SCÈNE XVI
ADÈLE, PLINVILLE.
PLIIfYILLE , moitié gai , moitié sérieux.
Pardon, mademoiselle, si je reviens sitôt vous revoir , mais c'est que je reçois à l'instant de France des nouvelles assez singulières.
ADÈLE
Qu'est-ce donc? .
PLiNVILLE.
Une tante que j'avais s'est avisée de mourir.
Ah 1... et elle vous a fait son héritier?
PLINVILLE.
Au contraire.
io6 LE BILLET DE LOTERIE,
ADÈLE
Ah ! mon Dieu !... et vous prenez cela si tranquillemeot!
PLINVILLE.
II y avait auprès d'elle de ces braves gens qu'on trouve toujours auprès des tantes , et qui ont si bien pense à eux qu'elle n'a pas du tout pensé à moi.
ADÈLE
Que j'en suis afQigée!
PLÎNVILLE,
Vous êtes trop bonne. Moi, j'entrevois dans ceci quelque chose d'heureux.
ADÈLE
Comment donc ?
PLIN VILLE
Vous me disiez tantôt que j'avais trop de fortune pour vous épouser ; voilà un accident qui commence à me rendre digne de vous.
ADÈLE, vivement.
Oh 1 il y a un autre obstacle qui ne peut cesser ; ne parlons pas de cela.
Je le veux bien ; d'autant* qu'en ce moment je suis un peu préoc<;upé de cette perte.
ADÈLE
Elle est donc considérable ?
PLINVILLE, gaiment.
Oh ! elle est épouvantable !