XXXV
AU MÊME
M. d'Estoutevilles (68), mon çbtr abbé,. me persécute pour que je vous engage de lui accorder une heure fixe tous les soirs pour achever la lecture et la correction de sa traduction de Dante. Il promet s'en rapporter avons pour tous les changements {69) que vous jugerez à propos qu'il fasse; et il ne vous demande grâce que pour sa préface (70). Voustavez qu'il a son style particulier, auquel il ne renonce pas, même quand il parle alix ministres (71). Marquez-moi ce que jç dois lui répondre : il viendra chez vous tous les soirs jusqu'à ce que la lecture sgit terminée. Bonsoir.
t>e Paris, i sod logis, en 1749.
35o LETTRES
A MONSEIGNEUR CERATL
J*Ai trouvé f en^ssant à la campagne, MM. de Sainte-Palayei qui m'ont parlé de monseigneur Cerati ! je les ai pei*pétuellement interrogés sur monseigneur Cerati. Quelque chose me déplaisoit, c'étoit de n*étre point à Rome avec le grand homme dont ils me parloient. Us m'ont dit que vous tous portiez bien : ^''en rends grâces à Tair de Rome, et je m'en félicite avec tous vos amis.
M. de BufToB vient de publier trois volumes qui feront suivis de douze autres : les trois premiers contiennent des idées générales; les douze autres contiendront une description des curiosités du Jardin du roi. M. de Buffon a, parmi les savants dé ce pays-ci un très-grand nombre d'ennemis; et la voix prépondérante des savants emportera, à ce que je crois, la balance pour bien du temps : pour moi , qui y trouve d,e belles choses, j'attendrai avec tranquillité et modestie la décision des savants étrangers : je n'ai pourtant vu personne à qui je n'aie entendu dire qu'il y avoit beaucoup d'utilité à le dire.
M. de Maupertuis, qui a cru toute sa vie, et qui
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FAMUIÈRSS. 35 1
peutFetre a prouvé qu'il n'étoit peint heureux , yieat de publier un écrit sur Je bonheur. Cest l'ouvrage d'un homme d'esprit; et on y trouve du raisonnement et des grâces. Quant à mon livre de V Esprit des LoiSj j'entends quelques frelons qui bourdonnent autour de moi ; mais si les abeilles y cueillent un peu de miel, cela me suffit : ce que vous m'en dites me fait un plaisir infini; il est bien agréable d'être approuvé des personnes que l'on aime. Agréez, je vous prie, Monseigneur, mes sentinteuts les plus respectueux.
De Paris, le a noyembre 1749*
?:xxvii.
A M. L'ABBÇ VENUTL
Je dois vous remercier, mon cher abbé ^ du beau livre dont M. le marquis de Venuti (7a) m'a fgit présent. Jene l'ai pas. encore. lu, parce qu'il est chez mon relieur; mais je ne doute pas qu'il ne soit digne du nom qu'il porte. Je vous souhaite une très-bonne année; et si vous n'êtes pas à Bordeaux quand j'y reviendrai, je serai bien fâché, et je croirai que l'académie (74) aura perdu son esprit et son savoir. Faites bien mes compliments
35a LETTRES
très-humbles à la comtesse (75); je lui demande la permission de Tembrasser; et je vous embrasse aussi, vous qui n'êtes pais si aimable.
De Pirit, k 17 janTÎer i75o.