ACTE I, SCÈNE V. i
Soupirer ou rire.
Badiner y pleurer.
Chanter son martyre , Ou se donner le coup fatal...
Sans se faire le moindjte mal.
Mais ce n'est là qu'une misère,
Car je sais faire . .
Gronder le tonnerre ,
Marcher sur les mers , Enflammer les airs. , Je sais sur la terre \
Transporter les enibrs.
Orace à ma magie , De leur jalousie Leà maris Sont guéris.
Je rends les parvenus p<dis; Je donne du génie Et de la modestie Aux faiseurs d'opéras.
En pleine audience A nos avocats J'impose silence.
En un mot, je rends Les dévots tolérants, Les journaux amusants , Et les courtisans Francs.
J7on, ce n'est point une chimère ; Et je sais faire Gronder le tonnerre.
Marcher sur les mers.
t44 LE MAGICIEN SANS MAGIE,
^ Enflammer les airs.
Je sais sur la terre Transporter les enfers.
LE MAHQUIS.
Tout cela est fort beau, monsieur; mais puisque vous faites de si grandes choses , vous savez sûrement en faire de moindres , par exemple vous procurer un bon dîner, un habit ëlëgant? Pardon], c'est que le vôtre—
OBJDICALJOÛ.
Mon art descend rarement à ces bagatelles.
LE MARQUIS
Enfin , monsieur, vous qui savez tout , vous me direz bien qui je suis.
ORDIGALDO, lui prenant la maiii.
Vous, monsieur ! je vais vous le dire. Par les signes diagnostiques , je reconnais que vous êtes un homme très honnête, mais passablement curieux et questionneur.
LE MARQUIS
Merci de la leçon. Mais dites-moi, je. vous en prie, quel est mon nom , quel est mon état.
ORDICALDO.
Votre nom, votre ëtat?.. (à part) Diable!
THJÉOBALO , à part.
Âmusons-nous. ( bas à Oniicaldo.) Cest le mjarquis Aliprandi.
ORDICALDO, au marqais.
Monsieur.. . ou plutôt , monseigneur. .. car j'aperçois