SCÈNE XXI
tEs PRioÊDEirrs, FRONTIN.
FRONTIN j arrÎTant avec an flacon.
Me voici y me voici.. .
FLORVILLE
Quoi ! ma chère Sophie! moi, qui allais vous chercher à Nancy...
tnONJUTK y à part.
Sa Sophie !
Mais, quelles histoires nous ont donc faites nos coquins de valels ?
FRONTIN, à part.
Ah! ah! fuyons.
SOPHIE
Il faut les confronter ensemble.
FLORVILLE , arrêtant Frontin.
Oui 9 oui, confrontons-les. D'abord, voici le mien.
SOPHIE
Lui! mais c'est le mien.
FLORVILLE
Comment donc ! nous servais-tu tous deux ensemble?
FRONTIN
Messieurs... (se reprenant) je vèux dire, madame et
6a LE VALET DE DEUX MAITRES,
monsieur, puisque enfin... Oui... jepourrais vous le nier, mais je suis trop honnête homme ; j'aime mieux vous l'avouer. Oui... je vous ai servi tous deux à la fois.
FLOR VILLE
Maraud !
FRÔNTIN.
Ah ! de grâce , écoutez-moi , je vous supplie ; vous gronderez après , si vous voulez.
rAUDÈriLLE.
Cherchant un valet dans ces lieux ,
Tous deux me prenez pour le YÔtre.
Pour éviter de perdre l'un ou l'autre , Je me décide à vous choisir tous deux.
J'ai fait mille et mille sortises ,
En vous servant ainsi chacun ; Mais à présent que les deux n'en fout qu'un • ,
Je ne craindrai plus les méprises.
FLORVILLE
Des méprises! eh! Frontin! qui n'en fait pas?... La prude qui croit rajeunir.
Le fat qui croit avoir des grâces , L'homme de bien qui compte sur des ph Le médecin qui prétend vous guérir,
Le rimeur de plates devises ,
Qui se croit l'égal de Collé , Le fournisseur qui dit : Je suis volé...
Tous ces gens-là font des méprises.
SOPHIE 9 au public.
Les méprises, les quiproquo