HORTENSE, LE MARQUIS, TBÉOBALD
Hortense a un bouquet à la main.
LE MARQUIS
C'est vous , mademoiselle ! les charmantes fleurs que vous portez là ! Elles vous iront à merveille. .
HORTENSE
Oh! -je compte bien mieux les employer, monsieur Henri ; je les ai «cueillies pour madame Lucinde.
LE MARQUIS
Vous aimez donc beaucoup madame Lucinde?
AJR.
HORTEIVSE.
Vous me demandez si je l'aime , Après tout ce que jfi lui doi îv
i54 LE MAGICIEN SANS ]»|A6I£,
Mon amonr pour elle est extrême , Ainsi qne sa bonté pour moi.
Dans l'abandon dès ma naissance ^ J'ignore à qui je dois le jour ; Lucinde seule à mon enfance Prêta l'appui de son amour.
Ai-je rbumeur libre et badine ?
Sa gai té semble redoubler.
Suis- je souffrante ou bien chagrine ?
C'est elle qu'il faut consoler.
Aussi, c'est en Tain qu'on m'engage
Aux fêtes de -village :
A ma mère y toujours
Je demeure fidèle ;
Ma fête la plus belle
Est de rester près d'elle
En charmant ses Tieux jour&
Mais madame Lucinde doit être ëveillëe depuis long-* temps et je vais.^.
LE MARQUIS
Ah! de gt^ace, un moment. Dites-moi, je vous prie, belle Hortense ; est-il vrai que plusieurs partis se sont déjà présentés pour vous, et que vous les avez refusés?
HORTEKSE.
C'est la vérité. Oh! je suis difficile, sans me croira pourtant le droit de l'être.
Mais vous m'effrayez. Si j'osais jamais... Qu'exigç^vous enfin pour qu'on vous plaise ?