XL
AU MÊBf E, \ ,
Nous partirons lundi^ doete abbé, et je compte sur vous. Je ne pourrai pas yoii^ donner une place dans ma chaise dç. poste, parce que je jnçae madame de Montesquieu ; mais je vous donnerai des chevaux; Yoq^en au^ez un qui sera comme yn bs^teafi sur uji cana} tranqu)Ile,^et comme une gondole de Venise, et comme \fn oiseau* qui ^lape dans les airS;. La voiture du chevalest très-lionne pour la poitrine;, M. Sidenh^m la conseille surtout; et nous avons eu un grand médecin quipré^ tendoit que c'étolt un .si bon remède, qu'il est mort à cheval. Nous séjournerons à LaBrède jusqu'à la Saint-Martin; nous y étudierons, nous
3*o ûnus
Bbuk promènerons y tiotik plânteipnf. des bois, et i^roos des prairies. Jkdieù y mon (^1^ abfié; je vous omUassa de tout mon ,ç(Bwrê
• * DeBord€tâxyk3osepteiiiliwt74i|.
AU mÊmEj
Je serai en ville après-dçmain. Ne vous engagez pas à diner, mon cher abbé, pour vendredi; vous êtes invité chez le président Barbot. Il faudra y être arrivée dix heures précises du matin, pour commencer la lecture du £rand ouvrage que vous savez * ; on lira aussi àptiès diner': il n'y aura que vous, avec le président et mon fil^; vous y aurez pleine liberté de juger et de priticjuer (aS).
Je vietîs d'epvoyer votre^ anacréontiquè (^4) ^ ma fille; c'est une pièces charmante dont elle s^a fort flattée. JTaî aussi lu votr^ étrenne ou épître pétrarquesque à madame de PpAtac; -elle est pleine d'idées agréables. L'abbé, vcJus êtes poète , et on djfoit que vous* ne vous en doutes pas. Adieu. * '
^ ' De La Brèdt , k to (émet vp/fi, * VE*pfU du M4.
FAinLlillÈS. Sll
Al. A COMTÉiSE'I>E t»OKtAC {a5>
'Dé-Qintc^àBôniflittx. . ^ ^
Vous 'êtes biei;i aitniUe, madame ^ de m'<avqir écrit sur le mariage. dje ma fiUe (a6); eUe et inçi vous sommes très-dévoiïiés} «t J10U3 vqUs demw* dons tous deux rhoqneûr ai vos .botjt^ Tap'* prends que l^s ju^ats (27) ôbt envoyé une boucse de jetons , de velouts brodé^ji.raiibé Veiiiitj :»je croyais' quHls ne sauroieatpas.£ûi>e cçla mémer Le présent n'est pa$'impoi3tant;, maris c'est le présent d'une grande «ité, et cç régai^{(ui:9it e.ncone très^bon air en Ijtaliê : ro^is là il /Ca pas j>esoin de bon air, parce que l'abbé y est^^i eonnu, qu'ofi ne peut rien ajouter à j^a considéi^ation. Dites ^ je tous prie, à^l'fàbbé d^-Gnasco quç je ne puis comprendre comment les écbos ont pu porter à i)ix>o- «ieur le Mercure de Par^ des yère (aÇ) faits d^AS le bois ^ La Br^. Je suis iaelié de ne l'avoir pas su plus tôt, parce que j'atix^is dopné c^ sonnet en dot à .ma, fiUe. >'ai rbqni^ui: d'atre ^ madao^^ hvec toute sorte d^ re^ect . .% ;
3 1 ft . DBTTiUSS
. A JVIQ]S4EIGIŒUr;CEÇATI. *
J'apprends, monseigneuj^^par Votre lettre , que vous êtes arrivé heureusement à Pise. Comiue vôus'tie tee -dîtes Heu dé Vos jéiix , j'espère qu'Us se seront fortifies. Je le souhaité" bîen , et que vous puissiez jouir a^éablemeitt de la vie *pour vous feîrpour les T^élices de vos amis/ Vmls- m'exliortez à-^publiér.:.. Je >ous^ exhorte ftrt vous-même à nôup donner» une ^relation des belles * réflexions que vous avei faites dans les divers pays que vous avez, vus. ' Il y a béaucèup de gens qui paient les cîhcv^u3c4ej)o^te: mais i^ya*pet^ de' voyagevrtrs , et il n'y «n ^ aucun comme Vojus. Dites à l'abbé Ntecoltni qu*il nous doit Un voyage en France; et je vous prie de IWsurer dç l'amitié la plus tendre.
Je voudrbis bien pouvoir vous tenir tous deux dank la terre de La Brède, et lày avoir de ces conversations quej'iiiejtiè oli ïa folie de Paris rendpnt rares. J'ai dît à Mil'âBbé Venuti*que ses tnédalHes étoient '^en^Juesc- ]Soiîs'avon? ici l'abbéde Guàsco, qUî me tient- fidèle compagnie à JjSl Brède. Il nie change de vous faik*c bien des èomplitnents.*Il faut avouer que l'Italie est une belle chose, car tout le
FAMILlAHES. 3^x3
mainl<$ fcM l'avoir. Vt>U^ cinq ^^nbé^ qni vont Je la <Hsputér. • Pour ^Mre ^ukanûe^ ce. ne sônt^^ve • des a^néc;^ de. gens d'aflSiires.qui ea vedleiit; êûfç fat conquête, et ils kcfont {^us sucement que le comte de Gages. Je crois qu'à présent ^1 se fait \À^ -des réflexiops^ous la. grande perruque du marquis d'Orméa. Je n'irai à Paiist ^*uu an tout au phis tôt* Jç a'^ pasimsou j>our a%r dans cette TUle, <jQi dévore le^ provinces, et qi4e.ron prétepd donner de«. plaisirs V parqe qu'elle fait oublie^* la vie. Définis deuxans.qu^ jp suis ici, j'ai cOBtipisel^ lement travaillé. à la chose dont vous me. paslezr^ ; mais ma vie avance^ et Tctuvragt; .recule à cause de son immensité : vous pouvez être bien sàf ^qfie vous en aure^ d'abord des nouvelles^ Qn m'avertit que mon f^apîei: finit. Je "^roui^embrajise millcifois.
"^ , . Df fitordeâùxy 1^ x6 juin iy^S.
A. M. L'ABBÉ DE GUASCO
A Qërao.
Vous avez bien deviné, et depuis trois Jours j'ai ^it rbuvrà^e de trois mois; de sorte que, A vous
* ITEspHt At Xois.' * - -
3^ xettubs
^M icLàu frioisxl'ivrîly je pourrai vou^ dom^r la ^ codjmssion dont «iVotts vetriefl^ hkêti voile cfaÉrger ipotir )a Boilandè^ smTant le pian q»e nous avo^ lait. Je: sais-à cette beure tout ce que j'ai à^ne. De trente points je volis^ dottftêràt vinglHsix : or, pmidant que vous tPftvaiUereî de Totre c6té, je vous envérraUes quatl*e antres. LeP. DerfnfofetB m*ft dit qu'U ftvmt trouré^tin Ubt^repôm^^otre timnuscrit des Satires (9r9)> ifiàis que ffersqnne ne veut de votire savante dissertation} parce qu'on est sîir<du débit de ce* q^t porte leoom désatires, et très-peu des dissertations savantes. .Vofre «cenr ^eur est mbrt;* mliis, je m'en console, -puisiiiue l'auflettr est eilcore'cn vie. Vous avea bien tort de tee «reprocfaer de'ne pas vous écrire des nouvdles, toiis qui ne nf avez rren dit sur le mariage dé mademoiselle Mimi y ni sur tnes vendanges de .Clérac y qui ne seront mûrement pas si bpnnes qu'elles l'auroient été, par la omsommation de raisins que vous avez fette dans mes vigneâ. On ne croit pas que les affaires de milord Mortlioif (3o) /soient aussi mauvaises qu'on t'a-cru dans |é public, aigri par la guerre contre les Ânglofs. Le P. Desipolets n'a point eu de tracasseries dans sa congrégation, d'autant pfus qu'il ne porte pomt de perruque (3 1 ) ; mais 41 dit qU^ vous lui donnez trop de commissions. Je vous donne la devise du porc*épié, Cominùs eminiis. Le P. Desmolets *dîlp (fm tous
FAMitiiass. 3i6
«vtt plu» li'rijEttires qoe.si.voufi^Uif» f^im lè«Mquét# di dt U Vrovmm : ^u ramanméâ que^c'iw^ )e.Pv B^Mnbletk -qui dit céla^ Pwàmt4[il« x^i 8erei^à<3éfac,f>reiie2^en £|ard«.ii troiacho»6s4 vos }W]«9 atix ^dntèiîea de M. de )4i Bfire^ et lUm cîiiikiûos de aaint Auguaiin dams vte «disputas de ooatfovwse^. Tisnvie k madame de Montesquieu le phUp qu'^aura de ^ous reYc4t.>Adieu( je voua ^«imbrasse. . * ^ . ' «
^. Pc Paris, 1746,
. AU MèMK • . . •
Js ue sais quel.tqur a ^feit la. lettre que: vous m'avez écrite dÇ Barége; eHe ne p^'est.parveiIU^' qi\e depuis|)eudejpur». J'ai ététrès-sca^idali^éde latra^sse(ie de M« le chevalier d'...y.. C'e^t un plaisant honune que ce prét^du goûvernQ^r de BaÂ^ége; il &ut que le cordon blou lui ait t;oumé If tête. Quand je le ven;a} k Paris 1 }ç ne manquerai paa de lui demander si vous aval fait bien d^ proglKA fn politique par la lecture ^Q;sefrgazette%.
l'ai coftté i^ la querelle d*AlIemâ|id qu'U ypi^ a Céte^ faisant btei jrem^qQpK/|u'il.es^ Çoit^i^u^ lier qu'un homme né dans les états du roi deSar-
dsipté 8Mt inqtiîet de la peitiit«/viér^ 4e ee ma*' ii^b<qipe; et^fiie, tenant par deox firères à krco^r Vle.yieoBer, il montre* d'étrè âbphé dé sea^cbeca.) Sachez, mon* diet amr, qu'il j a des ieigaeurs' avec q«î il ne faut janai» disputer âpnia dinert Vous avez a^ très^prudemment en fui éùrivQgÉt après sott'réveiK VotiteJettre cet digne d^o^s, et je suis enchaînté qu elle Fait désan^é. Yoùs-devez être glorieax d'avoir irioraphé, le jour^ Saint- Louis -, d'un de nos lieUteoants-géoéraux saïis que personiie voi^s ait aidé.
Mandez-moi si vous abcompagnjerez madame de Montesquieu à Clérâc : car mon ouvrage jivance ' ; et si vous prehez la rouie opposée , il faut que je sache où vous ^ire tenir la partie qui va être prête. Je souhaite que votre voyage sur le pid du midi soit plus JBeureux que la chasse d'amiante'^t k^ pêche*des truites'îlu lac des Pyrénées. Mo!Q ami ,* je vois qiie le&Jcho^es difficiles ont dé grands attraits pour vous , lEft qiij& v<lBa suivez plus votre curiosité que vous ne consultM vos forcés% S6uvencz-vous que vos .yeux ne valent guère mieux que les potienâ : laissez'que mon BUBj qui en a de ti^ms, grimpe sur ks' montagnes., et j aille faite dès recherches sur Thisitoire naturelle; mais gjardez les vètres pour les choses nécessaires. SrfoM tous a regardé comme im politique dan-
FAiriLlèRES. i(i7
gereux parce qoe vo^s aioiea à Hf^ iMgaMfelesy vooseourez JÎs<|a^l|ae Ymh t^us issse jiafiser potv îin sorcîep s|. vous allez gHispaiH sof cfet«|9DGik^!«
Tai Ju , docte ahbèy Toh;e'4îssertatt^Q avec j^-) air,, et je wis sûr que je. vqii^ mettraî* sur la tête up second laurier (Sa) de mcm^jafdiq*, si tous (âtes à La Brèdey ooipme je l-espèce i.JpraquHl vous aura ét^ décerné par Tacadénûe. Le^ujet^est/lieau , vaste, intéres^nt, at vc^ls rave^lbrt.biep Israité. le suis bi^i aise dç vous voir ^ voij^, «chasser sQr ^es tet*res: Il y. a deux cbpses' dans- votre dksertâti^a .que Je voudrois.-que vojis éolaircisstez : la pi^envtère» c'est qu'o»pourrpît croire* que «vous mettez Cartbage, a^rès la se6ondfî guèrrepunique, au rimg des Villes aiàionomes soumises^ Fempir^ rqmain ; ypps aayez*qa'eUê coiitÎJ^iita.d'etre .uu éttt libi^et absdlument indépendoilit : la'seconde xe- .marque regarde <ce qjœ vous dites tlu4itre &!^êteiSr ihérie^ Yous n'indiquez poiatdfe diftéceno^^o^ les villes qui prenoient ce titre et celles qU^pre-
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■oîMft .veMi ^kmêoRùmés. *¥aus n'a^eq^t &it qSe
Vouft^^fi^ qa'ini <|iqjrttle là-d66Bte| et que dm savantspréteDdent querV^leuthériâ disôit t|iiek{ti6 chose dé plu^ (£fte lV^t^9A9noi7iie. Jef voos coBseilIé d'examiner un peu la chose/çt de iaiire à ce su^et une addition à votre dissertation.
Tai fait faire une beiiiiieir' afin que je vous mène plus commodément à Gérac, qne vous .aimes tant. Nous ne disputerpi^^ |!I1q$ sur Ihi'sure (33) , et vous gàgiferez deux heures par jour. Mes prés ont besoœ dexplii3.L'ÉveiUè(34)n$*cefisé^ed{ré'rOA/#f>nonsieurd'mbbait éioii ici! Je^rouB promets quil sera docîteàvb&kistiWctidi^ : il fera tftiitide rigoles (35) que*V0Us Voudi^ Mandra-^kiel «i jcf puis loe flaV terqiie i^us ' prendrec 1» roule dé Ui' Garonne ^ paroe qtl^en oê cas je profiterai d'une occasion cpii ^sé préseilte« pôtir envoyer* directemeni mcto ma* ^uscl'it^ j^ritnppiineuiSv Pojin voikB avoir f je vous dégtge ^>o^e parole^ gussi bien l'Itaprj^Mian^ne doitipoint* étire faite en IfoHaïkiêi encore jnoihs ed'AQglffterri3>.H]ui est une ëapemie^aveelaqiieUe U'Re faut avoir de commerce qu'à ceup^ dé calloti. U «1*^ est pas de inèkïedfA Piémôntais y luu* ilv^'etf £sitttblen/qu^ nous soyons en* guerre' ay^ gui ) ce n?êst que» paï* manière d'acqwt que npus 'as$îégeon& leurs placer , et qu'ils preniient prison-
i ilBipritde* lûis, - ^ •
faMiijères. 3t9
mers tant dé *pos bataillons"\36). 'Vous n'aviez dqnydiht de raisons de nous qilitter; vous setét toujout^ iseçu conitoe unanri en Gûienne. 'Nous, nous piquef 6ns de nt pas 'ééder soi Languedoc et à la^Provchec. Je vous remercie d'avoir parlé de moi al serenissimOf très-flattéqu'ilse soit souvenu que j'ai eu l'honneur âe lui Êiire ma cour à Modène. Jfe vous enverrai xnon livre, que vous me dènïandez pour lui. Tous trouverez ci-joints les éclaircissements (37) p^ éctairdssaMs que vous envoie le chapitre de Comminges. Labbé, vous êtes bien simple de vous figurer qu^ des gens de diapitre se donnent la peine de faire des recherches littéraires : ce n'est pas naçi, c'est moup frère, qpi est doyen d'un chapitre , qui vous dit de vous mieux adresser. Que cela ;ie vous fasse- cependant pas suspendre VQtre histoire de Qément V (38) : vous l'avér promise'à notf é académie. Revene;^, et vous y travaillerez plus à l'aise sqç le toi?[ïbeau (39) de ce pape. Je prétc^nds que vous ne laissiez pas l'article de^Brunissende (4o), car je cnains que you5 ne 'soyez trop timoré pour npus eni|pârler ; j^ ne vonsden^ande que de mettre une note. Vos rechercl^es vous feront lire deô savants; et un trait de galanterie vous fera Kre de ceux qui ne le sont pas. J*ai eûvoyé .vôtre médaille à Borj^eaux, avecofdr9delare;neU;)reirM;de Tourày, pour la rerftett^e ^ montiéur l^'hiten^nt
3aO JO^TMES
d# Languedoc. }iaa ciy^er.abbé, il y a«deiit chpAs
difficiles^' d'attraper^ la'|Di$daill^, et que .la m^
.daîlle.vous ^gttrapo» Adi^u; j^ vous attçncS>*je
vous désbve, «t vqus epibi^isfie de tout mon cœur.
t>eParif;eAi746i ^
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