‹ Œuvres diverses de MontesquieuChapitre 10 sur 75 · DES PLAISIR3 DE LA STMJÉTRIE · texte numérisé non relu

DES PLAISIR3 DE LA STMJÉTRIE

J'ai dit que l'âme aitne la. variété; cependant^ dans la plupart des choses , elle aime à voir une espèce de sjmétrie. Il seml^le que cela renferme quelque contradiction : voici comment j'explique cela.

Une dçs principales causes des plaisirs de jsotre, âme^ lorsqu'elle voit des objets , c'est la facilité qu'elle a à lés apercevoir; et la raison qui fait que asymétrie plaît à l'âme , c'est qu'elle lui épargne de la peine^ qu'elle la soulage , et qu'elle coupe pour ain^i dire l'ouvrage par la moitié.

De là suit une règle générale : Partout où la symétrie est uâle à l'âme , et peut aider ses fonctions, elle lui est agréable; mais partout où ^Ue est inutile, elle est fade, parce qu'elle ôte la variété. Or, les choses que nous voyons successivement doivent avoir de la variété ; car notre ' âme n'a aucune difficulté à les voir. Celles au contraire, que nous apercevons d'un coup d'œil doivent avoir de la symétrie : ainsi , comme npus apercevons d'un coup d'œil la façade d'un bâti,ifienty un parterre, un temple, on y met de la

SPR LE COUT. jZ

sjrmétrie, qui plaît à l'âme p&r la facilité qu'elle lui donne d'embrasser d'abord tout l'objet."

Ck>mme il faut njue l'cAjet que Ton doit-voir d'un coup d'œil, soit isimple, il faut «ipi'il^soit unique , et que les parties se rapportent toutes à Tobjet principal ; c'est^ pour cela encore qu'on aime la symètriç , elle fdit un tout ensemble.

Il est dans la nature qu'un' tout soit achevé,, et l'âme qui voit ce tout veut qu'il n'y ait point de partie imparfaite. Cest encore pouï* cela qu'on aime la symétrie; il faut une espèce de pondération oudebalanfcemeht ; et un bâtiment avec une aile, ou une aile plus courte qu'une autre, est aussi peu fini qu'un corps avec un bras, ou avec un bras trop court.

Page 1