soit d'expressions ; il serre à son gré ses raisonnements et son style, il choisit à loisir ses pensées et ses paroles. L'improvisateur, au contraire, n'a le temps de choisir ni les unes ni les autres; il les prend pour ainsi dire au vol, et, pour ne pas manquer les bonnes , il les prend toutes. Ne pouvant s'imposer le frein de son jugement, qui le refroidirait, il s'abandonne à son imagination, qui l'échauffé , mais qui souvent aussi l'égaré. Enfin il se répète à son insu ; il consume une heure à dire ce qu'il aurait éci*it en quatre pages, et souvent, quand il a prononcé ces mots : Je me résume y son résumé est un second discours presque aussi développé que le premier. £t à ce sujet, qui de vous, messieurs, ne se rappelle ce ministre de la Grande- Bretagne qui, trouvant, en entrant à la chambre des communes, un orateur qui commençait un discours , et dont il connaissait la merveilleuse proli^dté , eut le temps d'aller à sa campagne , à six milles de Londres, et de, revenir à la Chapibre, où il retrouva l'orateur parlant encore?
Du reste, c'est ici, ce nous semble, une dispute de mots. La longueur des discours écrits ou des discours parlés ne tient, ni à la grosseur du cahier.
ni au temps que le parleur reste à la tribune, mais au talent de récriyain ou deForateur, mais au fond de ses idées , mais à l'intérêt plus ou moins vif qu'il sait inspirer. Nos assemblées ont eu des orateurs très brefs qui nous paraissaient très longs et des écrivains très longs qui nous paraissaient très brefs. Pour remédier au mal dont on se plaint , ce ne sont donc ni les discours écrits ni les discours parlés qu'il faudrait proscrire, mais les orateurs sans logique et sans talent, soit qu'ils parlent, soit qu'ils écrivent.
L'honorable auteur de la proposition ne veut pas, dit-il, que, dans la discussion des articles ^ on vienne malicieusement et par des détours lire à la tribune un discours qui avait été composé pour la discussion générale.
Hélas! messieurs, ne montrons-nous pas souvent plus dejmalice, en n'écoutant pas ? Et remarquez que cette ressource si commode, nous l'appliquons sans pitié aux discours écrits. Dans les deux cas, le remède est pareil; dans les deux cas, les murmures, les fatales conversations particulières avertissent l'orateur, et presque toujours l'avertissement profite à ceux qui le reçoivent; car à la longue on s'ennuie de tout, même d'être ennuyeux! Seulement, l'écrivain qui éprouve cet échec n'y revient guère; mais le parleur est plus intr^ide, par la raison que son discours lui a moins coûté.
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Et ce qui prouve que l'interdiction des discours écrits n'abrégerait point nos délibérations ^ c'est la longueur des séances de la Chambre anglaise. Elles se prolongent fréquemment durant sept à huit heures; et un seul orateur ^ M. Hume, a parlé dans une seule séance, quarante et une fois.
Examinons maintenant la question sous le rap-* port des convenances du langage parlementaire.
L'honorable auteur de la proposition compare les discours écrits à une mécanique artistement arrangée.
C'est, ce nous semble, en faire l'éloge et non la critique; car si le mécanicien est habile, la méca^ nique se dérange peu. En pouvons-nous dire autant des discours improvisés? Leur marche habituelle est au contraire un mouvement irrégulier : c'est l'agitation qui, comme dit Montaigne, est leur grâce et leur vie. Cest aussi ia source de l'impression plus forte qu'ils font en général sur les hommes assemblés. Si cette impression est quelquefois heureuse; si Bourdaloue, parlant d'un éloquent missionnaire de son temps , a pu dire : a On (c restitue à ses sermons les bourses que l'on vole ce aux miens, » à combien d'écarts ne s'expose pas souvent un orateur qui improvise? Et, pour ne parler que de ceux que la mort nous a ravis, ne pourrions-nous pas en citer au moins un ( et des plus illustres peut-être ) , qui , dans l'improvisation,
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laissa tomber de sa bouche telle expression qui ne serait jamais tombée dé sa plume, et qu'il a bien amèrement regrettée?
a I^es grandies pensées viennent du cœur^ dit M. Duhamçl après Yauvenargues ^ et le cœur s'exprime mieux dans un discours parlé* »
Il faut avouer que dans les sujets pathétiques l'emploi de l'improvisation a un prodigieux avantage sur le discours écrit. Mais les sujets pathétiques sont rares à traiter dans laChambre^ où, heureusement peut-être , le cœur a moins à faire que la raison. L'éloquence à notre usage est celle qui résulte de l'ordre et de l'enchainement» des idées, de la clarté^ de la méthode pressante du raisonne^ meût| et rarement l'éloquence qui cherche à toucher,. à émouvoir les âmes. Qu'une occasion toutes fois se présente , et l'on verra , comme on Ta déjà VU) que les grandes pensées, ne se refusent pas plus à l'écrivain qu'à l'improvisateur, et qu'elles ne perdent rien à être mûries par la méditation et embellies par les formes du style.
On nous dit que lêa discours écrits ne repondent
point aux discours déjà prononcés ^ et qu'ils se
répètent souvent les uns les autres, ce qui fait lan«f
guir la délibération et n'avance point la convictiop
de la Chambre, C'est, nous le confessons, un grave
inconvénient; mais d'abord ce vice ne s'est-il pas
introduit dans la discussioa générale, comme dans
la discussion des articles? Pour être conséquent.^ ji. a6
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exigera-t-on aii$si Timproyisation dans la jdiscussioa générale?
Et, d'ailleurs 9 à qui doit-on s'en prendre? Messieurs, ce n'est pas au discours écrit, c'est à Fécri- \ain. Si cet écrivain respecte assez peu les moments de la Chambre pour lui redire ce qu'on a dit avant lui, la Chambre en fait justice. Mais si cet écrivain , véritablement digne de ce nom , respecte là Chambre et se respecte lui-même , croit-on qu'il se hasarde à répéter autrui? Ne saura-t-il pas profiter de Tintervalle d'une séance à l'autre, ou, s^ le faut, delà séance même, pour retrancher de son discours ce que les préopinants lui ont dérobé? Dans la, Chambre de i8i5, un très petit nombre d'orateurs improvisaient ; la plupart même de ceux qui improvisent aujourd'hui avec tant de Mccès écrivaient alors. Se plaignait-on des redites de leurs discours écrits? non|, assurément. Et pourquoi? parce qu'ils faisaient avec habileté ce qu'ont fait aussi tout récemment plusieurs de nos honorables collègues, parce qu'ils modifiaient leurs discours , les accourcissaient ou les allongeaient, suivant ce que les préopinants avaient dit ou négligé de dire. De cette façon , la discussion marchait rapidement^ loin de rétrograda. Je dirai plus; leurs diseoié^,' ainsi empreints d'une discussion récente et quelquefois flagrante, avaient souveiit la couleur de- l'improvisation , sans perdre la méthode et la solidité de la préparation écrite;' et c'est peut-être
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à la faculté donnée par notre règlement d'écrire leurs discours qu'ils doivent aujourd'hui la pôssibilité de s'en passer.
Laissons ) messieurs , ce noble espoir à d'autres.
£t quel temps, messieui^ , choisiriez-vous poui* interdire les discours écrits dans une partie impor* tante de vos délibérations et pour en gêner ainsi la liberté? Un temps où vos actions les plus indif-' férentes , où jusqu'à vos moindres paroles sont sur-* veillées, commentées, calomniées! un temps où vous avez besoin de toutes les lumières individuelles de cette Chambre, de tous les geiirès de taleniS' qu'elle renferme, de toute l'indépendance de' vos débats parlementaires, pour garantir aux lois que vous discutez le sceau de l'approbation générale!
« Ce qui est bien, dit l'honorable auteur de la « proposition , ce qui est bien n'est jamais intemcc pestif. »
Grande erreur échappée sans doute à l'improvisation de M. Duhamel ! grande erreur que dément chaque jour l'expérience! L'expérience, en effet, nous enseigne qu'ainsi que pour le corps humain les meilleurs remèdes administrés à contre-temps se tournent en poisons, de même, dans le corps social, le bien qu'on fait mal à propos se change en mal réel , en mal souvent irréparable. La meilleure loi du monde, considérée abstractivement, peut être fatale à la société qui n'y serait point préparée.
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Les seules bonnes lois^ les seules lois durables, sont celles qui sont écrites dans les mœurs , avant de l'être dans les codes.
Quant à nos règlements , messieurs , s'ils ne sont point parfaits , le temps y amènera naturellement les modifications dont ils sont susceptibles; c'est le temps y c'est-à-dire l'usage , qui fait les bons ré« glements, et non pas les règlements qui font les usages.
En résumé y messieurs, la proposition de notre honorable collègue , M. Duhamel, nous a paru tout à la fois contraire à la liberté de nos délibérations, inutile et intempestive, et votre commission a l'honneur de vous proposer de ne point l'adopteH.
(i) Après une courte discussion , la Chambre adopta les conclusions de ce rappoit.