SCÈNE I. ai
FROITTIHr.
Mais, je te l'ai déjà dit, ce n'est que pour un jour. Florville part demain pour Nancy , Melcour reste. Eh bien! je choisirai celui qui me paiera le mieux. Tu verras! D'ailleurs je suis placé à merveille pour les servir tous deux. Voilà la chambre du jeune Melcour;
( H montre à sa gauche.) VoUà celle de FlorviUo, (H montre à
sa droite. ) et celle-ci communique aux deux autres... Mais à propos , Florville m'a dit de préparer ses habits...
LAPIERRE
Voici les malles de tes deux maîtres que j'ai fait monter là moi-même.
FRONTIW.
Comment! sans m'appeler!... et toutes djeux ensenible !
LAPIERRE
Oui, pour que cela te fût plus commode.
FRONTIir.
Et laquelle est celle de Florville?
LAJPIERRE.
Ma foi! je n'en sais rien.
FRONTIN
Malheureux! qu'as-tu fait?
LAPIERRE
Mais , parbleu ! lis l'adresse.
FRONTIIf.
Que je lise!., mais... est-ce que tu ne pourrais pa& Kre toi-même?...
•f LAPIERRJB, riant.
Tu ne sais pas lire?... Eh bien! ni moi non plus«.« Mon ami, nous ferons fortune dans ce siècle-ci.
FROICTIir.
Oui y ris bien ; mais que vais-je faire , moi?
LAPJERKE.
£h! te voilà bien embarrassé pour rien. Tes maîtres ne t'ont-ils pas remis les clés de leurs milles?
Sans doute.
LAPiERRE.
Eh bien! ouvrons-les. Faisons l'inventaire de leurs, effets; nous distinguerons aisément...
FROITTIJSr.
Tu as raison y voyons... ( Ils ouTrent chacun une malle. ) Une
perruque ! ah ! c'est au jeune Melcour.
LAPIERRE
Une perruque aussi.
FROJrTIlf.
C'est donc une rage que cette mode-là! Un officier !... Ah ! il est vrai qu'il ne voyage pas en uniforme..,
LAPIERRE
Ah! ah! que vois-je?... Un gant de femme!... nn pot de rouge !
FROlîXItf.
Miséricorde! et qu'en veut-il faire?
L4PIERR
Un éventail! un étui!
S€£ME L aS
FRONTIBT 9 liranl un htààt t de la malle.
Ah ! c'est quelques dëpouiUes de jolies femmes.
< LAPÏERRE y tirant aussi i^n habit.
Qu'y a-t-il dans la poche de cet habit ? Tiens.
< Il donne l'habit qa*il lient à Frontin qui loi remet l'autre.) FROIÏTIJF ; il en tire une botte et fend Thabit à L^pierre.
Une bonbonnière avec un médaillon... Mais comme cela est épais!... up double fond. ,. Voyons., (il cherche & l'ouTrîr. ] Pas possible.
LAPICRRE.
Prends garde à toi! on vient.
FROIfTIN.
Ah! mon Dieu! serrons vite tout cela, (il Ta écouter à
la porte de Melcour et r«nd la boite à Lapîerre qui la remet dans l'autre
M>it. ) Va-t-en, car c'est Melcour.
( 11 remet à la hÀte les habits dans les malles. }
Au revoir.
( Il tort. )