L'ÉLOGE HISTORIQUE
DU ma£CHAt.l)£ B£R\¥iaL *
U naquit le ai d'aoàt 1670; il étxiift fils de* Jacques^ dac d'York, depuis roi d'Angleterre , et de la demoiselle Arabella Churchill; et telle fut Fé* toile de pette maison de Qmrchill^ qu'il en sortit deuK kommes doïit l'un, dans* le mêi^e temps, fut destiné à ébranler, et l'ailtre & sout^iir les deux jdu^ grandes monarchies de r£urope.
Dès l'âge de isqpt ans il fiit envpyé ea Fnanee pour y faire ses. études et ses exercices. Le duc d'YUrk étant panrenfu à la couronne le 6 féinier i685, il l'envoya l'année suivante en Honciie; il se trouva au siège de Bude. • '
Il alla passer l'hiver en Angleterre, et le roi te créa duc de Berwick. Il re(otu*na au printemps en Hongrie, où l'empereur lui donna une com-
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mission xle colonel pour commander le régiment de cuirassiers dç Taafif. Il fit la campagne de 16879 où le duc de Lorraine rempoiia ta victoire de Mohatz; et à son, retour à Vienne, Ti^mpereur le fit sergent général de bataille.
Ainsi C'est sous le graixi-duç de Lorraine, que le duc de Berwick commença à se former; et, 4^ puiSf .sa Vie fot en quelque Êiçon toute militaire.^
Il revint en Angleterre, et le roi lui donna le gouviemèitaent de Portsmouth et de la province de Çouthampton.Jl avoit déjà un régiment d'infanterie; on lui donna encore le régiment des gardes à cheval du comte d'Oxford. Ainsi à l'âge de dixrsept ans il se trouva -d^s cett€L3ituation si flatteuse pour im homme quia l'âme élevée, de voir le.cheo^a de la gloire tout ouvert, et la pos* sibilité de fkire de grandes choses. .
En i€8â, la févolution d^ngleterre airivà : et, dans ce cercle de malheurs qui environnèrent le roi tout-à*coup, le duc de Berwick: fut, chargé des aiSûres qui demandôîent la plus grande con^ance. Le roi a^^ant jeté.les yeux sur lui pour rassembler l'armée, ce fut une.des. trahisons des ministres.de lui en epvoyer les ordr.e$ trop tard, afin qu'un autre put emmener l'armée au prince d*Orange. Le hasard lui fit repcontrer quatre régiments qu'on avoit voulu mener au prince d'Orange, et qu'il ramena à son poste. Il n'y eut point de mouvc-
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ments'qu'il ne se donnât pour sauver Portsmouth, bloqué par mer et par terre , sans autres provisions que ce que les ennemis lui iburnissoient chaque jour, et que le roi lui ôrdoïina de rendre. Le roi ayant pris le parti «de se sauver en France, il fut du nombre des cinq# personnes à qui il se confia, et qui le suivirent; et dès que le roi fut débarqué, il Tenvoya à "Versailles pour demander im asile. Il avoit à peine' dix-hifit ans.
Presque toute l'Iclande ayant resté fidèle au roi Jacqiïes, ce pfincè y passa au mois de nâars 1689-; et Ton vit une malheureùse^errcoùla vdeur ne maqqua jamais^ -et la conduite toujours. On peut dire de cette guerre dlrlande, qu'on là regarda à Londres comme l'œuvredu jour et comme T^offaire capitale de FAnglelerre, et cri France comme une guerre d'affection particulière et* de bienséance. Les Anglois , qui ne vquloient point avoir <le guerre civile chez eux , assommèrent' Ffrlande. Il parott mêmequer tes officiers fi'ançoîs, qu'on "y en- , voya pensèrent comme ceuxqui les y ^livbyoient : ils n'eurent que trois choses-dans la tête, d'arri-* ver, de se battre, 'et He sfcn retourner. Le*temps a fait voir que 1&& Angloi$ *avoient mieux pensé que nous. • -• ' . •* ^
Le duc de BënVicl se distingua dans quelques occasions particulières, et fut fait lieutenant -général. • ' • . '
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Milord' Tyfconel , ayant passé eq Franice «n 1 6go> laissa le copimandemenl; géoàral du royaume au duc de Ba^ick. Il n'avoit que-TÎngC ans> et sa conduire fit yoir qu'il étoit VhoHune de son siècle à qtii le* ciel avoit accord^ de meilleure heure la prudence. La perte 4e la bataille de'la Boyne avait abattu les forces irlandaises; le rqji Guillaume avoit levé le siège de Limeriek, et étoit retomeoé en Angleterre : mais on n'en étmt guère n^eux. Milord Churchill ' débarqua tqut à coup en Irlande avec huit miUe hommes. Il ÊiUoit en même temps rendre ses pï*c^ès moins rapide9y rétablir Tarmée, dissiper les*^ faetj^dtaSy réunir les esprits des ïrlandois : lé duc de Berwick fit tout cela. ^
En 1691 , le duc de Tyrconel étant revenu en Irlande, le duc de Berwiôk repassa en Frajice, et suivit Louis XIV9 comme voloi^ire; au siège de Mons. Il fit dans la même qualité la campagne de 169a y sou^ le maréchal de Luxembourg, çt se trouva à la bataille de Steinkerquei II fut fait lieu* tenant-^néral en France Tannée suivante, et il acquit beaucoup d'honneur à 1^. bataillé de Nerwmde t où il fut pris.
Le& choses qui se dirent ^^ms le mondé-à l'occasion de sa prise n'ont pu avoir été imaginées
. ' Depuis duc de BiI$rlborougfa.
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que- par des gens qui avoient la plus haute opinion de sa ferméfè et dé son courage* Il continua de sepvîï^ en Flandre sous M. de Luxembourg, et ensuite soui M. le nlaréchaKle Villeroi, ' .
En ^696 il fut envoyé secrètement en Angleterre pour confier avec dék seigneurs anglois^ui avoient résolu deVétabKr le roi. Il alvo^t une assez mauvaise commissibn,'qûi étoit de déterminer ces seigneurs à agir contre le bon sens. Une réussit pas : il hâta son retour, parce qu il apprit qu'il y avbit une conjuration formée contre la personne du roiGuitlaiitpe, et il ne voulôit poiptétre mâé dans cette 'entreprise. }e,me souviens de lui avoir ouï dire qu*un homme Tavoit recohnu sur un certain air de £simille , et surtout par la longueur de ses doigts ; que par bonheuif* cet homme étoit jacobité, et Fui avoif dit : Dieu vous bénisse dans touieS'Vos entréprises! ce qui Itrvoit remis de son embarras.
XiC duc de Berwick perdit sa première fepame au mois de juin 1698. Il Tavoit épousée en lôgS. Elle étoit fille du 'comte de Clanricard. Il en eut un<fils qui naquit lé ai d'bctobre 1696.
En 1699 il fit un voyage- en Italie, et à sonfe* tour il épousa, mademoiselle de Bulkeley, fille de madame ideBulkeley, dame d'honneur dé la reine d'Angleterre , et de M. de Bulkeley, frère de milord Bulkeley. •
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Après la mort de Charles II, rdi d'Espagne , le roi Jacques envoyaàRoiîfe le duc de Berwick pour complinienter le pape sur son élection^ et; lui offrir ssL personne pour commander ramiée.que la France le pressoit de lever pour maintenir ta neutralilé en Italie; et la cour de. Saint -Germain of* frdit d'envoyer des tronpcis irlandoises. Le pape jugea la besogne un peu trop forte pour lui , et le duc de Berwick Si'eo reyint.
&i 1701 il perdit le roi son père;. et en 170a il servit en Flandre sous le duc de Boui^ogne et le maréchal de BouKiers. En 1703^ au retour de la campagne, il $e fit naturaliser françois, du con*-*> sentement de la cour de Samt-Gerftiain . * •
En 1 704 fe rôi l'çnvoya en Espaghe avec dix-huit bataillons et dix'^neuf escadiions qui! devoit (K>mmander; et à sofi arrivée^ Je roi d'Espagne le dé* dara capitaine-général de ses armées, et le fit couvrir.
La cour d'Espagiie étoit infestée par l'intrigué le gouvernement alloit très^mal , parce que tout le monde vouloit gouverner. Tout dégénéroit en tra casseries, let un des principaux articles de sa mission étort de les éclaircir. Tous le? partis vôuloien* le gagner : il n'entra dans aucun; et, s'attàchant uniquement au succès des af£siires^ il ne regarda les intérêts particuliers que comme des intérêt? particuliers; il ne pensa ni à madame des Ursins ,
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pi i Orcy, ni à Tabbé d'Estrées^ ni au goik de la reine 9 ni au penchant^ dii roi} il ne pensa qu'à la monardiie.
i Le duc de Berwick eut ordre <le travailler au renvorde madame des Ursins. Le roi lui écrivit; a Dites.au roi mon petit-fils qu'il me doit cette a complaisance. ^Serve^vous de toutes les raisons « que vous pourrez imaginer pour le|>ersuader ; « mais ne lui dites pas que jeTabandoBnerai; car c it ne le croiroit jamais, s» Le roi d'Espagne consentit au renvoi*
' Celte année 1704» le^ duc de Berwick sauva l'Espagne yjl empécba l'arn^e portugaise d'aUer à I Madrid. Son armée étoit plus fo^>le xles deux tiers; les ordi^ de • la cour v^ioient coup sur Coup de se retirer et de ne rien hasarder. Le duc de Berwick qui vit l'E^pagne^^p^due^s'il obéissoit, hasarda sans cesse et disputa tout. L'année portugaise se retira; M. le duc de 'Berwick en fit de même. A la fin de la compagne ^ Icduc de Berwick reçut ordre de retourner en France. Cétoit une intrigue de cour ; et il éprouva ce que tant d'autres avoient éprouvé avant lui, que de.plaire à la cotu* esf le plus grand service .que l'on puisse ren^ dre à la coi^r , sans qudL toutes les œuvres, pouf me servir du langage des théologiens, ne sont que des œuvres mortes.
En i7o5,leducde Berwick fut envçyé com-
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mander en Languedoc : cette même année il fit le siège de Ifice, et la prit
£d 1 706 il fut ùdt maréchal de France , et Ait envoyé en Espagne pour commander Tannée contre le Portugal. Le roi d'Espagne avoit levé le siège de Barcelone, etawoit été' obligé de repasser par la France et de rentrev en Espagne par- la Navarre. ^ .^
J'ai dit qu'avant de quitter l'Espagne, la première ibis qu'il y servit ,^ il l'avoit sauiiée; il la sauva encore cette fois-cil Je passe rapidement sur les choses que l'histoire est chargée de raconter; je dirai seulement que tout étoit perdu au com-* mencement de la campagne,- et que tout étoit sauvé à la ûïk On peut vm*, dans les lettres de madame de Mainten^n à la prinôessedesUrsins, ce que l'on pensoit pour lors dans les deux co^rs. On formoit des souhaits^ et on. n'avoit pas même d'espérances. *M. le maréchal de Benyvick youloit que la reine se retirât à son armée : des conseils timides l'en avoient empêchée. On vôuloit qu'elle se retirât à Pampelune. M. le maréchal de Ber* wick fit voir que, si Ton prenait ce parti, tout étoit perdu, parce que les Castillans se crojroient 2d)andonnés. La reine se retira donc àBurgos avec les conseib, et le roi arriva à la petite armée. Les Portugais vont à Madrid; et le maréchal par sa sagesse, sans livrer une seule bataille, fit videi>
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la Castille 'aux ennemis^ et rençogna 4eur armée dans le royaume de Yalenoe et rAraj^on. Il les y conduisit marche par marchey comme ud pasteur conduit des troupeaux. On peuj: dire que Cette capipagne fut plus glorieuse poiir lui qu'iauoune de cçlles qu'^1 a fsiites^ parce que lea avantages n'ayant point dépendu d'une bataille , sa capacité y .parut tous les jours. Il fit plus de dix mille prisonniers j et par cette campjigne il prépara la seconde «plus célèbre encore par la bataille .^'AK manza^ la conquête du royaume de Valence, de rAragpn, et la, prise de Lérida.
Ce fut en cette année 1 707 que le roi d'Espagne donna au maréchal de Berwick les villes dç Liria et de Xerica^avec la gfandesse de la premier dfis^ ; ce qui lui procura un établissement plus grand encore pour son fils du premier lit, par le mariage avec dona Cktharina de Portugal ^ héri» tière de la maison tle YeraguUs. M. le maréchal lut céda tout ce qu'il avoit en Espagne. . «
Dans le jpéme temps Louis XIY lui donna le gouveiliement du Limousin, de son propre et pur mouvement, sans qu'il le lui eût demandé.
Il faut que je parle de M. lé duc^l'Urléans ; et je le ferai avec d'autant plus- de plaisir, que i» que je dirai ne peut servir qu'à combler d^ gloire l'un et l'autre.
M. le duc d'Orléans vint pour commander Far-
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mée. Sa mauvaise destiii^e lui fit croire xju'il au* roit le.temps dépasser par Af^drid. M. le diaréohal de Berwick lui envoya coiirr^t^ sur courrier pour loi dire qu'il serçit JBientôt forcé à livrer la batajNe; H le docii'Oriéaiis se mit en chemin, vola, et n'arriva pa&^U y eut, assez de courtisans qui voulurent persuiKler à ce pfinpe que le maréchal de Berwick avoijt él^ rayi de donner la bataille sans lyi, et de lui efi ravir la gloif e : mais AL le duc d'Orléans connoissoit qu'll^avoit une justice à rendre, et c'est une chose qu'il $avoit très-bien Êdre; il ne se plaignit que de son malheur^ , M* le duc d'Ortéans, désespéré, désélé de retourner sansavoir rien Eût, propose le siège de Lérida. AL le maréchal de Berwick, qui n'enétoit point du tout d'avis, exposa à M. le duc d'Orléans ses rai^oqs avec force; il proposa même de consulter la -cour. Le ipiége de Lérida fy% résolu. Dès ce moment M. le dnc de Berwiek ne vit plus d'obstaden: il savoit que, si la prudence e^t la première de toutes les vertus avant que d'entreprepdre, die n'est que la seconde après cpie l'on a entrepris. Peut-être que s'il, eût lui-même résolu ce siège,, il auroit moins cra|nt de le lever., M. le fluc d'Orléans finit la campagne avec gloire. Et ce qui auroit ipOaîUiblement houille depx hommes communs ne fit qu'unir ce^ deux-ci ; et je me souviens d'avoir entendu dire au maréchal que
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rorigiue de la faveur quH avoit eue. auprès de M; le duc d'Oriéans'éloit la caitipagn#de 1 707.
En 1708 M. le niaréchal de Berwick> d'abord destiné àcomHiander rarmée du Ikiupbiiiéy fut envoyé sur le Rhin pour commander sous Sélecteur de Bavière.-Il avoit &it tomber un projet de M. de CMmillard» dont' VincapAcité consistoit surtout à ne porat connoîtrè^son ineapaci^. Le prince Eugène ayant quitté ^Allemagne pour aller en Flandre, M. le mAréchal de Berwick l'y suivit. Aprè^ la perte de la bataille d'Oudenarde, les ennemis firent le siège de Lille ; et pour lors M. le maréchal de Berwick joignit son armée à cdle de M. de Vendôme.. Il fidhit des miracles sans -nombre pour nous faire perdre Lille. M. le duc de Vendôme étoit irrité oontre "M. le maréc^ial de Berwick y qui avoit fait difficulté de servir sous lui. Depuis ce ttmps aucun avis de M. le maréchal de Berwick ne fut jaccepté par M. le duc de Vendôme j et son âme , si grande dJailleurs , ne conserva plus qu'un ressentiment vif de l'espèce d'affront ^u'il croyoit avoir reçu. AL le duc de Bourgogne et le roi y toujours partagés entre des propositions contadictoires, ne sayoielit prendre •d'autre parti que de déférer au sentimentdeM.de Vendôtne; Il fallut que le roi envoyât à l'armée , pour concilier les générsmx, un ministre qui n'avoit point d'yeux: il fallut qiie cette maladie de
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la nature tlumaiiie/de ne pouvoir souffrir k bien lorsqu'il est fidt par des gens-que Ton n'aime pas, infestât pendant toute cette campagne le cdeur et Fe^rit de M. le duc de Yendèmeril ÊtUût qu'un lieutenant-général* eût assez de&veurà la Gom* .pour pouvoir 'faire à l'armée, deux sottises l'une après l'autre^ qui seront mémorables dans tous les tçaips^ sa déEûte et sa capitulation : il taÛnt que le siège de Bnùelles eût été rejeté d'abord , et qu'il eût été entrépris depuis; qae Ton résolût de garder en ipéme temps l'Escaut et le canal y c'està-dire de ne garder rien. Enfin Iç procès entre ces deux granda hommes existe; les lettres écrites par le roi y par .M. le duc deBoiu*gogney,parM.le duc de Yendônje ^ par AL- le duc de Berwick y par Mr de Ch&millard, existent aussi: on verra qui des deux manqua de sang^ftoid , et j'oserob peut-être même dire de raison^ A Dieu ne plaise que je veuille mettre en question les qualiséaéminentes dfe.M Je duc de Vendôme! si M, le maréchal de Berwick revenoit au monde, il en seroit fâché. Maia je dirai dans cette occasion ce qu'Homère dit de Glaucus: Jupiter ota la prudenceÀCdaucUsv et il changea uii bouclier d'or contre un boudier d'airain. Ce hoirchef d'or y JVÏ. de Vendôme avant cette campaghe l'avoit toujours conservé, et il le retrouva depuis. En i^og^M. le maréchal de Berwick fut envoyé pour couvrir les frontièi*es de la. Provence et du
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Dauphiné; et quoique ML de Chamillard, qui mffih moit tout, eut été délacé , il n'y airoit ni argent, ni provisions de guerre et de bouche; il* fit si bien qu'il en trouva. Je me souviens dé lui a^ir oui dire que dans sa détresse il enleva unç voiture d'argent qui al}oit dâX.yon.au<résèr rcq^} et il disoit à M. d'AngerviUiers, qui étoit son intendant dans œ temps, que dans la règle ils fmroient mérité tous deux qu'on leur fît leur procès. M. Desmarai^ cria: il répondit qu'il fisJloit faire subsister une armé^ qui avoit le royaume, à sauver. . /
M. le maréchal de Berwick iinagina Un plan de défense tel, qu'ils étoit impossible de pénétrer en France de quelque côté que ce fut, parce qu'il iaisoit la corde, ei que le duc de Savoie étoit obligé de faire l'arc. Je me souviens qu'étant en Piéniont, les o£Eiciers qui avoient servi dans ce temps^là donnoient cette raison comme les ayant toujours empêchés depenétrer en France; ils£sd<> soient l'éloge du maréchal de Berwick, et je ne le savoispas. . ^ * /
M. le maréchal de Berwick, par ce pknde défense, se trouva en état de n'avoir bçsoiïi que d'une petite armée, et d'envoyer au roi vingt bataiUens : c'étoit Un grand présent dans ce temps4â^
Il y auroit bien de la sottise à moi de juger de sa capacité pour la guerre^ c'est-à-dire pour une