‹ Œuvres diverses de m. RogerChapitre 5 sur 205 · SC£N£ I · texte numérisé non relu

SC£N£ I

FROWTIIf.

Comme un rentier. Enfin pourtant, je prends mon parti. Allons, me dis-je, me voilà encore une fois sur le pavé. Voyons , cherchons ailleurs à nous tirer d'affaire... Au moment où je m'en allais, arrive en cet ho* tel un nommé Flor ville, officier de marine au Havre, qui me reconnaît pour m'avoir vu jadis au service d'un de ses amis. Il m'offre de bons gages si je veux être à lui. Moi, ne comptant plus sur Melcour, j'accepte avec transport... Ne voilà-t-il pas qu'un instant après je vois entrer... Qui?

LAPIERRE

Melcour?

FRONTITf.

£h! mon Dieu oui! lui-même.

LAPIERRE

Quelle cause avait donc retardé son arrivée?

FRONTm.

Une maudite roue cassée en chemin.

LAPIERRE

Eh bien ! il fallait te dégager auprès de l'un ou de l'autre.

FRONTIN

Vraiment, je le voulais d'abord, mais...

LAPIERRE

Quoi!

FRONTm.

L'appât d'un double gain...

LAPIERRE

A enchaîné ta langue?

Il m'a rendu muet.

LAPIERRE

Fort bien! mais ta conscience ?

FROHTIir.

Ma conscience!

COUPLETS

Je sers deux maîtres à la fois , , j

. A double peine il faut m'attendre ;

Travaillant des deux mains, je crois

Des deux mains aussi pouroir prendre.

Faisons-nous, par précaution,

Une yertu de circonstance;

Etre aujourd'hui demi- fripon,

C'est avoir trop {bis.) de conscience.

D'ailleurs , ce n'est que pour un jour

Que j'use de mon stratagème :

Demain l'honneur aura son tour.

Demain je redeviens moi-même.

Que de gens nous voyons, ma foi !

Sur qui se tait la médisance ,

Qui , pour bien plus long-temps que moi ,

Ont ajourné {bis.) leur conscience !

LAPIERRE

A force d'ajourner ta conscience, ne va pas, comme tant d'autres, finir par l'oublier... Je ne crois pas d'ailleurs que tu viennes à bout de ton entreprise.

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