‹ Œuvres diverses de MontesquieuChapitre 65 sur 75 · LXVIII · texte numérisé non relu

LXVIII

• ' A M. lî'ALEMBERT.

Vous prenez le bon parti; en fait d'huître on ne peut faire mieux. Dites , je vous prici à madame du DefFafad^ que si je continue à écrire sur la*phi-* losôpliiey elle sera ma marquise. Vous avez beau vous défendre de ràcadéinie, 4ous avons dès ma}térialistés aussi; témoin l'abbé d'OUvet, qui pèse au centre et à là circonférence; au- lieu cfue vous,, vous ae pesez point du tout. Vous m'avez donné de,*grànds, plaisirs. J*ai lu et relu votre Discours préliminaire : c*est' une chose forte, c'est une chose charmante, c'est une chose précise, plus de pensées que de mots , du ^entimçnt comme des pensées, et je ne finiroi$ point.

Quant à mon introduction diuis ri?/zc;^c/(t>/7^6f£>, c'est 4in beau palais où je; seroisJbien; glorieux dç mettre les pieds ^ mais pQur^les .deux articles jDVmocratieeX. Despoti$m^$ je ne voudrois pas pren-

MoiTTBSQ. œuv, mêl, 37

4l8 LETTRES.

dre ceux-là ;- j'ai tiré, sur ces articles , de mon cerveau tout ce cQii y étoit. L'esprit que fai est un moule 9 on n'en tire jamais que les {oémes por^ traits : ainsi je ne vous cUrai qiue ce que j'ai dit, et peut^tre plus mal que je ne l'ai dit. Ainsi, si vous voulez de moi 9 laissez à mon esprit le choix de quelques articles ; et si vous voulez ce choix , ce sera chez madame du Deffand avec du-mkrasquin. Le père Castel dit qu'il ne peut pas se corriger, parce qu'en' corrigeant son ouvrage, il en fait, un autre, et moi je ne^ui»^pas me corriger, parce que je diante toujours la. même chose* Il !ne vient dans Fesprït que je pourrpi» prendre peut-^tre l'article Godty et je prouverai bien que difficile est proprie communia cUcere. ( Horat. de Arte poet.)

Adieu s monsieur; agréez, je vous prie, les sentiments de la plus tendre amitié. '■

-De Bord^az, le.t6 noTembro i7$3.

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