‹ Œuvres diverses de MontesquieuChapitre 39 sur 75 · SUR L ANGLETERRE · texte numérisé non relu

SUR L ANGLETERRE

et le €lerg^ avoînt autrefois le bien, ih' Tont perdu de deux manières : i^ par Taugment^tion deslivre^ au inar.c (le marc de trois livres , sous saiût LoUi3, étant peu à peu parvenu à 49 7 où il esta présent); a^ par la découverte des Indes , qui a rendu Târgent très-comn;iun , ce qui fait eiue les Pentes* des seigneurs étant presque toutes en ai^nty ont péri. !« roi a surchargé les communes à proportion de eç que lel seigneurs ont perdu sur elles; et le ror est parvenu.à être .im prince redoutable à ses voisins , afvec unç noblesse qui n'avoit plus d-autres ressources que de servir , et deè roturiers qu'il a fait payer à sa fantaisie : les Anglois sont la cause de notre servitude.

Il y a dans cet ouvrage * un défaut qui ^e sem|>le celui du génie de la nation pour laquelle il "a été fait 9 qui est moins occupée de sa prospérité que de son envie ^e la prospérité des autres ; ce qui est son esprit dominant y comme ^toutes les Ibis d'Angleterre sur le éommerçe ef la n^ivi^tion

Ife font assez voir. '

Je ne sais pa3 ce qui arrivera dQ tant d'habi*-^ tanta que Ton envoie d'Europe et d'Afrique dans les Indes occidentales ; mais je crois qlie si quelque B^où est abaiidonnée de- ses colonies, cela oonigiencera par la nation angloise. ^

i On ne tait de quel ouvrage Montesquieu veut parier.

. Il n'est point de mot anglais pour exprimer valet-^'chambre ^ parce t(u'ils n'en ontpâinti et point de di£férence de mascnUn et de féminin.

Au lieu que l'on dit e». France nuaiger son bien , le peuple dit en Angleterre manger et boire

son bien.

lies Anglois tous foot peu de politesses, mais jamais d'impolîfess^. ,

'Les' femmes y sont réservées, p^rce que les

Anglais les voient peu ; elles s'imaginent qu^in

étranger qui leur parle veut les chevaucher. Je

me veux point y disent-elles, give to him encturor

gement \ ' '

iPpint de religion en Angleterre ; quatre ou cinq de la éhambre des communes tont à la messe qu au sermon de la.chambre , excepté dans les grand^ occasions où l'on arrive de "bonne heure, Siquelqu'un pape de religion , tout le mond^ se met à rire. tJn boipme ayant dit de mon temps , jecrois cela cotnme article de foi y fout lé monde. ^ mit à rire. Il y a un comité pour considérer l'état de

là religion ; cda est regardé comme ridicule. -

L'Angleterre est à présent le jplus libre pa)^* qui ^oit au monde, je n'en excepte aucune république;^.

\ Leur donner des assenrimenti.

6VR L AirCLBTERRE. ^79

j'appelle libre, parce que te prince n*a le ppuvoir de faire arucun tort iiïiagiiuible à qui que ce^oit, par la raison qiïe son f)ouYoir est contrôlé et borné par un $icte; mais si la çhanibre basse deveno^ maîtresse I son pQuvbir seroit illimité et dangereux , parce qu'elle auroit ep même temps la puissance executive; au lieu qu'à présent le pouvoir illimité est dans le parlement et le roi^ et la puissance executive dans Je roi ^ dont le pouvoir est borné; *

U Faut donc qu'un bon Anglois cherche à défendre-la liberté également contrée les attontats de la couronne et ceux de la chambre.

Quand un homme en Angleterre auroit autant d'ennemis qu'il a de cheveux sur la tête, il ne lui en arriveroit rien : c'est beaucoup , car la santé de l'âme est aussi nécessaire quef celle du corps. .

Lorsqu'on saisit le cordon' bleu de M. de BrogUe,un homme dit : « Voyez cehe nation , ils pnt » chassé le Père, renié le Fils, et confisqué le » Saint-Esprit. »

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