IMITATION DE TACITE
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H18TOEIAEUM9 lib. I.
J'entreprends une histoire en.prodiges féconde ^ Où sont tracés les maux et les crinies du mande , Assemblage effirayant dé meurtres, de forfiiits. D'une di3COtde afïreuse et d'une horrible paix^ Quatre empereurs trahi/s , tnns guerres intestines ^ Des combats an d^ocs , ^u dedans des ruines ; Bellone en Orient couronnant nos guerriers , En Occident bientôt flétrissant leurs laurier ; Les Gaulois ébranlés , le trouble en lUyrie ; La Bretagne perdue aussitôt qu^envahie ; Le Suève, pour nous vaincre, aux Sarmates uni; De nos revers te Dace orgueilleux et puni ;
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Jouets d'un faux Néron , les Parthes sous les armes ;
L'Italie arrosée et de sang et de larmes ;
La Campanie en deuil déplorant ses cités,.
Et ses fertiles champs par le feu dévastés ;
La flamme jusqu'à Rome étendant ses ravages;
Les temples , qui des ans défiaient les outrages ,
Incendiés , détruits ; les chefs-d'œuvre des arts ,
Le cirque , les palais fumant de toutes parts :
Des citoyens portant, dans leur fureur extrême ,
Un brandon sacrilège au Capitole même !
L'adultère ennobli ; les autels profanés ;
Sénateurs , plébéiens proscrits , assassinés ,
Ou traîtiés sans pitié sur des mers ignorées ;
Les îles aux brigands , aux meurtriers livrées ;
Rome courbant son front sous les plus vils tyrans.
Là les honneurs , les noms , la fortune , les rangs,
La conduite publique , et l'obscurité même ,
Tout est crime enfin, tout. .. hors le crime lui-même!
Tout cœur est perverti , tout esprit abattu ;
La vertu devient vice et le vice vertu.
Le lâche délateur, qu'ont enrichi ses crimes ,
De son char tout sanslant insulte à ses victimes i
L'un, qui siégeait naguère au milieu des bourreaux,
Du consul qu'il proscrit usurpe les faisceaux ;
L'autre:, portant au loin sa haine et sa furie.
Egorge tout un peuple au nom de la patrie.
L'esclave et l'affranehi trahissent sans pudeur
Leur maître et leur patron ; et , pour comble d'horreur,
A défaut d'ennemis , de son trépas avides ,
Uami meurt... immolé par des amis perfides !... Mais ce siècle pervers , ces temps si corrompus , Ne furent pourtant pas sans gloire , sans vertus ; On vit plus d'une fois des épouses ^ des mères , Suivre un époux ^ un fils , aux rives étrangères ; Des gendres valeureux j d'intrépides parents ; L'esclave inébranlable au milieu des tourments ; On vit plus d'un Romain , digne du premier âge , Porter y quitter la vie avec même courage.
A tant d'événements et la terre et les airs Joignirent à l'envi cent présages divers ; Jamais plus grands malheurs, plus longue expérience, Ne prouvèrent , hélas ! avec tant d'évidence, Que si parfois à nous les dieux daignent songer , C'est plus pour nous punir que pour nous protéger.
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