‹ Œuvres diverses de MontesquieuChapitre 45 sur 75 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

DU PIUËMIER ÉDITEUR D^ LETTRES EhMRJÈKES. «

Da^s un ypyage que je fis ^ il y a quelques années en Italie , jei me liai avec des personnes qui aroient eu une correspondancîe régiée avec Fillu^ tre M. de Montesquieu , et on me fit voir quelquib^^mies.de sç^ lettres; cela me fit naître Tidée

* Oetûvien du Goasco, chanoine de Toamay, membre de rAcadëmie/les Inscriptions', et de plusieurs sociétés savantes de TEurope. Hoporé de Tamitié de Montesquieu quU 'aToit connu à Pans dès i^38, Qt avec lequel il dyoit passé des années entières soit .à La Brède, soit ^*Clérac. Ce fut, lui qui, en i^^ôj, publia pour la première fois les ^ettres familière&*de soù illustre àmi/ Ces -Lettres , ,^Qi lui sopt adresiées pour la plupart , "ont *donné À l'abbé de Guasco plus de célébrité que ses propres^ ouvrages. Il est Fauteur de ht presque totalité 'des nombreuses notes dont r1k>^ sont iïccom* psgnée^ et qui contiennent ^e curieuses anecdotes du temps , m- Contées avec uhe teinte He malignité. Guascq n'y monage guère cerUDDes persoq|ies dont il ayoit à se plaindre. On remarquera, en lisant ces notes, que l'éditeur , qui avoit ^ardé Tanou vraie, j parle avec complaisance de ses prodiictiqns , eU feint mt'm<r Je ne pas «n coBnaitre quelques-unes.

Les Lettres familières publiées en 1767, qui étoient au nombre de 7$, en y comprenant un billet écrit à Montesquieu par le roi de Pologne en réponse à une de ses Lettres, ont été successivement portées agi, nombre au((ùel elles se trouvent aujourd'hui. L'addition la plus remarquable est celle de huit Lettres^crites par Montesquieu au chevalier d'Aydies. ( Nouvel étUuur, )

d'ei^ £dre un recueil. On applaudit à mon projet ; quelques personnes , voulant en faciliter l'exécution, m'ont procuré celles qu'elles avoient entre les mains; d'autres m'ont remis celles que ce grand homme leur avoit écrites; je les donne aujourd'hui au public > persuadé qu'il me saura gré du présent que je lui fais.

Je sais que quand M. de Montesquieu écrivoir ces lettres y il ne supposoit pas qu'on les conserve-* roit, et qu'elles deviendroient un jour publiques. Je sais encore que ces lettres n'ajoutent rien à la réputation de cet auteur célèbre; mais elles sont propres à faire connoître quelque^ circonstances de sa vie , ses liaisons étrangères , la bonté de son cœur envers ses amis^ et l'estime qu'il avoit pour euX| titres trop précieux pour ceux-ci pour ne pas rendre très-légitime leur amour-propre et leur empressement à faire connoître les monuments de leur correspondance avec un ami aussi respectable, ce Si jamais je me trouvois dans le cas de devoir faire mon apologie^ me disoit un de ceuxci qui a été lié particulièrement avec lui 9 je ne dirois autre chose, sinon que je fus l'ami de Montesquieu, et que j'en fus estimé; et je croirob en avoir dit assez. »

Quoique ce ne soient ici que des lettres fami^plières,on y trouve souvent des choses intéressantes, des anecdotes curieuses, de ces traits de lumière^

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cette légèreté et ces saillies qui font le ctràctère des ouvrages de ce gtand homme. Quelquesruiies de ces lettres étant écrites d'un caractère peu Ksiblé, d'autres étant mal conserrées, il se sera pentêtre glissé quelques inexactitudes dans la copie que j'en ai fait faire; mais je puis assiarer que cela n'est pas arrivé souvent, et n'a occasionné aucune altération essentielle. D'aillem^ dans des écrits de cette espèce, on ne doit point être dioqué deoer* taines négligence qui sont inévitables; comme on n'est point choqué devoir datis son négligé une belle femme qu'on n'a vue que dans sa parure. Il n'^t peut-être pas indifférent à l'histoire de l'esprit humain de connoitre les difiérentes nuances que présentent même lés génies; et il est inutile de voir ceux-ci , ainsi que les héros , dans leur £içon de manière d'être familière* Je voudrois bien que cet exemple encourageât ceux qui, en France, auront des lettres de cet illustre écrivain, à les Êdre aussi connoitre , persuadé que son âme et son esprit s'y trouvent également ; car on le voit dans ses lettres tel qu'il étoit dans la conversation. St un amas de petites anecdotes, d'entretiens particu-» liers, de bons mots, de quolibets, de sentiments et de saillies d'un des plus beaux esprits du siède, do^t un dès quarante de l'académie françoise « entretenu très-diffusément le public dans le Mercure de France^ m'a rendu la lecture intéres^

PREFACE. agi

santé, ' combien à plus forte raison les monuments d'amitié de la tête , à bien des égards , la mieux pensante de notre siècle , de Thommé qui y selon l'expression d'un écrivain connu, a fait le code du genre humain , et qui est regardé comme le législateur de toutes les nations, doivent-ils être recherchés et conservés, quand ce ne seroit >[]ue comme des Mémoires littéraires? [

Je me flatte, au reste, qu'on ne désapprouvera pas les notes que j'di faites sur quelques endroits de ces lettres. Elles ont paru utiles pour l'intelligence du texte, et nécessaires pour donner une connoissance des personnes et des faits dont il est question , surtout en Italie, où cette collection a été désirée.

' L'abbé de Guasco parle id fort légèrement des opuscules de Voltaire, dont Marmontel aToit rendu compte dans le Mercure.

( Nouvel éSteur, ) ^

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