‹ Œuvres diverses de m. RogerChapitre 189 sur 205 · IMITATION DE TACITE · texte numérisé non relu

IMITATION DE TACITE

LUE DA1I8 VmS SOCIÉTÉ LRTÉEÂimB, MH EÉÂ9CE FVnEiIQUB, QUELQUE TEMPS ArEB» LÀ JOUERiB OU l8 FEUGTIDOE.

OjMêaggrêdioropimufneoHéuê...

H18TOEIAEUM9 lib. I.

J'entreprends une histoire en.prodiges féconde ^ Où sont tracés les maux et les crinies du mande , Assemblage effirayant dé meurtres, de forfiiits. D'une di3COtde afïreuse et d'une horrible paix^ Quatre empereurs trahi/s , tnns guerres intestines ^ Des combats an d^ocs , ^u dedans des ruines ; Bellone en Orient couronnant nos guerriers , En Occident bientôt flétrissant leurs laurier ; Les Gaulois ébranlés , le trouble en lUyrie ; La Bretagne perdue aussitôt qu^envahie ; Le Suève, pour nous vaincre, aux Sarmates uni; De nos revers te Dace orgueilleux et puni ;

4i6 POÉSIES

Jouets d'un faux Néron , les Parthes sous les armes ;

L'Italie arrosée et de sang et de larmes ;

La Campanie en deuil déplorant ses cités,.

Et ses fertiles champs par le feu dévastés ;

La flamme jusqu'à Rome étendant ses ravages;

Les temples , qui des ans défiaient les outrages ,

Incendiés , détruits ; les chefs-d'œuvre des arts ,

Le cirque , les palais fumant de toutes parts :

Des citoyens portant, dans leur fureur extrême ,

Un brandon sacrilège au Capitole même !

L'adultère ennobli ; les autels profanés ;

Sénateurs , plébéiens proscrits , assassinés ,

Ou traîtiés sans pitié sur des mers ignorées ;

Les îles aux brigands , aux meurtriers livrées ;

Rome courbant son front sous les plus vils tyrans.

Là les honneurs , les noms , la fortune , les rangs,

La conduite publique , et l'obscurité même ,

Tout est crime enfin, tout. .. hors le crime lui-même!

Tout cœur est perverti , tout esprit abattu ;

La vertu devient vice et le vice vertu.

Le lâche délateur, qu'ont enrichi ses crimes ,

De son char tout sanslant insulte à ses victimes i

L'un, qui siégeait naguère au milieu des bourreaux,

Du consul qu'il proscrit usurpe les faisceaux ;

L'autre:, portant au loin sa haine et sa furie.

Egorge tout un peuple au nom de la patrie.

L'esclave et l'affranehi trahissent sans pudeur

Leur maître et leur patron ; et , pour comble d'horreur,

A défaut d'ennemis , de son trépas avides ,

Uami meurt... immolé par des amis perfides !... Mais ce siècle pervers , ces temps si corrompus , Ne furent pourtant pas sans gloire , sans vertus ; On vit plus d'une fois des épouses ^ des mères , Suivre un époux ^ un fils , aux rives étrangères ; Des gendres valeureux j d'intrépides parents ; L'esclave inébranlable au milieu des tourments ; On vit plus d'un Romain , digne du premier âge , Porter y quitter la vie avec même courage.

A tant d'événements et la terre et les airs Joignirent à l'envi cent présages divers ; Jamais plus grands malheurs, plus longue expérience, Ne prouvèrent , hélas ! avec tant d'évidence, Que si parfois à nous les dieux daignent songer , C'est plus pour nous punir que pour nous protéger.

4i8 POÉSIES

Page 1