SCÈNE XXV
PLIN VILLE
Dix-huit mille sept cents guinées! Mais c'est environ quatre cent mille livres de France, s
ADÈLE
Ah ! mon Dieu !
PLINVILLE.
Cela fait deux cent mille livres pour vous.
ADÈLE ^ riant.
Mais il y en a autant pour vous, je pe,nse.
Sans doute... mais que n'ai-je doublé la mise! Cela, eût fait quatre cent mille livres pour chacun.
ADÈLE
Oh ! deux cent mille sont déjà fort jolis !
PLINVILLE.
Pas mal.
ADÈLE
Pas mal 1 de l'ambition ? Où donc est votre philosophie ?
PLINVILLE.
Tenez, entre amis, on s'avoue ses pensées les plus secrètes. Cette moitié du quaterne m'arrive fort à propos; mais, s'il faut vous le dire, le quaterne tout entier m'aurait assez convenu.
ADÈLE
Vous n'êtes pas difficile.
PLINVILLE.
Quand je pense qu'avec cela j'aurais pu payer mes dettes, rétablir mes affaires, et me consoler du test^*
i&o LE BILLET DE LOTERIE,
ment de ma tante ; au lieu que, mes dettes payées ^ il ne me Testera presque rien.
Ecoutez donc : me voilà capitaliste. Est-ce que je ne pourrais pas vous prêter Tautre moitié du quaterne?
PLINVILLE, embarrassé.
Me prêter! me prêter!... Vous êtes charmante! sans contredit y cette somme m'obligerait beaucoup. Mais 9 tôt ou tard y ne faudrait-il pas vous la rendre ?. . . Il y aurait bien un moyen de concilier tout cela...
ADÈLE
Lequel ?
PLINVILLE.
Ce serait... mais non ; cela n'est plus proposable.
ADELE.
Qu'est-ce donc enfin ?
PLINVILLE.
Non, non; vous vous moqueriez de moi.
ADÈLE
Parlez.
PLINVILLE.
Eh bien! ce serait... de m'épouser. Mais je ne suis plus à présent un assez bon parti pour vous.
ADÈLE
Vous épouser ?
PLINVILLE.
Je Tai prévu. Vous rejetez ma proposition... Heu-, rcusement, vous ayant demandé votre main quand yous étiez pauvre, je puis, sans rougir, vous la de-